L’année 2016 fut le 50ème anniversaire de la commémoration des 50 ans de accords l’accord bilatéral sur le libre échanges de main d’œuvre entre la Belgique et le Maroc (signé le 17 février 1964).

Pendant l’année 2015, il y a eu beaucoup de Tam-tam au sujet du 50 éme anniversaire de l’immigration marocaine. Beaucoup de mes concitoyens, ignorant notre histoire, qui n’ont jamais lu l’accord bilatéral, qui ne savent pas qui l’ont signé, quand ils l’ont signé, quand est ce qu’il est entré en vigueur ni quand il a été publié dans le moniteur belge. Alors il y a une énorme confusion et amalgame entre l’histoire de l’immigration marocaine vers la Belgique qui date de plusieurs années avant l’accord bilatéral et qui survivra plus longtemps encore que cet accord comme ce fut le cas aux Pays-Bas quand ce pays a unilatéralement rompu définitivement l’accord sur la sécurité sociale Maroc-Pays-Bas après qu’un projet de loi approuvant la rupture de l’accord a été voté au Parlement néerlandais et a recueilli 91 voix pour et 56 contre, début de 2016.

Alors aujourd’hui, ceux qui faisaient beaucoup de Tam-tam en 2015, les excités, la nationalistes romantiques, les militants occasionnels et les béni oui-oui se sont tu et ils ont encore 50 années devant eux de repli pour refaire leur cinéma en 2056 lors du centième anniversaire de cet accord de honte.

Malgré que je suis heureux de vivre en Belgique je vous avoue que je ne suis pas du tout fier de cet accord, au contraire. Ma présence en Belgique n’a rien à voir avec ce prétendu accord comme c’est le cas de beaucoup de mes compatriotes. Pour les autres compatriotes, ce soit disant accord malsain a toujours eu deux côtés différents, divergeant et contradictoires.

Côté cour, il a permis à des milliers de citoyens marocains d’échapper au spectre du chômage et a créé en même temps un espoir d’une vie meilleure. Côté jardin, il a créé des milliers d’exilés, des milliers de séparations, de la douleur et de beaucoup de larmes, de pleurs et de contrariétés. Il a été la conséquence directe et néfaste pour plusieurs villages marocains de les vider de leur force de travail et a encouragé principalement le départ de personnes adultes qui travaillaient surtout la terre.

Le premier grand gagnant était l’État marocain (ainsi que les banques marocaines, Banque Chaabi & WafaTijariBank, et les promoteurs immobiliers) qui a opéré une opération d’une pierre deux coups. Se débarrasser d’un nombre croissant de chômeurs qui auraient pu apporter danger, troubles, agitations, soulèvement voir rébellion et révolte. Et, ces mêmes personnes inutiles auparavant deviennent par baguette magique des pourvoyeurs de devises pour approvisionner le Maroc de cette denrée rare dont il a toujours et encore un grand besoin.

Le second gagnant est l’État belge. Par le biais de cet accord il reçoit clé sur porte une force de travail active, prête d’emblée à s’investir dans l’industrie et l’économie belge sans pour autant avoir coûté un centime. Les Marocains, sans le savoir, devaient remplir encore deux rôles distincts mais nécessaires et complémentaires. Ils devaient rectifier la pyramide démographique, surtout en Wallonie et servir de pression sur les salaires des travailleurs et des ouvriers belges. Cette fois-ci c’est par le biais du regroupement familial, encouragé et subsidié, qui va permettre de rajeunir la population et garantir une procréation sur place.

Le candidat marocain à l’émigration était convaincu que son départ du Maroc était envisagé tout d’abord de manière provisoire, et qu’il retournera certainement chez lui après avoir économisé un petit capital pour faire le négoce ou pour travailler sa terre. Les années ont passé, le regroupement familial a eu lieu et le piège s’est refermé sur lui. Après la première décennie, voir la seconde décennie la pensée du provisoire commençait à s’amenuiser et le caractère définitif de son séjour est devenu de plus en plus évident qu’il est au moins d’une plus grande durée. Aujourd’hui, songer un éventuel retour au bled n’est plus de mise et, tous ceux qui l’ont fait, les pensionnés principalement, l’ont regretté et sont retourné vivre le reste de leur vie en Belgique.

Historiquement, l’immigration marocaine est une suite logique d’une immigration entamée après la seconde guerre mondial par les Italiens, puis par les Espagnoles, les Grecs, les européens de l’Est, les Portugais, les Marocains, les Turcs, les Algériens et les Tunisiens. Il y a aussi une petite minorité d’Égyptiens, de Syriens et de Libanais. Aujourd’hui nous avons été rejoints par les réfugiés politiques de plusieurs pays asiatiques en guerre et de plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne.

