Le 25 mai prochain, vous serez amenés à élire pour la première fois des conseillers consulaires. Ces nouveaux représentants des Français de l’étranger sont là pour servir de relais entre les Français vivant à l’étranger et les services publics représentant de l’État français.

Afin de vous aider à faire votre choix, nous avons interviewé chaque tête de liste (5 pour la circonscription de Casablanca) pour qu’ils puissent vous expliquer les raisons de leur engagement et leurs projets. Aujourd’hui, nous avons rencontré Pr Abdelatif Fekkak, tête de liste des "Socio-démocrates".

Lepetitjournal.com : Monsieur Fekkak, pouvez-vous vous présenter ?

Abdelatif Fekkak : Fekkak Abdelatif Alexandre. Je suis Professeur d’université émérite de l’ISCAE, je viens de quitter la fonction publique suite à un Départ Volontaire en 2006, consécutif à mon retour des Etats Unis, après 30 années de service en qualité de Professeur des universités. Ma trajectoire professionnelle se sépare en deux parties parallèles :

1/ Trajectoire universitaire : j’ai un triple Doctorat : d’abord en Sociologie politique de Paris X Nanterre/EHESS 76. Puis un second Doctorat de Paris IX-Dauphine en Sciences de Gestion en 1985 et enfin, un Doctorat d’Etat en Sciences Economiques. Je ne collectionne pas les Doctorats, mais ce fut une belle carrière professorale, ni de grade, ni de diplômes au-dessus de ma carrière, ce fut un choix pour être ce que l’on appelle au Maroc un PES (Professeur d’Enseignement Supérieur). Ces trois Doctorats ont conditionné ma carrière professorale, pour enseigner au Maroc (20 ans), en France (5 ans), en Espagne (2 ans) et aux USA à l’université à Georgetown Washington DC (3 ans), mais mon port d’attache pédagogique fut le Groupe l’ISCAE (Casa/ Rabat). Aujourd’hui, malgré mon départ volontaire avant l’âge de la retraite, je continue de diriger à titre bénévole des Doctorats en qualité de Directeur de Recherche des thèses en Gestion à l’ISCAE dont de nombreux de mes étudiants sont devenus des Ministres et Secrétaire d’Etat en fonction dans le Gouvernement marocain d’une part.

2/ Trajectoire professionnelle : Je fus consultant international en Formation/Organisation et en médiateur international pour trouver, lors de conflits ou des différends, des solutions alternatives en dehors des Tribunaux. Mais également Ex-Directeur Général d’un Bureau d’études Bepsy –conseils SA; ex-Secrétaire Général de Groupe industriel La Nantaise, Frendo, CMH, Proviomi, Bureau des Approvisionnements des Huiles végétales. Faut-il ajouter un auteur d’une dizaine de livres et une vingtaine cosignés ?

3/ trajectoire dans les ONG de la société civile : J’ai une passion pour les activités dans la société civile, notamment en qualité de Président à l’UCPE Gauthier et membre actif au Lycée Lyautey, Vice-Président de l’IMRI( Institut Marocaine des Relations Internationales), Vice-Président des MFAA (des ex-Professeurs Fullbrighters qui ont enseigné aux Etats-Unis), également Vice-président de l’Association Internationale des Médiateurs Marocains et des Arbitrages, (AMEMA) après avoir été formé par la Banque Mondiale, via l’IFC (Institut Finance Corporation) aux USA. Et pour des raisons de confiance que me témoignent les copropriétaires, je suis Président du Syndic d’une résidence de 14 étages depuis 2006 jusqu’à ce jour.

Enfin, j’ai été un ancien cabinard dans le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dont je fus chargé du suivi de la Banque Mondiale de la rédaction de la réforme du système éducatif marocain en 1998 et la mise en place de loi 01.00 au Maroc. Je fus aussi, le Président du Rotary Club de Californie de Casablanca dont je fus l’un des membres fondateurs en 1990 et un Président qui m’ont fait "redoubler deux fois" pour ma bonne gestion.

