Deuxième grand voisin, après la Mauritanie, à partager la plus longue frontière terrestre avec le Mali, l’Algérie a été au cœur de toutes les rébellions auxquelles le Mali a été confronté sans jamais y avoir trouvé de solution définitive.

Tous les Accords qui ont été signés de 1990 à nos jours ont porté le sceau du gouvernement algérien et pourtant la crise perdure toujours et de plus belle. Tout indique que pour des intérêts géostratégiques, l’Algérie fait moins d’efforts, en tout cas pas assez, pour que ces rébellions cycliques prennent fin et que le Mali recouvre la totalité de son territoire. Les rebelles seraient-ils ses pions ?

Au regard des énormes investissements économiques de son rival marocain, le Gouvernement malien ne peut-il pas adopter la politique de ses intérêts, comme la France, en tournant le dos au pays de Bouteflika, en sécurisant ses frontières avec la technologie du « mur de sables » construit au Sahara marocain avec la Mauritanie et l’Algérie, et privilégier ses relations avec le Royaume Chérifien ?

Les relations algéro-maliennes, tout comme celles maroco-maliennes sont vieilles de quelques décennies avec l’Algérie et plus de plusieurs siècles pour le Maroc. Pour rappel, le Maroc est présent au Mali depuis la fameuse invasion des Almoravides au 15ième Siècle, ce qui fait que la tendance musulmane majoritaire est d’obédience Malékite plus proche du Maroc.

Quant aux relations algéro-maliennes, en plus d’être deux pays voisins, il est à rappeler pour mémoire que le nord du Mali a servi de base arrière aux combattants algériens du FLN dans leur lutte pour la libération. L’actuel Président algérien Bouteflika a même longtemps séjourné à Gao et son premier passeport officiel serait malien. Malgré ces loyaux services rendus à l’Algérie au prix du sang malien, ce pays ne fait pas grand-chose pour aider le Mali, ni militairement encore moins économiquement à sortir de son cycle infernal de rébellions touaregs.

Nombreux sont les citoyens maliens qui pensent à une complicité de l’Algérie d’où le sentiment anti-algérien, un pays du reste absent du Mali, à part une ambassade à Bamako et un Consulat à Gao. L’Algérie qui est pourtant une puissance économique du continent après l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte, reste sourde aux souffrances du peuple malien. Seules, les régions de Kidal et Gao profiteraient des produits algériens.

Par contre, son grand rival, le Maroc, a bonne presse auprès des maliens, tant sur le plan économique que religieux. Rien qu’à en juger par les énormes investissements du royaume Chérifien dans les secteurs comme les Télécommunications, les Banques et Finances et la religion. Après la Lybie de Mouammar Kadhafi qui a investi dans la télévision malienne, l’Office du Niger, l’Hôtel de l’amitié, la cité administrative, la mosquée de Ségou, le dragage du lit du fleuve Niger à Tombouctou, Oil Libya et le complexe de la Bibliothèque Nationale, voici quelques-unes des sociétés dans lesquelles le Maroc intervient : la Sotelma-Malitel, la BDM-SA, la Bank of Afrika, la BIM ou Attijariwaffa Bank, Ozone-Mali et bientôt la Clinique Prénatale Mohamed VI de Sébénicoro. A cette liste non exhaustive, s’ajoute la formation de plus de 300 imams sur le rite malékite dont le dessein est d’apaiser l’intégrisme religieux dans notre pays. Après une première vague d’imams formés, voilà qu’une seconde est déjà en formation.

En définitive, malgré le soutien du Mali sous Moussa Traoré à l’Algérie de Chadli Bendjedid contre le Maroc dans son combat pour le Sahara marocain, malgré tous les honneurs faits aux leaders algériens au Mali, récemment un boulevard baptisé au nom du président Bouteflika, le Maroc est sans nul doute le pays qui a le plus aidé le Mali a amorcé son virage économique. Pour cette raison, pourquoi jouer la carte de l’Algérie quand elle se sert de la rébellion pour soumettre le Mali.

Le Maroc, notre allié sûr, doit nous aider à sécuriser nos 2 237 km de frontière avec la Mauritanie et nos 1.329 km avec l’Algérie. La technologie qui a permis au Maroc de construire le mur de sables construit avec le savoir-faire israélien sur financement de l’Arabie Saoudite et avec le soutien des États-Unis est la même qu’il faut au Mali pour sécuriser ses frontières avec ces deux voisins «belliqueux».

Youssouf Sissoko
lecombat.fr/






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