Une BMW 4x4 dernier cri passe pour la quatrième fois sur la corniche de la petite ville balnéaire Mdiq, sur la côte méditerranéenne. Au volant, un jeune homme qui porte une casquette Louis Vuitton et une paire de lunettes de soleil Ray Ban. 

La laque bleu foncé de la voiture brille tant qu’on croirait que le 4x4 vient tout juste de sortir de chez le concessionnaire. Pourtant, la plaque d’immatriculation jaune indique qu’elle a déjà fait tout le trajet de la Hollande jusqu’au Maroc. Deux garçons qui remarquent la voiture font des commentaires amers : « Il se prend pour qui, celui-là ? Il pense qu’avec cette grosse voiture, on ne remarque plus que sa gueule est trop moche ? »

Chaque été, on peut observer au Maroc un jeu particulier entre les habitants locaux et les Marocains résidant à l’étranger, les MRE, qui y reviennent pour les vacances. Ces derniers marquent leur différence en étalant leur richesse, en portant d’autres vêtements et en parlant une autre langue que les Marocains « locaux » ou autochtones. Dans les réactions se mêlent jalousie et admiration. Depuis que les premiers émigrants reviennent au pays avec une nouvelle Mercedes, les types de voiture que l’on ramène ont beaucoup changé, mais le rituel reste le même. Depuis toutes ces années, tout un schéma d’attentes et de préjugés s’est installé entre les Marocains de l’intérieur et ceux de l’extérieur, les Marocains autochtones et les allochtones.

Dans cet article, je m’intéresserai notamment à la situation des Marocains néerlandais. Composée de plus de 350 000 personnes, c’est une des plus importantes populations de MRE. Relativement éloignés du Maroc, aussi bien géographiquement que linguistiquement et culturellement, les MRE néerlandais se distinguent à plusieurs niveaux de leurs pairs nés au Maroc.



0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top