Aujourd’hui, je suis sur le point de créer avec des universitaires Franco-marocains une ONG internationale, intitulée "Think Tank des Bi continentaux" pour rattacher l’Europe à l’Afrique de 54 Etats, éclatés, biodégradables avec la mondialisation sans frontière culturelle, sans frontière économique et satellitaires des images. Rien n’est sacré à la mondialisation, elle casse tout, elle détruit tout. C’est un projet de jumeler les deux continents Euro-Afrique.

Pourquoi avez-vous décidé d’être tête de liste à Casablanca ?

Les premières élections des conseillers consulaires se tiendront le 25 mai 2014 depuis la réforme de 2012. La meilleure représentation des Français à l’étranger ne se gère aujourd’hui, ni par la Gauche démissionnaire de ces élections hors de France, ni par la liste des parachutés de la Droite classique dont les autoproclamés, non élus, n’agissent que pour leurs intérêts personnels, pas plus, pas moins. A ce titre, il fallait réagir immédiatement pour notre conscience politique et surtout pour nos enfants.

Faut-il rappeler pour la moralité de l’histoire des citoyens Français à Casablanca, que la France a donné deux leçons d’histoire à l’humanité, après le Révolution de 1789. Les Droits de l’Homme et du Citoyen, "Tous les humains naissent égaux en droit" et la seconde leçon est "la Démocratie pour tous et la méritocratie pour chacun". Or l’ascenseur social et l’ascenseur politique ne fonctionnent pas toujours avec des "Partis Politiques sans démocratie interne", sinon démissionnaires des élections consulaires de Casablanca.

Comment peut-on laisser cette situation à nos enfants. Voilà, ce qui m’a fait réagir avec mes collèges socio-démocrates. Ce n’est plus du "Markéting politique" à l’image de la France, c’est du "Maroc-keting consulaire" à l’image de l’influence culturelle. Les Français et les binationaux notamment Franco-marocains, résidents à l’étranger ont besoin d’élus visionnaires pour relever le défi de cette curieuse situation politique à Casablanca.

Pouvez-vous nous présenter votre liste ?

Le choix du casting des candidats de la société civile est une réponse destinée à éviter les candidats qui cherchent une promotion politique ou civile à l’étranger. Les candidats de la social-démocratie qui n’ont rien à prouver, ni par le choix de leur profil de très haut niveau universitaire, ni par leur mérite professionnel, sont les mieux placés pour servir à la fois les Français de la diversité et la diversité des Française à l’étranger, les représenter et surtout défendre leurs intérêts consulaires à Casablanca.

Le tirage au sort entre les candidats, nous a positionné sur la liste N°1 dite "les Socio-démocrates" car nous ne sommes ni des ultralibéraux de la droite, ni des socialistes déroutés, mais des socio-démocrates du juste milieu pour défendre les intérêts et les droits de tous les Français, qu’ils soient de Gauche ou de Droite, ils sont avant tout Français résidents à l’étranger. Nos valeurs mettent l’accent sur "l’égalité des chances et la solidarité, on peut gagner aujourd’hui". La Démocratie est pour tous, mais la méritocratie est pour chacun.

L’équipe des Socio-démocrates est composée des profils ordinaires, dont 4 Professeurs d’université et 4 cadres des multinationales françaises, mais aux talents extraordinaires pour servir.

Mme Danièle Goujon, née en France, est psychologue de formation et Directrice pédagogique de l’école Marcel Pagnol à Casablanca, type français. Elle vit là depuis 10 ans. Elle était militante dans la gauche socialiste, mais elle est déçue par les pratiques politiques locales et sans avenir. "Les gauchers avec la déroute électorale ont besoin d’un bras droit’’ me disait Mme Goujon La social-démocratie lui convient parfaitement confirme-t-elle.

Mr Luc Morisot, né en Allemagne. Il est Directeur d’école du collège-lycée Louis Bertrand. C’est un ancien de l’UMP, déçu par les auto-proclamations locales, et la guerre des clochés et les Chefs autoproclamés au niveau national. "Le centre et la périphérie sont réduits au même dénominateur" me disait-il. La social-démocratie est une plate-forme, sans dogme, ouverte à toutes les forces vives des Français à l’étranger.

