A Palavas-les-Flots, Grenoble ou Marseille, les Français se disent «dégoûtés» par l’affaire Fillon, qui alimente le discours du «tous pourris» et la tentation du vote blanc ou FN.

Comment les Français réagissent-ils à l’affaire des emplois supposés fictifs de l’épouse de François Fillon, et quel sera l’impact sur leur vote ? Libération est allé à la rencontre d’habitants de Palavas-les-Flots (Hérault), Grenoble (Isère) et Marseille (Bouches-du-Rhône). Diagnostic : effet dévastateur.
A Palavas-les-Flots : «Les politiques, c’est Mobalpa»

«Pour moi basta, c’est fini, c’est mort. C’est un naufrage.» Elle comptait bien, pourtant, voter pour «Monsieur Propre». Mais là, la tourmente est trop forte, le scandale trop vaste. Bref, «c’est trop» pour Roseline, 65 ans : «On va se retrouver encore une fois à voter non pas pour notre candidat, mais contre celui ou celle qu’on ne veut pas…» Le long du port de plaisance de Palavas, le petit peuple qui arpente les étals du marché dit sa colère. Dans cette station balnéaire marquée à droite, voire très à droite (Jean-Marie Le Pen a fait ici son grand retour public il y a deux semaines à peine), François Fillon a réuni 77 % des suffrages au second tour de la primaire de la droite. Alors, inutile de dire que son «affaire» fait causer dans les allées… «On est dégoûtées ! On ne regarde même plus les informations !» s’exclament Nathalie et Marie-Jo en avalant une huître. «Nous maintenant c’est clair, on vote pour Marine.»Sébastien, jeune ostréiculteur, opine du chef : «On galère comme des cons pour gagner trois fois rien, et eux, ils se gavent.» A ses côtés, son père se désole : «Ces gens, ils sont prêts à n’importe quoi pour ramasser du pognon…» Rémi, lui aussi producteur de coquillages, résume son propos en quelques mots : «C’est parmi les politiques qu’il y a le plus d’escrocs.»


A La Maison du cochon, entre saucisses et jambonneaux, les clients se lâchent : «Ça devient dramatique. Ils ont tous des casseroles au cul et ils nous prennent tous pour des cons, disent Albane et Chantal, la cinquantaine. Du coup, on a envie de voter blanc. Ou Le Pen, histoire de mettre un coup de pied dans la termitière…» Laetitia, jeune buraliste, raconte que «les clients appellent nos hommes politiques "les cuisines Mobalpa", à cause de toutes leurs casseroles. Ils sont tous très friands des nouvelles affaires qui sortent. D’ailleurs, mercredi, on n’avait plus de Canard enchaîné dès 8 heures du matin.» Un employé municipal ramasse son journal et sa monnaie, l’air renfrogné. «Moi, je faisais partie des gens qui pensaient que Fillon était clean. On est nombreux à être sacrément déçus.»

Michel, 63 ans, explose : «Moi je suis de droite, et entièrement d’accord avec lui. Il a bien fait de prendre cet argent ! N’importe qui aurait fait pareil ! Vous ne l’auriez pas pris, vous, cet argent, hein ? Pour moi ça ne change rien.» Sa baguette sous le bras, Irène, 86 ans, continue à y croire : «Il n’a quand même pas tué père et mère, Fillon, il a juste fait travailler sa femme. Que ceux qui n’ont rien à se reprocher dans le gouvernement actuel lèvent la main ! Moi s’il se présente, je vote pour lui.»

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