L'ancien chef de gouvernement était en "incompatibilité" avec sa fonction parlementaire. Maintenant qu'il n'est plus député, il va pouvoir se consacrer à une autre mission : resserrer les rangs de son parti après la douche froide du gouvernement.
« Une simple mesure de régularisation qui a pris du temps ». C’est ainsi que le Parti justice et développement (PJD) a présenté la démission de l’ancien chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, de son poste de député ce mercredi 12 avril.
À l’issue des législatives du 7 octobre, Benkirane avait remporté le siège de la circonscription de Salé. Trois jours plus tard, il était nommé par le roi en tant que chef de gouvernement. Le règlement interne du Parlement l’oblige à démissionner de son poste de député pour incompatibilité.

La procédure de démission doit être validée par la Chambre des représentants et l’ancien Conseil constitutionnel. Faute de majorité gouvernementale, la première institution était en panne jusqu’au 17 janvier, date de la mise en place de son bureau sur instruction royale. Quant au Conseil constitutionnel, il était en dissolution dans l’attente de son remplacement par la Cour constitutionnelle, qui n’a été installée que le 4 avril.

De chef de gouvernement à député
Pourtant, au lendemain des législatives, plusieurs ministres élus députés ont été appelés à quitter leurs postes ministériels. Le cas de Benkirane était plus compliqué, dans la mesure où il avait été reconduit dans sa fonction de chef de gouvernement par le roi et où la formation de la majorité avait pris plus de temps que prévu.

Maintenant qu’il n’est plus chef de gouvernement, qu’est ce qui empêcherait le chef du PJD de garder son poste de député ? « Le processus d’incompatibilité était déjà enclenché. Il est irrévocable », explique un membre du PJD. « En plus, vous réalisez bien qu’il n’est pas facile pour un ancien chef de gouvernement de revenir en tant que député. »

Benkirane, l’animal politique
En réalité, une autre mission, plus cruciale, attend le secrétaire général du PJD. Depuis que le parti a été acculé à jouer les seconds rôles dans le nouveau gouvernement, il a entamé une profonde mue pour resserrer ses rangs et retrouver « son lustre d’antan ». « Il nous faut un nouvel élan pour réparer ce qui a été cassé », confirme une source au sein du parti.

Abdelilah Benkirane est l’homme de la situation. Redoutable tribun, il a toujours l’aval des troupes islamistes qu’il arrive à séduire par des tours de passe passe dont il a le secret.

Samedi 8 avril, il s’est adressé aux jeunes du PJD dans un langage paternaliste, les appelant à « oublier l’épisode gouvernemental » et à construire l’avenir du parti. » Nous avons perdu un match, mais le cycle de l’histoire est long. Il faut dire au citoyen que rien n’est perdu « , a-t-il déclamé.

Pour plusieurs membres du PJD, le Congrès national du parti, prévu l’été prochain, sera « la date de la renaissance ».

Par Nadia Lamlili
Source : jeuneafrique.com/


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