Je suppose que tout un chacun a profité des grandes vacances et a fait le plein d’énergie et de vitalité pour affronter une nouvelle année de travail et de labeur. Sans aucun douta, chacun a apporté dans ses bagages un tas de souvenirs qu’il ne manquera pas de commenter le moment venu avec ses proches et ses amis.

Comme chaque année, mes souvenirs du pays sont enchevêtrés de joie et de plaisir mais aussi de tristesse et de désespoir. Le fait suivant a le plus attiré mon attention. Pendant que les uns sont occupés par les festivités de la Journée du Migrant, d’autres malheureux, arnaqués se battent avec acharnement depuis longtemps contre une injustice qui leur a coûté pas mal de leurs économies. « Pas moins de 1.200 MRE victimes d’une grosse escroquerie immobilière montée par un faux promoteur français. On arnaque bien les émigrés. » (Voir article en bas).

Alors, comment faire en sorte que le citoyen d’origine marocaine vivant en Europe, ne soit plus victime d’abus d’escrocs, de voleurs et de bandits qui profitent de l’ignorance, de la bonne volonté et de la naïveté de nos compatriotes ? .

Monsieur Belguendouz, indirectement donne une réponse à notre question. «Le ministère des MRE est absent» (Voir article plus bas.) Le manque de réactions de nos gouvernants est caractéristique de l’absence de toute politique en faveur des nos compatriotes vivant en Europe et ailleurs. Ce qui est encore plus grave, c’est l’absence de réactions des associations et organisations qui prétendent défendre nos intérêts à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc. Au lieu de succomber aux charmes de la musique et du folklore marocain, ils auraient dû profiter de cette occasion pour mieux faire entendre nos revendications et nos requêtes conformément à la constitution marocaine ainsi que nos demandes et nos doléances légitimes.

Sarie Abdeslam
Btuxelles, le 23 août 2004

Pas moins de 1.200 MRE victimes d’une grosse escroquerie immobilière montée par un faux promoteur français. On arnaque bien les émigrés

Ils ont payé pour des logements qu’ils ont acheté clés en main à Casablanca il y a plus de vingt ans.Mais ces émigrés se rendront compte qu’ils ont été victimes d’une grosse escroquerie immobilière montée par un ressortissant français du nom d’Alfred Langlais.

Constituées en association, les victimes obtiendront dans les années 80 gain de cause auprès de la justice française. Mais dans leur pays natal, leur dossier ne trouvera pas d’écho et l’escroc vivant au Maroc réussira en juillet 1999 à prendre la fuite.

Maisons virtuelles
C’est une affaire qui remonte à près de 25 ans. Une affaire d’escroquerie immobilière à grande échelle. Les victimes, plus de 1200 personnes, sont des ouvriers marocains établis en France. Le faux promoteur, un ressortissant français du nom d’Alfred Langlais vivant au Maroc, leur a fait miroiter des logements sociaux à Casablanca variant entre 80.000 et 150.000 DH. () Nombre d’entre eux ont dû débourser trois fois plus que le prix initial de l’appartement. () Aussi incroyable que cela puisse paraître, le problème durera un quart de siècle. Ayant compris finalement qu’ils sont tombés dans un piègee, les victimes se sont constituées en association et intenté une action en justice contre M. Langlais à Paris. () Les plaignants obtiennent gain de vause. Le jugement du tribunal de grande instance de la capitale française tombe le 10 juillet 1985. () Mais là où le bât blesse, c’est que la justice marocaine ne fera rien pour exécuter ces arrêts. () Quant aux responsables marocains approchés par les intéressés pour les aider, ils ne feront qu’abreuver les victimes de promesses jamais tenues. Fait douteux, le pseudo-promoteur ne sera jamais inquiété au Maroc. Bien au contraire. Il continuera à vendre dans l’impunité totale des lotissements vituels à d’autres émigrés de France dans plusieurs zones de Casablanca. Avait-il des complices locaux qui ont couvert ces agissements ? () La justice marocaine ne daignera se pencher sur le dossier que le 25 octobre 1999. Entre-temps, Langlais () a pris la poudre d’escampette. Non sans avoir indemnisé l’association des victimes à hauteur de 3 millions de Dh. Mais le chèque était en bois. () Si Langlais s’est enhardi à monter une arnaque pareille, c’est qu’il était assuré dans l’ambiance de l’époque de pouvoir agir à sa guise. L’Association de défense des intérêts des victimes de cette grosse supercherie ne veut pas baisser les bras. A la faveur des changements opérés au Maroc, les victimes espèrent voir leur dossier pris sérieusement en main pour que justice soit faite. (par Abdellah Chankou)

AUJOURD’HUI LE MAROC 19.09.04
Omar DAHBI

Belguendouz : «Le ministère des MRE est absent»
ALM : Les agressions contre les Marocains résidant en Corse se sont multipliées ces derniers temps d’une manière inquiétante. Toutefois, cette situation ne semble pas préoccuper le gouvernement marocain. Comment expliquez-vous ce silence des autorités marocaines ?

