Le 26 août 2014 marque l’entrée de deux femmes "Binationaux MRE" au Gouvernement Français. Après Rachida DATI au gouvernement Sarkozy, aujourd’hui Najat BELKACEM en numéro 4 du gouvernement et, surtout, en première femme à être nommée au poste de ministre de l’éducation nationale. Pour sa part, Myriam El Khomri devient la 3 ème représentante maroco-française à rejoindre un Gouvernement Français en tant que Secrétaire d’État à la Ville.

L’Association CAP SUD MRE se permet de féliciter ces femmes MRE pour leur parcours et leur ascension, en leur souhaitant que cela ne soit qu’un début.

Néanmoins, nous ne pouvons nous abstenir de relever une question : comment se fait-il que nos pays d’accueil nous permettent cette représentativité et nous impliquent dans la gestion des affaires de l’Etat par l’octroi de responsabilités au plus haut niveau de l’exécutif, tandis qu’en 2014, notre pays d’origine se fait encore prier en la matière, malgré un référendum exemplaire en 2011 qui a consacré, par 4 articles (16, 17, 18, 163), la pleine et entière citoyenneté des MRE. Il y a de quoi se demander pourquoi et comment !!!

Le mois d’août 2014 fut le plus polémique depuis plus de 10 ans, avec les sorties de responsables institutionnels indignes, car parfois tenant des propos insultants, qui ont, pour certains, oublié le principe premier qui leur est imposé : l’obligation de réserve.

Cette atmosphère de défiance de la diaspora envers ses institutions et politiques, confirme l’impatience et l’incompréhension des réticences à l’implication pleine et entière de celle-ci.

Il est temps que nos politiques prennent leurs responsabilités et cessent de ce cacher derrière des pseudo-difficultés d’ordre logistique ou des informations pleines de sous-entendus, souvent émises par telle ou telle institution sans aucune véracité et surtout ne reposant sur aucune étude scientifique.

Depuis mars 2013, CAP SUD MRE, sous le principe de l’obligation de droit de réserve, s’est abstenue d’émettre un avis sur la participation politique, du fait de la nomination de son Président au sein de la Commission du Dialogue National, qui d’ailleurs, est la première commission à avoir intégré des MRE en son sein.

Nous sommes d’autant plus fiers d’avoir contribué à l’élaboration de ce dialogue que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a consacré le 13 mars journée nationale de la société civile.

Néanmoins, après de nombreuses controverses et difficultés, quatre consultations directes à l’étranger ont été effectuées par des débats, un QCM de 21 questions, ainsi qu’une consultation virtuelle sous forme de huit questions à choix multiples et deux ouvertes qui ont permis à la Commission Nationale d’élaborer ses recommandations.

Voici les conclusions du questionnaire lors de la consultation virtuelle.

Il en ressort que :

  • Pour les 2/3 des sondés, les moyens mis en œuvre à la participation effective aux institutions consultatives ne sont pas suffisants.
  • La participation des MRE à la vie politique du Maroc, comme le consacrent les articles 12, 13, 14 et 15 est indispensable à plus de 85% de la diaspora.
  • La réalisation du concept de «démocratie participative», qui a été consacrée par l’article 12 de la Constitution, comme un moyen de contribution de la société civile dans la gestion des affaires publiques, est validée à hauteur de 85%.
  • L’implication des M.R.E dans la mise en œuvre, l’évaluation des décisions et des projets des institutions élues et des pouvoirs publics, paraît indispensable à plus de 91% des sondés.
Et voici les conclusions du questionnaire lors de la consultation directe

Il en ressort que :
  • Nous constatons que la société civile, dans sa grande majorité, ressent bien la nouvelle orientation du Maroc en faveur des MRE depuis la nouvelle Constitution, néanmoins, les avis sont plus mitigés en ce qui concerne la participation des MRE dans nos différentes institutions.
  • Il ressort que la volonté d’implication directe des MRE dans la vie politique et institutionnelle de notre nation paraît évidente et indispensable.
  • Les dispositifs pratiques, estimés les plus efficaces, par les MRE, à évaluer et apprécier les orientations des politiques publiques, à participer aux institutions et aux différents secteurs de la vie politique et à renforcer leur capacité à participer au développement de leur nation d’origine, restent, pour les 3/4 des interrogés, la DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE PAR MODE ÉLECTIF.
  • Il est intéressant, aussi, de constater que 84% estiment que la bi-nationalité est considérée comme une richesse réciproque et donc, utile aux deux nations. La moitié d’entre eux estime que cela permet de maintenir un lien avec le pays d’origine !
Après cette consultation sans précédent, il en ressort aussi que la participation et la représentativité sont considérées comme nécessaires et indispensables pour 90% des MRE interrogés.

Il n’est plus possible, ni crédible, aujourd’hui, d’évoquer le contraire d’une volonté participative effective des MRE, qui a été formulée de manière claire et parfois avec colère et ressenti.

Nous demandons à l’ensemble de la classe politique marocaine d’être plutôt à l’écoute et de répondre à la volonté du PEUPLE MAROCAIN qui réside à L’ÉTRANGER et qui s’est aussi largement exprimé le 1er juillet 2011.

Mesdames, Messieurs du gouvernement, du parlement, responsables institutionnels, personnalités de la classe politique, il devient incompréhensible et surtout insoutenable que nos pays d’accueil nous incluent dans l’évolution de leur état alors que notre pays d’origine n’y arrive toujours pas !

Une nation démocratique ne peut et ne doit procéder à l’EXCLUSION d’une tranche de sa population ! Ce qui est fait pour nous sans nous, est fait contre nous / Nelson Mandela.

Salem Fkire
Président de CAP SUD MRE










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