Dire que l’immigration marocaine a commencé en 1966 est faux. Notre histoire est un prolongement de l’immigration de toutes les nationalités qui nous ont précédé. Il faut rappeler à plusieurs citoyens que les Italiens ont vécu une période plus difficile que la notre. Les Italiens ont dû lutter avec acharnement pour arracher des droits. A notre tour nous avons profité des droits acquis par les Italiens et d’autre nationalités. Notre diaspora a pris le relais pendant des décennies et a aussi réalisé des prouesses dans plusieurs domaines, économiques, politiques et sociaux. Et ainsi nous avons aussi acquis d’autres droits que les Italiens n’ont pas pu réaliser. Aujourd’hui les Asiatiques, les Africains et les Latinos profitent de beaucoup de droits acquis grâce à notre lutte et combat syndicaux à la CSC et à la FGTB pendant des décennies de revendications.

Historiquement, notre diaspora a joué pleinement son rôle de relais pendant plusieurs décennies de défis, de travail de conscientisation, de mobilisation, de lutte contre le racisme, la xénophobie et l’islamophobie. Nous avons rempli convenablement notre responsabilité et notre devoir de militants actifs pendant cette période et nous avons semé les germes d’une vie associative aujourd’hui très riche et très diversifiée. Nous sommes très fiers d’avoir créé une jeunesse qui a pris la relève et porte encore le flambeau qui brille sur toute la Belgique et au-delà.

Finalement, aujourd’hui, grâce à la présence des diverses diasporas de par le monde, la Belgique terre d’accueil s’est enrichi de cette diversité ethnique, culturelle, culinaire, artistique, intellectuelle etc. Ainsi, notre pays d’accueil est devenu une grande mosaïque interculturelle, un vrai melting-pot de diversité prouvant ainsi notre ancrage dans la société belge dans un vivre ensemble harmonieux et dans une cohésion sociale équilibrée et cohérente.
Les citoyens d’origine marocaine en Belgique

Quelques notions pour rafraîchir la mémoire :
Aujourd’hui on estime le nombre de citoyens d’origine marocaine à +ou- 250 000 personnes
Les citoyen marocains non naturalisés +ou- 140 000
Les statistiques officielles ne tiennent pas compte des générations nées en Belgique

Le nombre de marocains clandestins ou sans papiers est difficile à estimer, entre 10 et 20 milles.

Selon les sources le nombre total des marocains et estimé à plus de +ou- 500 000 personnes, compris les naturalisés, les non naturalisés et les générations nées en Belgique.

La diaspora marocaine constitue la deuxième communauté étrangère en Belgique

Un petit aperçu historique :
Historiquement, le Maroc a toujours été un pays exportateur de main d’œuvre qualifié voir très qualifiés, instituteurs, professeurs, artisans, juges, juristes, imams, écrivains etc. Après le protectorat les Français ont interdit toute émigration des intellectuels marocains. Seulement et uniquement les travailleurs manuels non qualifiés ou les paysans pouvaient émigrer vers la France, l’Algérie ou l’Espagne pour travailler principalement la terre. Ce n’est qu’après l’indépendance du Maroc en 1956 que la migration vers les autres pays de l’Europe a pris un grand essor. Avec les golden sixties, le plein emploi a obligé plusieurs pays à chercher une main d’œuvre au Maroc. C’est ainsi que le Maroc a conclu des accords avec la Belgique, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas. En 1957, les tractations et des négociations ont commencé entre la Belgique et le Maroc pour engager 300 travailleurs marocains dans les mines de charbon. En 1963, Achille Honoré Van Acker 1(8:4/1898 – 10/7/1975) décide d’ouvrir un bureau de Fédéchar à Casablanca.


1 Dès la libération de la Belgique, en 1944, il fut le responsable de la relance de la production charbonnière indispensable au renouveau de la production énergétique pour soutenir l’effort de guerre de l’industrie belge. Il gagna ce que l’on appela la « bataille du charbon » et devint premier ministre du 11 février au 3 août1946 à la tête de trois gouvernements de coalition de composition différente.

