La raison d’être du travailleur immigré dans la société française semble tout entière tenir à son utilité économique. Et c’est sa force de travail qui lui permet d’envoyer de l’argent dans son pays d’origine. La vieillesse du migrant contredit cette double fonction.

Vieux, malade, il devient improductif donc inutile. Il est relégué dans l’ombre, comme une machine devenue obsolète. Son existence partagée entre deux espaces qu’il a contribué à construire ne bénéficie d’aucune reconnaissance.

“Immigrés” et “vieux”, deux termes en apparence contradictoires qui prennent aujourd’hui tout leur sens dans la réalité d’une société française vieillissante. Le migrant évoque dans les représentations collectives un travailleur jeune, en bonne santé, venu en France pour s’enrichir et envoyer un peu de cette richesse au pays d’origine. Claudine Attias-Donfut relève l’antinomie entre vieillesse et immigration, puisque cette immigration n’était au départ que temporaire et en lien avec le travail. À l’inverse, les migrants vieillissants seraient-ils perçus comme des personnes inutiles ?
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Cet article se base sur le témoignage de Mohand et d’une vingtaine d’entretiens semi-directifs réalisés au cours de mes travaux de thèse auprès de migrants âgés. En outre, je poursuis mes travaux de recherche actuels en accompagnant un groupe de travail constitué principalement des membres du conseil de quartier de la Roseraie, à Angers, dans une réflexion portant sur les migrants vieillissants.

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