Mme Catherine El Couhen Kaoutar est une ex-cadre commercial dans une multi nationale l’Oréal, et une ex-directrice de GEM+ Montessori (collège, Lycée, Classes Prépas). La Droite n’a pas raison de se comporter avec des pratiques anti-démocratiques pour nos enfants et la Gauche n’a pas tord de démissionner de la scène consulaire des Français à l’étranger. La France a besoin, non pas de Partis égoïstes et sectaires, mais des Partis d’ouverture vers la diversité de la France. Ni les uns, ni les autres ne lui conviennent. Elle préfère être au service de la Socio-démocratie.

Pr Khalid El Boussiri est Professeur de Faculté de médecine dentaire, et membre fondateur et Vice-président de l’ONG "Think Tank des binationaux et bi-continentaux" Euro-Afrique. Le Pr El Boussiri pense qu’il n’y a pas de bons ou mauvais partis politiques, il n’y a que des bons leaders élus, capable de répondre aux besoins et attentes des Français à l’étranger qui ont des spécificités particulières au Maroc : les bourses scolaires, la santé, la sécurité, la double imposition, l’handicap, le transport etc.., ne sont ni de gauche, ni de droite.

Assia Kadmiri qui fut en cadre en France, est actuellement en disponibilité pour l’ONG des Think Tank des binationaux. La vision de l’Euro-Afrique avec une dimension bi continentale, est un rêve et une ambition pour nos enfants, en terme d’emploi et de Partenariat Public/Privé. En dehors des choses concrètes à défendre pour les français de l’étranger, il faut un projet de société pour nos enfants.

Pr Dominique Martin est Professeur des universités françaises, a pris sa retraite anticipée pour s’installer au Maroc. Il fut un Professeur de sociologie dans les universités de Paris IX, Lyon II, Rennes I, Grenoble, ainsi qu’à Sciences Politique (Paris). Il est auteur d’une quinzaine de livres, connu mondialement par ses écrits. Il vit à Casablanca depuis 3 ans. C’est une amitié de plus de 25 ans. Il est également Vice-président de la Fondation des Think Tank des Bi-contientaux pour une Eurafrique. Il fut membre du cabinet du Premier Ministre Bérégovoy en charge des affaires sociales et syndicales. Il est heureux d’être au service des Français hors de France.

Mme Sabah Berrada est une cadre en disponibilité au service de l’ONG "Think Tank pour l’Euroafrique" par les binationaux. C’est un 4X4 tout terrain, pour la présence, le soutien, rend service, a une véritable vocation pour la société civile. Défendre des dossiers au consulat, les cas sociaux, les handicapés, les affaires douloureuses des divorces avec des enfants, la santé, le transport etc, "on n’a pas besoin d’étiquette politique pour défendre des concitoyens et d’être à leur service, de les représenter".

Quels sont les sujets importants sur lesquels vous voulez agir ?


Nous souhaitons agir dans les domaines et défendre les points suivants :
  • Le problème des retraites : il faut que les transferts se fassent correctement de la France vers le Maroc en négociant les taux d’imposition attractive.
  • La bourse scolaire des enfants. Il y a de nombreux franco-marocains qui n’arrivent plus à vivre en Europe, se retrouvent dans leur propre pays d’origine, parfois sans travail ou avec seulement un petit salaire. Ils n’ont parfois pas d’habitat et pas assez d’argent pour payer l’école de l’AEFE qui est payante. La bourse scolaire n’a pas de couleur, ni de droite ni de gauche, il faut donc défendre les nationaux et les binationaux auprès du Consulat.
  • Les problèmes de sécurité et de mouvement migratoire : L’Afrique et le Maroc, pour des raisons politiques, connaitront des problèmes de conflits dans une dizaine d’années avec le stress d’eau, la sécheresse, provoquant des conflits internes et des mouvements migratoires du Sud vers le Maroc.
  • La sécurité alimentaire risque de ne pas être assurée à cause de manques liés à la sécheresse, mais aussi de l’excédent de la production qui, en raison de la gestion hydrique par les ordinateurs, risque de ne pas exporter pour des raisons de quotas, ou de coût d’entrée en Europe.
  • Avec la montée des fontes des glaces due aux effets de serre, certains pays qui vont perdre jusqu’à 30% de leur surface, auront besoin de louer des terrains agricoles pour des cultures intensives. Il faut donc préparer nos enfants au niveau éducatif et universitaire à les prendre en charge avec les nouveaux concepts du Partenariats Publics Privés (PPP) dans les secteurs primaire, secondaire et de service. Les franco-marocains et binationaux seront-ils prêts a relever les défis de la mondialisation ?.
  • La sécurité physique qui concerne également l’indemnisation permanente ou partielle en cas d’attaque terrorisme et les risques d’attentats politiques pour les français à l’étranger.
  • Le problème de la formation des cadres, de nos enfants, pour la gestion déléguée : Comment se fait-il que la majorité des pays d’Afrique soient gérés par Lydec, Veolia après 60 ans indépendance politique ? Les marocains ne sont pas en mesure de gérer l’électricité. Pourquoi ? Il y a quelque chose qui ne va pas dans les pays du Tiers Monde. A ce titre, il est nécessaire que les Français, binationaux et bi-continentaux prennent en charge cette mission de PPP en matière de transport, l’éducation, la santé, la gestion des hôpitaux et des cliniques, la circulation routière pour avoir des villes marocaines et africaines avec 1/ des économies intelligentes, 2/ des mobilités intelligentes, 3/ des environnements intelligents, 4/ Des urbains intelligents, 5/ Un mode de vie intelligent et, enfin, 6/ des administrations locales intelligentes.
  • La sécurité de l’emploi : Les Français de l’étranger avec leurs enfants, nés hors de France, doivent être préparés à cette nouvelle mission des PPP de la grandeur de la France.
Quelles seront vos actions et mesures concrètes ?