Néanmoins il ne faut pas oublier que des milliers de soldats marocains ont participé aux deux guerres mondiales et ont laissé derrières eux des milliers de soldats tombés dans les champs de bataille à travers toute l’Europe. On a bâti un peu partout des cimetières pour soldats musulmans et le plus connu en ce qui nous concerne est celui de Gembloux. Des milliers de marocains ont participé à la guerre civile en Espagne. Une horde de marchands marocains les avaient suivi partout en Espagne pour leur procurer nourriture et produits halal. Après la fin de la guerre civile la garde républicaine et la garde personnelle de Franco était constituée principalement par des soldats marocains. A titre d’exemple, en 1930 il y avait en France 30 000 travailleurs marocains. Au même moment il y avait autant de marocains en Espagne. La présence des citoyens marocains sur le sol européen n’a jamais été rompu depuis au moins deux millénaires. Pour construire notre avenir il faut savoir où on se situe dans le temps et dans l’espace Notre histoire, incrustée auparavant à l’histoire du Maroc s’est arrimé depuis les années soixante à l’histoire de la Belgique. L’histoire est là pour nous rappeler qui nous étions, d’où nous venons, ainsi nous pouvons mieux avancer, préparer et décider de notre destin.
Histoire de l’immigration en France et en Belgique

I. Histoire de l’immigration en France
Il faut rafraîchir la mémoire de beaucoup de personnes atteintes d’amnésie ou d’ignorance. La Belgique comme la France est depuis belle lurette un pays d’émigration et d’immigration. Ci-dessous un aperçu historique jusqu’à la date de la fameuse Marche pour l’égalité et contre le racisme du 15 octobre 1983.

Première guerre mondiale

Comme la Belgique après la grande guerre, la France entre 1850 à 1900, a vécu une crise démographique, sa population a stagné et reculé. Conséquences, la France manquait de force de travail. Les pays limitrophes servaient de réserve de main d’œuvre, entre autres la Belgique.

1914 – 1918 :
Pendant la Première guerre mondiale, la France a recruté des milliers de travailleurs marocains, algériens et tunisiens. En 1930, le nombre de travailleurs marocains était estimé à environ 30.000 personnes.

1940 – 1945
La loi du 27 septembre 1940 concernant les travailleurs « étrangers en surnombre dans l’économie nationale » : l’étranger est soumis à une surveillance étroite et n’a plus le droit de libre circulation sur le territoire et ne bénéficie pas de la législation du travail.
1945 – 1974 :   
La régularisation a posteriori des étrangers arrivés dans le pays

1945 à 1955
2 novembre 1945 : 3 cartes de séjour sont instaurées (1, 3 et 10 ans) ; le regroupement familial encouragé dans une vision démographique. L’accès à la nationalité est libéralisé par une ordonnance du 18 octobre 1945.

1956 à 1972
L’immigration s’accélère avec la décolonisation et l’entrée en vigueur au 1er janvier 1958 du traité de Rome (instaurant le principe de libre circulation).

Les années 1960
Les golden sixties ont dopé l’immigration. Recrutement : italiens, espagnoles, portugaise. En 1963 et 1964 : marocains, tunisiens, algériens et sub-sahariens.

29 juillet 1968
Arrêt de régularisation pour les travailleurs non qualifiés. L’accord franco-algérien de décembre 1968 introduit un contingentement de travailleurs algériens en France.

23 février et 15 septembre 1972

Circulaires « Marcellin » liant l’autorisation de séjourner en France à la détention d’un emploi : la perte de l’emploi impliquant la perte de la carte de séjour.

19 mai 1974

Arrêt de toute nouvelle immigration. Encouragement à des retours volontaires des immigrés dans leur pays d’origine.

10 juillet 1975
La loi du 10 juillet permet aux travailleurs immigrés d’être élus comme représentants des salariés dans l’entreprise.

10 mai 1980
Marche nationale à Paris, à l’appel d’une dizaine d’organisations de soutien aux travailleurs étrangers en France du, PS, PSU, CFDT, LCR et la Ligue des Droits de l’Homme pour protester contre le projet de loi Stoléru concernant le renouvellement des cartes de séjour et de travail, contre le projet d’Ornano. Pour plus d’infos : https://goo.gl/8xznB2

7 juin 1980
Manifestations à Paris, Strasbourg, Bordeaux, Marseille contre la politique d’immigration du gouvernement, à l’appel de soixante-dix associations antiracistes, religieuses et familiales, de la CGT, la CFDT, la FEN, le PCF et du PSU.

15 octobre 1983
La Marche pour l’égalité et contre le racisme, surnommée par les médias Marche des beurs, est une marche antiraciste qui s’est déroulée en France du 15 octobre1983 au 3 décembre1983. Il s’agit de la première manifestation nationale du genre en France.
II. Histoire de l’immigration en Belgique

Ci-dessous, un aperçu historique de l’immigration en Belgique jusqu’à la date d’arrêt de l’immigration en 1974.

