Le hasard du calendrier et la fatalité de l’actualité ont fait que le jour habituel de la publication de ma chronique - c'est-à-dire aujourd’hui mardi - tombe la veille de la nomination du nouveau gouvernement. Mais je vais zapper le gouvernement et tout ce qui va venir avec...

J’ai décidé, à mon corps défendant, de ne pas du tout parler du gouvernement et ce, un, pour ne pas chahuter cet événement qu’on avait tellement attendu qu’on avait presque fini par ne plus attendre; deux, j’en ai beaucoup parlé ces dernières semaines et souvent pour finalement ne pas en dire grand-chose; et trois, comme ce gouvernement n’est, à l’heure où j’écris ces lignes, toujours pas encore constitué, je me dis, ma foi, qui sait, peut-être, il y aurait mon nom parmi les nominés. On ne perd rien à rêver... sauf ses illusions.

Donc, disais-je, je vais zapper le gouvernement et tout ce qui va venir avec et je vais consacrer ce billet à... je ne sais vraiment pas. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien d’intéressant à raconter ou bien que je ne sois pas inspiré, mais il se trouve que si je ne parle pas de nos ministres, les ex comme les futurs, lesquels futurs seraient presque tous des antérieurs, j’aurais l’impression de faire juste du remplissage ou de parler dans le vide, ce qui signifie plus ou moins la même chose.

Et bien, s’il faut absolument remplir, essayons de remplir intelligemment. Tenez ! Je vais vous raconter ce que j’ai fait ces derniers jours et qui n’a rien à voir avec le gouvernement, les ministres et tout ça.

J’étais dans le Nord, et plus précisément dans la belle ville de Tétouan où a eu lieu le Festival international du Cinéma méditerranéen qui était à sa 30e année et sa 22e édition. Si je devais résumer, je vous dirais que j’ai vécu, pardon, nous avons vécu, car nous étions des dizaines de festivaliers venus de tout le Maroc et de tout le bassin Méditerranéen, nous avons vécu, vous racontais-je, une merveilleuse semaine de cinéma, avec des films de très haute facture et des débats qui planaient très haut, sans parler de l’organisation qui était presque irréprochable. Nous étions dorlotés pour ne pas dire gâtés. Pourtant -et c’est là mon propos- cette magnifique manifestation connue et reconnue par presque les professionnels du monde entier, bénéficie, et a toujours bénéficié de soutiens des autorités et des grandes entreprises de la cité et de tous les autres organismes concernés, sauf... le Conseil de la ville.

Chaque année, c’est le même topo: ils promettent de soutenir, et à la dernière minute, ils renoncent et se rétractent. Même si ces responsables, ces élus, devrais-je dire, n’ont, à ma connaissance, jamais donné de raison exacte à leur refus, il est de notoriété publique que la raison est politique, voire même idéologique. En d’autres termes, ce sont des gens qui n’aiment ni les arts ni la culture en général. Vraiment je n’arrive pas à imaginer comment ces gens-là arrivent à justifier leur absence d’un événement aussi grand et aussi prestigieux qui se déroule dans la ville dont ils tiennent les commandes. Savez-vous que cette année le pays invité de cette édition n’était autre que la Chine? Excusez du peu. D’ailleurs, une forte délégation chinoise était venue à cette occasion à Tétouan avec à sa tête l’ambassadeur de Chine au Maroc en personne. Il a été accueilli par tout le monde sauf monsieur le maire qui, lui, était aux festivaliers absents. Allez expliquer après aux Chinois que les élus qui gèrent la ville n’aiment pas le cinéma...

Pourtant, je me répète, il y avait du grand cinéma à Tétouan cette année. Comme d’ailleurs les années précédentes.

Voilà. Je suis arrivé quand même à ne pas vous parler du nouveau gouvernement et des nouveaux ministres, ni des anciens non plus. Cela dit, comme disait plus ou moins une certaine fable, si ce n’est pas eux, ce sont leurs frères. Je sais, pas tous, comme disait parfois ma mère pour calmer mon père.

Je pourrais encore vous raconter bien d’autres choses que j‘ai faites cette dernière semaine, mais je vais arrêter là mon cinéma et vous donner rendez-vous la semaine prochaine, quand j’aurais su sur qui je vais bientôt commencer à taper. N’est-ce pas, entre autres, pour cela que je suis payé?

En attendant, je n’ai plus qu’à vous dire vivement la culture chez nous élevée au rang de première nécessité vitale.

Par Mohamed Laroussi
Le360.ma


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