Tant que l’économie marocaine dans son ensemble restera dépendante du bon vouloir du ciel et des caprices du climat, tant que la démographique galopante restera incontrôlé, le Maroc stagnera en tant que pays en voie de développement et ne pourra jamais rattraper son retard économique et social sur les pays industrialisés.

La corruption à outrance, le trafic d’influence, le trafic de drogue et autres actes illégaux, une croissance maigre, une économie fragile, une absence de compétitivité, un marché intérieur pauvre, un programme d’ajustement imposé sont autant de handicaps pour la relance de l’économie et un frein à la démocratisation du Maroc.

L’hémorragie entamée dans les années soixante par l’encouragement de l’émigration vers les pays riches d’Europe n’est pas encore terminée. Au contraire, la propension à émigrer vers d’autres cieux plus cléments continue à vider le pays pas seulement de travailleurs manuels mais aussi d’intellectuels et de techniciens de haut niveau très prisés par beaucoup de pays qui ont en structurellement besoin comme les USA et le Canada. Quant aux ouvriers qualifiés, diplômés ou pas ils n’ont qu’une seule alternative, émigrer à tout prix, soit via le regroupement familial ou via les patéras avec tous les risques et périls pour les malchanceux.

Entre temps, une nouvelle culture est née. La culture du profit immédiat sans risque, sans émigrer, à peu de frais et surtout sans grands efforts mais doit rapporter gros. Les gains dépassent et de loin les profits des rentiers traditionnels et ceux des propriétaires terriens. Solidaires dans l’escroquerie et l’arnaque, tous les malfaiteurs et profiteurs professionnels collaborent dans la résistance contre tout changement d’un système qui leur procure avantages, privilèges et pouvoir. Allergiques à la transparence, jaloux de tous leurs acquis, méfiants de la démocratisation, hostiles aux réformes, comme des vampires qui vivent dans les ténèbres, ces rentiers modernes ne peuvent vivre que dans des eaux troubles.

Tel fut l’enfantement des années de plomb conjugué avec un Makhzen très puissant, totalitaire et autoritaire il propose une protection aux nouveaux riches sans scrupules et fait la sourde oreille aux besoins et aux aspirations des citoyens tout en réprimant sévèrement quiconque ose demander des comptes. Fatalité ou malédiction le Makhzen tyrannique et intransigeant devient lui-même comme un obstacle au développement et à la démocratisation du pays et de l’autre côté comme créateur d’inégalités et d’injustices.

Après les attentats meurtriers de Casablanca le Maroc s’est réveillé d’un sommeil profond et a pris conscience de la gravité de la situation qui touche tous les domaines de la société marocaine. Heureusement, un vent de réformes et de renouveau commence timidement à souffler pour essayer de rectifier le tir en vue d’une meilleure gestion des deniers publics. Malheureusement, le mal est très profond et les remèdes proposés ne sont pas assez efficaces pour restaurer les dégâts qui ont ravagé tout le tissu social. Aucun remède n’est assez efficace pour détruire la pieuvre qui étouffe et paralyse tout le système en son entier qui lui souffre depuis assez longtemps.

Pour relever tous ces défis, il faut un effort collectif de toutes les forces vives du pays combiné avec une dynamique nationale et une volonté politique inébranlable pour converger vers un seul but, la construction d’un Maroc nouveau. Il nous faut une feuille de route pour le changement où le migrant marocain peut jouer un rôle primordial dans la dialectique développement et démocratie.

Je préconise la création d’une institution qui serait un objectif réaliste et prometteur à longue échéance pour assurer la participation à la prise de décision afin de resserrer les liens et de consolider l’ancrage du migrant marocain à la construction d’un Maroc démocratique, indépendant et économiquement développé.

Sarie Abdeslam

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