L’immigration au 19esiècle
La Belgique du 19e siècle est plus un pays d’émigration que d’immigration. En 1890, la Belgique compte moins de 3% d’étrangers, provenant essentiellement des pays frontaliers (France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg).

L’immigration ouvrière

Après la première guerre mondiale, l’immigration ouvrière débute véritablement. Les patrons de l’industrie organisent le recrutement d’une main-d’œuvre étrangère destinée à travailler dans les charbonnages et la métallurgie. Chaque fois les travailleurs viennent de contrées lointaines, tout d’abord de France, de Pologne, d’Italie et puis du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. Au début cette immigration se concentre surtout dans les zones industrielles wallonnes.

L’économie belge a toujours été cadencée entre crise et croissance. En temps de crise les ouvriers étrangers se retrouvent au chômage et certains sont même renvoyés dans leur pays. En 1936 la Belgique instaure l’obligation du permis de travail.

A partir de 1950, l’économique Belge est en plein croissance et manque de main-d’œuvre. Les pays de recrutement s’éloignent et se multiplient. D’autres secteurs exigent leur part de biceps. (métallurgie, bâtiment, horeca, services etc.). La Belgique signe plusieurs accords avec : Espagne : 1956, Grèce :1957, Maroc et Turquie : 1964, Tunisie :1969, Algérie et Yougoslavie : 1970).
Les Golden Sixties ou l’âge d’or de l’immigration dans les années 1960
L’accord bilatéral Belgique Maroc ne sera pas publié au Moniteur ainsi que d’autres conventions avant 1977. En 1973, lors d’une affaire d’expulsion d’enfants marocains en séjour illégal en Belgique, le ministre de la justice découvrira que rien n’a été publié par crainte de voir les enchères grimper. Donc la période avant 1974 l’effet de l’accord était quasiment nul.

En 1968 d’autres accords compléteront la convention, notamment en matière de sécurité sociale, pour régler des problèmes pratiques, et concernant le versement des allocations familiales pour les enfants restés au pays

Le recrutement à partir de 1964 Une vaste campagne est organisée dans le pays. Des bureaux de recrutement sont mis sur pied dans les principaux centres.

Une brochure «Vivre et travailler en Belgique» vantant les avantages en matière de conditions de travail et de vie quotidienne : vous, qui venez d’arriver en Belgique pour y vivre et y travailler

Ceux qui arrivent en Belgique grâce à un simple permis de sortir du pays délivré par les autorités marocaines sont tenus de régulariser leur situation s’ils restent.

Peu de travailleurs sont arrivés en Belgique par la voie officielle de recrutement. Ainsi, pour le Ministère marocain du travail, il n’y avait que 3 457 enregistrements pour la Belgique.

Arrivés spontanément, en touriste, à une époque où on transgresse la réglementation du travail, il leur faut cependant satisfaire à un examen médical. Ils doivent trouver du travail et puis régulariser leur situation.

En 1966-1967, le Ministre de l’emploi et du travail n’accorde plus de permis de travail pour les mineurs de fonds car le secteur des mines est en crise.

En 1967 une nouvelle législation ferme l’emploi à l’immigration mais permet aux épouses et aux enfants des travailleurs migrants résidant sous le même toit de bénéficier d’un permis de travail constituant un nouveau potentiel de main-d’œuvre.

En 1968 est proclamé l’arrêt du recrutement officiel des Marocains. 8 août 1974 : arrêt de l’immigration. En raison de la crise économique le gouvernement belge décide d’arrêter l’immigration de main d’œuvre non qualifiée et de régulariser 10 000 travailleurs clandestins.

Dans les années 1970, on assiste une vague migratoire d’étudiants et d’opposants au régime d’Hassan II. Ce sont ces migrants qui vont jouer un rôle dans l’organisation de l’immigration marocaine

1974 La fin de l’immigration de travail
Voici un bref résumé des événements de l’année 1974. Une année charnière dans l’histoire de notre migration. En 1974, après la première grande crise pétrolière, l’État belge met fin au recrutement de main-d’œuvre étrangère. Le permis de travail n’est accordé qu’aux étrangers ayant des qualifications non disponibles dans le pays. Pourtant, le nombre d’immigrés ne ralentit pas, surtout en provenance du Maroc et de la Turquie. En réalité la Belgique n’a jamais stoppé l’immigration mais seulement un peu freiné. En tout cas, la législation en matière de regroupement familial, le statut d’étudiant étranger et le droit d’asile ont permis le maintien de ce flux migratoire.

