En 2009, des dizaines de milliers de Marocaines se sont présentées, dans leur pays d’origine, à une sélection organisée par Freshuelva, une organisation espagnole de producteurs et d’exportateurs de fraises, et l’Agence nationale marocaine de promotion de l’emploi et des compétences (anapec, l’équivalent de l’anpe en France) dans le but de recruter des ouvrières agricoles saisonnières.

17 000 ouvrières marocaines ont été choisies en 2009 pour signer un contrat à durée déterminée, remplaçant ainsi d’abord les hommes marocains puis de plus en plus les femmes roumaines, polonaises et bulgares de la région de Huelva qui étaient employées dans le secteur de l’agriculture.

Ces femmes ne sont pas recrutées au hasard. Elles sont en grande majorité des mères de famille, des femmes mariées ou divorcées, comme le souligne le directeur de l’anapec : « La priorité sera donnée aux femmes mariées et mères [de famille]. Cette opération est en effet destinée aux catégories qui sont le plus dans le besoin » 

Les gouvernements espagnol et marocain insistent sur ces conditions parce qu’il est préférable d’embaucher des femmes ayant des enfants, non célibataires, afin d’avoir une garantie de retour dans leur pays d’origine et ainsi éviter la présence de personnes en situation irrégulière sur le territoire espagnol. Houria Alami M’chichi ajoute : « C’est une politique concertée des migrations entre le Maroc et l’Espagne... Et ces politiques sont clairement sexuées » 

Ces femmes, qui appartiennent aux classes les plus défavorisées et qui viennent en Espagne pour effectuer les travaux les plus précaires, se caractérisent par des traits spécifiques : d’origine rurale, pauvres, divorcées, veuves, en position de soumission, mariées ayant des enfants.

La présente contribution se fonde sur une enquête de terrain menée pendant une dizaine de jours en avril 2009 dans la province de Huelva dans le cadre du programme de recherche amerm-pme   Une dizaine d’entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès de femmes marocaines, de médiateurs et du chef du projet des “contrats en origine”, lesquels ont été des plus enrichissants pour la compréhension du projet. L’observation participante a été aussi au cœur de la démarche.

Nous présenterons dans un premier temps le contexte géographique de la province de Huelva, puis nous indiquerons comment ont été mis en place et comment fonctionnent les “contrats en origine”. Nous terminerons par l’analyse des différentes étapes mises en œuvre pour une femme marocaine qui souhaite s’inscrire dans ce programme de migration pendulaire.

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