Il faudra d’abord prendre conscience et connaissance de l’ensemble des dossiers, et ensuite les gérer avec une vision et une visibilité pour ne pas gérer les urgences des cas sociaux. Il y a des acquis sur lesquels il ne faut pas revenir : la bourse, les impôts, la santé, la sécurité. Si le Maroc veut attirer les expatriés, il faut renégocier les avantages fiscaux. Il faut négocier des dossiers avec l’Etat marocain. On a un poids pour négocier à travers nos institutions électives etc…, mais ce qu’il faut à votre Liste N° 1 des socio-démocrates, c’est votre confiance.

Comment voyez-vous votre mandat si vous êtes élu ?

Nous venons de créer une ONG, "Think Tank des bi-continentaux et binationaux" pour avoir un poids pour négocier avec les autorités publiques. Car il est inimaginable aujourd’hui de laisser agir les "Trop désignés’’ pour être élus des Partis Politiques qui n’ont pas de prise sur le terrain. Les Partis Politiques ne donnent pas l’exemple de la démocratie interne et les valeurs de l’ascenseur social et politique. D’où l’idée d’avoir une représentation à travers la société civile et à travers la liste N°1 des socio-démocrates pour faire entendre la voix des Français vivant à l’étranger.

Quel est votre message pour inciter les Français à aller voter ?


Un vote est un acte extrêmement important dans la vie d’une société. S’ils ne votent pas, la place sera prise par des autoproclamés, et par les annexes des Partis Politiques organisés pour ces missions électorales de commando. La politique de la chaise vide et l’abstentionnisme ne sont pas des solutions alternatives du changement de politique des Français de l’étranger. La voix de chaque citoyen français à l’étranger est importante et capitale pour faire bouger les lignes. En nous faisant confiance, nous serons les médiateurs et les défendeurs de ce qu’ils souhaitent. Demain, ils auront des problèmes de sécurité, d’impôts, de bourse scolaire. Personne ne les défendra. C’est un moment extrêmement important : s’ils veulent changer, il est temps de décider maintenant pour la liste N° 1 des socio-démocrates. Mais ils ne doivent pas s’abstenir, cela ne sert à rien.

Nous allons faire des meetings pour sensibiliser les 15.000 électeurs de Casablanca. L’abstention est suicidaire, mortelle, non pas pour nous mais pour nos enfants. Je citerai Pasteur qui a disait : même si vous avez une idée géniale, qui tombe du ciel, si la société, considérée comme un terreau, sinon l’infrastructure n’est pas préparée à la recevoir. L’idée, le projet, la fleur, devient biodégradable parce que les électeurs ne répondent pas.

Lorraine Pincemail (http://www.lepetitjournal.com/casablanca) Lundi 28 avril 2014



0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top