Le choc pétrolier
Le premier choc pétrolier est une crise mondiale des prix du pétrole qui débute en 1971. La déclaration d’embargo de l’OPEP a accéléré encore plus la hausse de prix du baril dans le contexte de la guerre des six jours. En un an, le prix du baril passe d’environ 3 à 12 dollars. Les effets du « Premier choc pétrolier » se feront sentir jusqu’en 1978. Surtout en Belgique, le cadeau de la Belgique à l’Arabie Saoudite sentait le pétrole. Il s’agit du cinquantenaire qui a été offert et qui sert en tant que Centre Culturel et Islamique pour la « Rabita » ou « Ligue islamique mondiale ». Voir Wikipédia https://goo.gl/dquexf

Régularisation
Le 1er août 1974, le gouvernement décide de limiter strictement les nouvelles entrées aux qualifications non disponibles dans le pays. Cette décision s’accompagne d’une politique de régularisation des étrangers séjournant clandestinement en Belgique. 9000 étrangers vont y bénéficier. Cette régularisation a été organisée grâce à l’action des syndicats CSC et FGTB et principalement par des organisations marocaines.

Reconnaissance de la religion islamique

19 juillet 1974, l’État belge reconnaissait l’Islam comme religion officielle. Auparavant, en 1967, le roi Baudouin avait remis les clés de la mosquée du Cinquantenaire au roi Fayçal d’Arabie Saoudite. Cette reconnaissance a permis au culte musulman d’accéder au financement de l’Etat et d’organiser un cours de religion islamique dans les écoles publiques (circulaire demandant aux établissement scolaires d’organiser un cours de religion islamique pour l’année scolaire 1975-1976. D’après l’Arrêté Royal de 1978 le Centre Culturel et Islamique de Bruxelles nomme des enseignants de religion islamique.

1982, le Centre sera reconnu officiellement comme étant le seul organisme habilité à proposer des désignations d’enseignants.

1990, un « Conseil provisoire des Sages pour l’organisation du culte islamique en Belgique » est constitué et reprendra le rôle d’interlocuteur de l’État. Il sera également chargé de désigner des enseignants.

1993 un Exécutif provisoire sera constitué et reprendra à son tour les prérogatives du Conseil provisoire des Sages.

1999 l’Exécutif des Musulmans de Belgique, issu des élections de 1998 et reconnu par un Arrêté Royal, en tant qu’organe chef culte. Cette nouvelle institution assure le processus de nomination et de désignation des professeurs, des maîtres de religion islamique, des imams et de la reconnaissance des mosquées.

Naturalisation
En 1984, la nationalité est accordée aux enfants de couple mixte et, en 1991, aux enfants de la « troisième génération ». La première loi permet la naturalisation de 75.000 enfants (dont 1/3 étaient Italiens) et la seconde concernerait entre 25 et 40.000 personnes. Depuis 2001, tout étranger résidant légalement depuis 7 ans sur le territoire peut acquérir la nationalité belge ; faisant ainsi de la Belgique l’un des pays les plus ouverts à la naturalisation des étrangers.

Pour plus d’infos je vous suggère le rapport de l’OCDE : https://goo.gl/Uvw7IC

Vie associative
Depuis notre installation en Belgique, pratiquement tous les militants et toutes les organisations marocaines étaient tournées vers le Maroc. L’arrêt de l’immigration fut pour nous une rupture dans notre histoire. C’était vraiment le déclic qui nous a poussé à une réflexion approfondie sur notre présence en Belgique. C’est à ce moment là que nous avons pris conscience que notre séjour en Belgique ne sera en aucun cas provisoire mais de longue durée voir définitif. C’est ce qui nous a poussé à tourner notre attention et notre travail vers la Belgique et commencer à défendre nos intérêts ici dans notre pays d’accueil. C’est aussi le moment qu’on s’est rendu compte que grâce au regroupement familial qu’il y avait déjà parmi nous une nouvelle génération issue de notre immigration, qui n’a pas émigré mais née en Belgique. Finalement nous nous sommes rendu compte que les Italiens et d’autres nationalités, arrivés en Belgique en 1946 sont toujours là et que notre présence en Belgique sera sans aucun doute permanente et définitive.

Dans les années 1980, on a encouragé le retour des chômeurs migrants mais cette opération a connu peu de succès.

En 1984, la réforme du code de la nationalité attribue automatiquement la nationalité belge aux individus nés en Belgique, âgés de moins de 18 ans et dont l’un des deux parents est également né en Belgique et y a eu sa résidence au moins cinq ans au cours des 10 dernières années qui ont précédé à la naissance.

 
Sarie Abdeslam

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