La migration féminine est encore trop souvent pensée dans le sillage de celle des hommes. Les parcours migratoires des femmes marocaines vers l’Europe n'échappent pas à cette représentation qui leur dénie toute capacité d'agir de façon autonome. 

Or, depuis au moins cinquante ans, elles voyagent et affirment leur liberté. Saisis dans une perspective postcoloniale, les déplacements de femmes seules témoignent de leur pouvoir d'initiative face aux pesanteurs sociales et culturelles de leur société d’origine.

Longtemps, au Maroc comme en France, l’émigration féminine a été considérée comme une conséquence “évidente” de l’émigration masculine et du regroupement familial. En effet, même dans les travaux sur l’immigration qui ont pris en considération les femmes comme ceux de Jocelyne Streiff-Fénart, Souad Elhariri ou Ahsène Zheraoui, les femmes ne sont analysées que par rapport à leur époux et/ou à leurs enfants ; elles demeurent donc une fois de plus réduites à leur rôle d’épouse et de mère.

De ce fait, le regroupement familial apparaît comme l’unique façon pour les femmes d’émigrer, surtout lorsqu’elles sont issues de pays majoritairement musulmans. Ainsi, la féminisation de l’émigration est présentée comme un phénomène récent ne nécessitant pas une lecture particulière des conditions de son émergence. Pour d’autres, c’est un fait qui n’est même pas mentionné lorsque l’on traite de l’histoire de l’émigration marocaine et de son lien avec la colonisation... 

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