Depuis le début du nouveau millénaire, plusieurs pays européens ont connu une polémique passionnelle avec plus ou moins de frénésie. Elle a fait pendant trop longtemps la une des journaux et des télévisions. Il s’agit du voile. A la place d’un débat en bonne et due forme, des fanatiques, exaltés et excités de gauche comme de droite se sont solidarisés pour bannir, abolir et interdire le port du voile.

Tout a commencé en France. Une dizaine de filles, toutes nées en France et de nationalité française ont, pour raison esthétique voulu porter le voile. Et, pour des raisons tout à fait personnelles, jeunes et obstinées elles ont refusé catégoriquement de l’ôter pendant les cours. Dès lors, la sixième république, ébranlée par ce défi, s’est sentie menacée dans ses profondes entrailles et la laïcité républicaine immuable depuis des décennies remise en question dans sa pérennité par des adolescentes. Une mobilisation nationale, derrière le Président de la République était vitale pour sauver la France d’un très grave danger, venu cette fois de l’intérieur. D’un coup, la république, Etat de droit, de Liberté Egalité Fraternité est devenue la république bananière de la censure et de la prohibition.

De l’autre côté, les aficionados du voile, aussi fanatiques, exaltés et excités, ont crié haut et fort qu’une injustice flagrante touche indignement les principes fondamentaux de l’Islam. Comme si le voile était un pilier de l’Islam, des fatwas sont lancés un peu partout dans le monde et la mobilisation est demandée pour dénoncer cette injustice. Dans plusieurs pays il y a eu des manifestations téléguidées et il y eut plusieurs morts. Mais au fond, qu’est ce qu’un voile ?

Le voile ou le Hijab en Arabe, est un petit tissu qui a fait couler beaucoup d’encre et de toutes les couleurs. On peut le considérer comme un vêtement, qui couvre le visage de certaines femmes pour ne laisser apparaître que les yeux, ou bien il est porté sur la tête pour couvrir la chevelure féminine. Il y a celles qui l’aiment pour le porter consciemment et celles qui le haïssent pour le supporter involontairement.

D’un prix dérisoire et modique, ce petit tissu pèse quelques grammes mais son poids symbolique et politique pèse lourdement sur nos sociétés contemporaines. C’est le seul tissu vêtement qui a engendré un mouvement international en sa faveur et un autre mouvement en sa défaveur. Ni le bikini ni le monokini n’ont créé autant de tension et de sensation que le voile. Qu’on soit partisan ou opposant, lui il s’en fiche, c’est une superstar et il se porte bien.

Cependant, que ce soit dans les pays riches ou pays pauvres, le voile est devenu un symbole de soumission, d’obéissance, de servilité, de docilité, de dépendance, d’aliénation et de renonciation. Aussi bizarre que ce soit, le même voile est devenu en même temps un symbole de lutte, de révolte, de rébellion, de liberté, d’insoumission, d’insubordination et de discipline. Chaque femme qui le porte trouve un sens et une raison légitimes pour le chérir et le défendre avec fierté. Chaque femme qui ne le porte pas puise dans les mêmes arguments pour s’en débarrasser et prendre distance d’un tissu excessivement encombrant et outrageusement compromettant.

Pour la femme voilée c’est un insigne ostentatoire de reconnaissance et d’appartenance à une confrérie ou à une congrégation. C’est un emblème, un étendard, un drapeau, une armoirie et une bannière à la fois. Il suffit de le porter. Il ne faut rien expliquer, tout seul, le voile est suffisamment éloquent et particulièrement expressif. En Europe et même dans les pays arabo-musulmans il risque de causer des problèmes d’intégration selon ses opposants. Par contre, dans certains milieux il favorise l’intégration de la femme. Aujourd’hui, le voile s’est transformé en une sorte d’épée à double tranchant. Selon les circonstances et le contexte, il peut servir comme desservir une femme.

Qu’on soit laïc, croyant ou musulman, qu’on soit défenseur ou opposant, le voile fait désormais partie intégrante de nos sociétés, en Orient comme en Occident. En outre, le voile dissimule solennellement la chasteté, la pudeur et la continence. Pourtant, il met généreusement en valeur le charme, la délicatesse, la splendeur et la beauté des yeux. De toute façon, ce genre d’habit est charnel, corporel et physique donc il peut aussi être sensuel, sexy et érotique. Un joli voile bien porté, peut être voluptueux, attractif et excitant comme il peut être subversif, troublant et provocant. Le plus important est que, derrière tout voile il y a une femme.

En tout cas personnellement je suis pour l’intolérance zéro mais je préfère plutôt un visage tout à fait dévoilé. Quant au Hijab de tête, toute femme doit avoir la liberté absolue et le libre choix de le porter et de l’enlever quand bon lui semble, sachant dorénavant que, le voile en soi n’apporte aucune plus value ni à la beauté, ni à la personnalité, ni à la dignité de la femme. Finalement, je remercie Dieu d’avoir créé la femme et, je remercie Dieu de nous avoir donné des yeux pour contempler sa création.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 8 avril 2007


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