Communication de Dr Charles Saint-Prot, directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques (Paris) au Forum international de Marrakech sur « les Enjeux stratégiques et nouveaux sanctuaires du terrorisme », lors de la séance plénière du 11 février 2017 sur « Le défi du contrôle des espaces frontaliers en Afrique » (extraits) :

« La question de la sécurisation des frontières est de première importance car elle est la condition de la stabilité sans laquelle il ne peut y avoir de développement. Il faut bien noter dans la région Sahélo-saharienne une prolifération des bandes extrémistes et de trafics divers : armes, mouvements de capitaux suspects, êtres humains, drogue des maffias latino-américaine, souvent en cheville avec des groupes terroristes et/ou séparatistes dont le Polisario qui est un important facteur d’instabilité régionale. A cet égard, il faut rappeler que le principe d’intangibilité des frontières tracées par la colonisation n’est évidemment pas opposable au Maroc qui est une nation millénaire. Le Maroc a donc été en droit d’opposer le seul principe opérant en l’espèce : le droit du retour à son intégrité territoriale, qui est un droit reconnu internationalement.

Il faut des États forts et déterminés. Quand les frontières sont sécurisées par un État volontaire doté d’une armée efficace la menace est moindre. On le voit bien dans le sud du Maroc, avec le mur de protection mis en place dans les années 1980 au Sahara marocain d’abord contre la menace militaire des troupes algériennes, cubaines et d’autres pays du bloc communiste, sous couvert d’une entité séparatiste fantoche. Ce mur et les efforts considérables de l’armée marocaine a permis de sécuriser la région.

Aujourd’hui la menace militaire s’est estompée du fait de l’effondrement du bloc communiste, mais le mur est un rempart puissant contre l’action des bandes terroristes et mafieuses à la frontière du sud marocain. Cette frontière bien sécurisée protège le Maroc et, il faut le souligner, l’Europe contre les flux des bandes terroristes et criminels.

En Afrique, il faut à la fois renforcer les États et mettre en place des coopérations concrètes. Chaque État ne peut se replier sur son pré carré puisque la menace est précisément collective. L’objectif consiste à trouver des solutions et resserrer les liens entre les divers appareils sécuritaires des États. Pour cela, il est nécessaire de s’appuyer sur l’expérience et le savoir-faire de pays leaders en la matière, comme le Maroc. Dans ce domaine, comme dans d’autres, le retour du Maroc au sein de l’Union africaine est donc une chance pour l’Afrique. »






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