Faisons une petite évaluation et une petite réflexion sur notre vie associative depuis 1964. Nos associations n’ont pas chômé et ont beaucoup fait pour notre communauté. 

La physionomie de l’association marocaine a évolué et s’est adaptée à la structure politique du pays et à l’évolution démographique et sociale de la communauté marocaine. Je peux sans me tromper dire que le bilan est positif mais il reste encore beaucoup à faire.

Malheureusement, la vie associative des Marocains (aussi dans d’autres pays européens) n’a pas encore pu se regrouper et se spécialiser, se fédérer ou se reconnaître dans un mouvement capable de nous unir, de parler, de s’exprimer, de représenter et de défendre la cause et l’intérêt de la communauté marocaine vis-à-vis des autorités européennes et vis-à-vis des autorités marocaines.

Le tremblement de terre de Al Hoceima va révéler et faire découvrir au monde entier la déficience, la division et le fractionnement qui gangrènent la vie associative marocaine dans toute l’Europe. Ce qui se passe actuellement sur le terrain est inadmissible et déshonorant. Une communauté qui fête son quarantième anniversaire en Belgique est démontré son incapacité à coordonner une initiative sur le plan national ni sur le plan régional pour organiser une assistance efficace aux sinistrés et aux victimes de ce tremblement de terre terrible qui a touché une partie du Maroc la plus pauvre et la plus délaissé par les autorités marocaines.

Plusieurs centaines de micro associations de quartier prétendent aider le Rif et demandent qu’on verse de l’argent dans leur compte bancaire. Sans aucune garantie ni assurance, sans aucun contrôle ni précaution, des personnes sans scrupules veulent profiter d’une situation favorable pour récolter de l’argent. Les mosquées ne veulent pas non plus laisser passer l’aubaine et demandent à leurs fidèles de verser de l’argent et de ramasser tout et n’importe quoi. Je ne veux en aucun cas mettre en cause la bonne foi de beaucoup de militants associatifs honnêtes et généreux, mais la situation actuelle est préoccupante et laisse beaucoup à désirer parce qu’il y a énormément de poires pourries. Il faut être attentif et très vigilant pour que cette campagne de solidarité ne se transforme en campagne d’abus et faisons en sorte que le malheur des uns ne fera pas le bonheur des autres.

Le Maroc sécuritaire qui veut contrôler tout jusqu’au moindre détail a créé une situation chaotique qui a contribuée au retardement de la distribution de l’aide et a compliqué le travail des secouristes professionnels et des donateurs officiels. Aucune tente ni aucune autre aide ne peut être distribué aux citoyens sinistrés sans l’autorisation préalable et explicite des autorités marocaines. Quand on voit l’ampleur de la catastrophe qui a frappé toute une région, je me demande comment vont faire ces petites et minuscules organisations non représentatives, sans expérience, sans moyens ni logistiques, sans savoir-faire, si jamais ils veulent faire quelque chose de positif.

Mohammed Belmaïzi a écrit dans l’article « A l’attention de l’élite au sein de l’immigration marocaine ( ?!) »
(Mais déjà nombre de cadres, issus de l’immigration marocaine, s’occupent dans divers secteurs. On les trouve financiers, avocats, médecins, pharmaciens, informaticiens, administrateurs au sein d’associations d’utilité publique, conseillers communaux ou de cabinets ministériels, journalistes de presse écrite et à l’écran télévisé, artistes, écrivains… et très récemment députés au parlement bruxellois et fédéral. Autant dire que la dynamique vers une authentique citoyenneté est tant bien que mal, en bonne voie. Ce qu’on appelle la » représentativité ethnique » est déjà bien là. Elle ne peut être que citoyenne.)

C’est vrai sur le plan individuel les Marocains ont un peu réussi. Mais ça reflète un peu ce qui se passe au Maroc. Les sportifs marocains ont réussi seulement dans les sports individuels et pas dans les sports collectifs. La vie associative en Europe est restée embryonnaire et stagne encore à un niveau très primaire. Par contre, chaque initiative pour tirer qualitativement vers le haut la vie associative a été vouée à l’échec. Alors là tout le monde se met d’accord, la gauche et le gauchiste, la droite et l’opportuniste en s’acharnant sur la nouvelle initiative pour la faire avorter avant sa naissance.

Ce qu’il nous faut c’est de se solidariser structurellement, en laissant de côté les clivages politiques, sur base d’un programme clair et une structure démocratique, au niveau national et au niveau européen afin de créer une coordination capable créer une synergie afin de pouvoir gérer des crises telles l’organisation des secours, la collecte, le transfert et éventuellement la distribution de l’aide aux victimes et aux sinistrés des catastrophes naturelles.

Il ne faut pas agir après coup chaque fois qu’une catastrophe nous surprend, il faut s’organiser de telle façon à anticiper les catastrophes. Cette démarche n’est possible que si et seulement si, nous unissions nos efforts dans un seul et unique but, la défense de l’intérêt général de notre communauté en Europe et de nos concitoyens au Maroc.

Sarie Abdeslam




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