Nous sommes déjà fin mai 2004 et le 13 juin prochain aura lieu, dans pratiquement toute l’Europe, des élections pour choisir les représentants qui vont siéger dans le Parlement européen et dans les parlements locaux. 

Il y a à peine quelques semaines, l’octroi du droit de vote aux élections communales en Belgique vient d’être timidement accepté pour les migrants non européens comme une faveur et pas comme un droit. Par contre, en ce qui concerne l’autre Belgique, le processus de la naturalisation a permis à des milliers de citoyens d’origine marocaine d’acquérir la nationalité belge et à leur permettre le devoir de vote et le droit d’éligibilité.

La participation politique de notre communauté d’origine marocaine a contribué largement à une participation directe et effective dans la société belge et, a permis à celle-ci de conquérir une place digne au cœur du débat de la citoyenneté. Ce qui a largement dépassé la politique d’intégration proposée dans la précipitation par les autorités belges et qui était d’office vouée à l’échec parce qu’elle n’a pas été corroborée par les intéressés.

Cette participation politique a fait émerger une nouvelle catégorie d’acteurs socio-politique, accompagnée d’une vie associative très active et créative, a eu déjà un effet positif sans précédant à Bruxelles en faisant échouer l’extrême droite de prendre pied dans la capitale européenne et en marginalisant les actes de racisme, de chauvinisme et de discrimination. Il faut aussi reconnaître que ce processus de participation politique est une démarche évolutionniste pour notre communauté qui n’a pas connu auparavant une tradition démocratique. Par conséquent, nos électeurs comme nos prétendants, par la force des choses sont en train de s’instruire et de se former sur le terrain, petit à petit, dans les principes fondamentaux et les mécanisme de la démocratie, de la liberté d’expression, du droit et de la justice.

Pratiquement tous issus de l’immigration, première, seconde ou troisième génération ils sont aujourd’hui tous Belges, faisant partie intégrante de la société civile locale avec une ambition d’y participer activement. Ils souhaitent jouer un rôle de premier choix en tant que citoyens à part entière dans la gestion de leur cité, sinon dans la gestion de leur nouvelle patrie et pourquoi pas dans les rouages de la gestion de l’Europe Unie.

Cette catégorie émergeante d’acteurs, tout en s’épanouissant dans la politique et dans l’évolution de la démocratie locale, apporteront sans aucun doute une cure de rajeunissement, une approche néophyte et une touche novatrice, dans les mécanismes de fonctionnement de l’autonomie et de la démocratie locale, régionale et fédérale. Cette nouvelle approche originale, reflétera sans aucun doute dans une nouvelle réalité sociale en faisant participer une population jusqu’ici totalement marginalisée voire discriminée dans la gestion de leur commune ou de leur ville. Sachant que, c’est au niveau local que la démocratie participative prend naissance, en contribuant dans le débat et en participant dans les décisions au niveau de la politique sociale, économique et culturelle.

Enfin, pour les citoyennes et les citoyens d’origine marocaine, la participation politique aux décisions collectives et à la gestion au niveau local, régional, fédéral et européen est la seule, vraie et unique voie de leur intégration dans la société civile et de leur émancipation plitique, économique, sociale et culturelle.

Sarie Abdeslam


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