Pour un migrant dont la vie est partagée entre deux espaces et deux univers de référence, la transmission de la mémoire s’avère une opération problématique. L’entre-deux constitue souvent un souvenir douloureux, non reconnu par la société d’accueil, et difficilement assimilable dans l’imaginaire de ses descendants.

Pour pallier ces silences de la mémoire individuelle et collective, des migrants marocains en France et leurs descendants, par leurs actions associatives, ont à cœur d’affermir le lien entre les générations.

Un intérêt croissant
La thématique de la mémoire des immigrations connaît, depuis une vingtaine d’années, un intérêt croissant, à travers des études spécifiques ou locales, mais également à travers la production scientifique d’ouvrages et de manifestations sur des sujets aussi variés que les liens avec le colonialisme, l’ethnicité ou le genre. La plupart des contributions abordent l’univers complexe des mouvements migratoires et des questions inhérentes à tout déplacement, tant dans l’espace physique que social des sociétés de départ et d’accueil.

De ce point de vue, de nouvelles perspectives font de l’espace circulatoire un enjeu qui dépasse les approches classiques en termes de flux et de mise en relation de territoires géographiques ou d’analyse de l’événementiel. Le migrant, sans cesser d’être un objet de recherche en soi, est désormais également interrogé sous l’angle de la continuité et de la rupture à travers la problématique mémorielle. Cette démarche s’inscrit dans des préoccupations à la fois politiques (mémoire collective, mémoire nationale) et identitaires (revendications des minorités, dénonciation des rapports de domination…), mais également dans un contexte de revendication des héritiers de la migration,en particulier maghrébine, et notamment marocaine.

Les expériences de la migration des parents se trouvent confrontées au vécu de l’entre-deux de leurs héritiers. Un tel mouvement nous intéresse ici dans la mesure où la transmission du vécu des migrants venus du royaume chérifien pose la question de la continuité sociale, et du rapport entre générations avec, en filigrane, les questions de reconnaissance sociale et de reconquête mémorielle.

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