Abdelkrim Belguendouz : D’abord, il faut dire que la réaction normale du gouvernement face à des situations pareilles devrait être une mobilisation des services diplomatiques et consulaires marocains accrédités auprès du pays concerné, afin d’exiger une meilleure protection de nos ressortissants et d’essayer de résoudre leurs problèmes sur place. Mais il est certain que dans certains cas comme celui de la communauté résidant en Corse, les autorités marocaines compétentes n’ont pas encore réagi convenablement. Cela s’explique, à mon avis, par le fait que les souffrances des Marocains résidant en cette région française n’ont pas été suffisamment médiatisées, sachant que l’Administration marocaine a toujours tendance à ne réagir que lorsque le problème acquiert des dimensions graves et devient une affaire d’opinion publique.

Dans le cas de la situation en Corse, on remarque que les agressions ont atteint une situation très préoccupante puisqu’il s’agit de faits qui se répètent fréquemment, il est donc du ressort du ministère des Affaires étrangères de prendre les mesures d’usage dans de tels cas.

Quelles sont ces mesures ?
Normalement, le ministère mobilise les services diplomatiques et consulaires pour demander des explications et exiger une meilleure protection de nos concitoyens. La même démarche devrait être entamée auprès de l’ambassade du pays concerné au Maroc. Parallèlement à cette action diplomatique, il est primordial qu’il y ait une communication régulière sur l’évolution de la situation et des démarches entreprises pour que le citoyen soit informé de ce qui se passe et pour que le Marocain résidant à l’étranger sache que l’on s’occupe de ses problèmes et que l’on se préoccupe de sa sécurité. Malheureusement, on constate que le gouvernement n’intervient que lorsque les problèmes atteignent des niveaux dangereux.

Cela s’expliquerait-il par un manque de moyens mis à la disposition du ministère des Affaires étrangères ?

Absolument pas. Ce n’est pas une question de moyens, puisque dans tous les pays où la communauté marocaine a souffert de problèmes graves, notamment en Irak, en Côte d’Ivoire ou actuellement en Corse, il existe une représentation diplomatique. En vérité, le problème de certains responsables diplomatiques est qu’ils n’ont pas le sens de responsabilité. La plupart d’entre eux considèrent, malheureusement, que prendre l’initiative pour résoudre les problèmes des ressortissants marocains résidant dans leur circonscription diplomatique n’est pas de leur ressort. Ils préfèrent s’intéresser à des problèmes qu’ils considèrent de « haute politique ». En deux mots : il y a une démission des responsables diplomatiques dans le dossier social. Ce qui est très grave. D’ailleurs, SM le Roi a appelé à maintes reprises à une mise à niveau de notre diplomatie, notamment en matière économique et sociale.

Mais le dossier des MRE est attribué au ministère chargé de cette communauté…
Il n’existe pas de « ministère chargé des MRE », il y a seulement une « ministre chargée des Marocains résidant à l’étranger. En fait, ce ministère n’a ni structure ni organigramme, ni moyens… C’est un département qui n’emploie qu’une douzaine de personnes et qui n’a en réalité aucune attribution réelle en matière de gestion des affaires de la communauté marocaine résidant à l’étranger. Or, ce qu’il faut actuellement, c’est un département capable de prendre les choses en main et qui a une stratégie bien définie et avec un calendrier précis pour travailler. Ce qui n’est pas le cas. Il n’y a pas d’action concrète. Normalement, un ministre doit être capable de dire ce qu’il en est de tel ou tel problème. Malheureusement, chez nous, lorsqu’un problème se pose, le gouvernement répond toujours que l’on est en train de réfléchir à la solution ou la stratégie à adopter. Il est donc temps que l’on passe à l’action et que l’on mette fin à cette démission administrative qui ne fait que retarder la résolution des problèmes au lieu de les affronter.








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