La "hijabisation" massive, le foisonnement des barbes rehaussées de « Dinars de prière », l’"obscurantisation" forcenée des rapports sociétaux, tout cela n’a rien de politique au sens noble du vocable. 

Les hauts parleurs, montés sur des poussettes d’enfants chargées de CD coraniques, qui violent les tympans le long des artères des villes, cela aussi n’a rien de politique, au sens décrit ci-dessus. Tout comme les inscriptions coraniques sur les pare-brises arrière des véhicules ou encore les tonitruants « salamo3alikoum » à tout bout de champ. Non, vraiment rien de politique là-dedans. C’est l’ignorance jumelée à la rancune sociale. Et cette ignorance-là, cette rancune-là sont tout bénéfice pour les vrais détenteurs du pouvoir : les Puissants-Possédants !

Dieu, celui qui est justice et miséricorde, a été piteusement et lâchement métamorphosé en un Allah amateur de méchoui humain sur les kanouns des géhennes !

Je ne peux m’interdire de maudire, quant à moi, tous ceux qui nous opposent cet Allah apocryphe, tout de haine drapé, celui des ignares jihado-oummistes, des avorteurs systémiques et systématiques de nos aspirations modernitaires. Ceux qui tiennent mordicus au rétropédalage vers je ne sais quelle bédouine barbarie. Car, c’est de cela qu’il s’agit : faire capoter la concorde et l’intelligence entre humains. Au seul profit des marchands d'armes !

Cette affaire est, en vérité, autrement plus grave. Il s’agit pour moi de savoir au nom de quoi nos existences auraient, hic et nunc, à subir et supporter cette terreur religieusement marketée et tout de purisme empaquetée ? Pourquoi nos éminents intellectuels trouvent-ils rarement en eux, sinon l'urgente nécessité, du moins une pincée de courage, pour combattre cette escroquerie spirituelle qu'est l'islamisme exclusionniste, éminemment politique ? C’est à se demander quel Musulman dois-je être au sein d’un espace où se liguent les Puissants-possédants et les salafo-ignares contre la paix, la démocratie, la justice et le développement humain ?

Déjà au crépuscule du siècle dernier, dans son "Dictionnaire des groupes et des doctrines islamiques" ( Editions Dar al Afaq al Jadida, 1993), Ismaël Larbi a dénombré pas moins de 1.298 groupes (foroq, obédiences, sectes...etc.) et doctrines ayant existé tout au long du déroulement de l’expansion de l'islam sur notre planète.

Je répète ma question : "Quel Musulman dois-je donc être ?". Le "je" ici s'applique aussi au "nous".

Malgré ce soi-disant « printemps arabe », il en sera probablement longtemps ainsi dans ce capharnaüm idéologique schizoïde qu’est le Maghreb - a fortiori sur toute l'étendue de la galaxie musulmane, de Tanger au Sind - où toutes les audaces au registre de la loi seront, peut-être, un jour, permises. Mais, au registre de la foi, aucun doute ne sera jamais permis, institutionnellement, constitutionnellement, mentalement, sociologiquement, éthologiquement et éthiquement, avant des décennies, sinon des siècles. Du moins jusqu’au jour où, six pieds sous terre, il ne restera plus la moindre trace chimique de nos charpentes charnelles.

Comment tordre le cou alors à cet islamo-populisme, ce totalitarisme au burnous oummiste ? Comment endiguer l'islamocentrisme jihadiste, chaque jour de plus en plus haineux ? Comment lutter contre ce « bessif des consciences» qui broie toute velléité d’autonomie individuelle ? Qui oserait risquer les chefs d’inculpation de « renégat » ou – pire ! – d’ « apostat » là où le pouvoir politique a pu ou pourrait être investi par ces néo-Tatares, intellectuellement mongoliens et moralement indigents ?

Bénéficiant des salutaires jacqueries déclenchées à partir de la Tunisie, les Barbares de l’obscurantisme sont sortis de leurs repères golfiens ou occidentaux pour embrigader les colonnes de la haine. La mentalité du troupeau veillait à les y insérer sans regrets ni remords. « N’abandonne son groupe que Satan », dit l’adage marocain.

Voici donc rougis de sang le Tigre, l’Euphrate, le Nil, le Jourdain, voire même une bonne portion de notre pauvre Méditerranée ! Qu’y pouvons-nous ? Quand les Possédants et les Puissants, entre Golfe et Atlantique, comprendront-ils que « celui qui veut de tout s’accaparer finit par tout laisser » ? Car, quoi que l’on dise, l’islamo-jihadisme n’est que le benjamin de la fratrie qui compose la désespérance et qui compte en son sein l’ignorance, la misère et la haine de classe.

Durant la prochaine décennie, nous aurons à gérer le retour des combattants de Syrie, d'Irak, de Libye...comme nous eûmes à affronter les "Afghans".

Seule la démocratie, dûment jumelée à la justice sociale, peut transformer l’obscurantisme ravageur en épiphénomène. Mais cela a un prix : L'intensification du combat contre la boulimie des Puissants-Possédants. Tous les jours, partout, par tous les moyens pacifiques, jusqu'à l'instauration de règles de jeu équitables entre les gens de peu et leurs exploitants. Et pour cela, nul besoin de coup d'Etat, ni même du moindre coup d'état...d'âme !

 






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