Paris. Les professeurs Jean-Yves de Cara et Charles Saint-Prot, directeur général de l’observatoire d’études géopolitiques, ont présenté leur ouvrage « Les Constitutions arabes » (paru aux éditions Karthala) lors d’une conférence à Sciences Politiques à Paris, le 30 mars 2017, devant un large public d’étudiants de Sciences Po et de la Sorbonne.

Jean-Yves de Cara a analysé les grandes lignes des institutions des pays arabes et il a affirmé que les monarchies (8 sur 22 États) sont plus stable set présentent un bilan plus positif. Il a souligné l’ouverture d’esprit des rois au monde moderne. Prenant l’exemple du Maroc, il a fait valoir que le roi se révèle dynamique et soucieux du développement de son pays, ajoutant « Le redéploiement industriel, le renouvellement des infrastructures du pays et la perspective de l’exploitation des énergies nouvelles au Maroc sont largement attribuées à l’initiative du Roi Mohamed VI de même que, sur le plan social, la réforme du statut de la femme et la protection des droits de l’homme par des institutions et des mécanismes nouveaux… a cette politique de développement économique et social spectaculaire et réel, s’ajoute une habile diplomatie en Afrique».

Inversement, Jean-Yves de Cara a souligné que l’histoire enseigne que « les États arabes, anciennement monarchiques, desquels les rois ont été chassés ont sombré dans le désordre ou la dictature et parfois les deux « , notamment en Libye et au Yémen.

Pour sa part, Charles Saint-Prot a analysé les facteurs identitaires que l’on retrouve dans les constitutions arabes, à commencer par l’arabité et l’Islam. Il a indiqué que « certains pays ont un plus solide héritage historique que d’autres, ils ont donc davantage su faire prévaloir un modèle plus spécifique. C’est le cas du Royaume du Maroc, constitué en État-nation depuis le IXe siècle. »

Concernant l’Islam, le directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques a exposé qu’il « faut souligner que plusieurs États s’opposent à tout rigorisme conduisant à l’immobilisme. Ils sont convaincus qu’il faut adopter une approche dynamique, en privilégiant l’effort d’interprétation (ijtihâd) auquel invite une bonne intelligence de l’Islam de la religion. Ainsi, un pays comme le Royaume du Maroc, où le Roi est Commandeur des croyants, s’inscrit résolument dans cette vision progressiste conformément à la tradition islamique de la réforme. »

Charles Saint-Prot, qui vient de publier un ouvrage sur le thème de « L’État-nation face à l’Europe des tribus » (éditions du Cerf) a également mis en garde contre l’une des principales menaces pour les États arabes : « Le morcellement, le communautarisme, le séparatisme, voilà bien le danger majeur pour les pays arabes : en Irak, en Syrie, au Liban, en Arabie saoudite, au Yémen, en Libye, en Algérie… Souvent il faut voir dans ces facteurs de dissolution, le jeu de puissances étrangères, celles qui veulent que le monde arabe reste faible. Mais pas seulement, il arrive que des États arabes prêtent eux-mêmes la main à ce jeu, par exemple le régime algérien qui entretient une agitation séparatiste au Sahara marocain. C’est une question essentielle puisque dans les pays arabes, comme partout, le défi majeur reste le renforcement de la solidarité et la préservation de l’unité nationale face aux risques de dissolution. »




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