Datant du 27 juin 2009 et publié dans "Maghreb Observateur" Canada, l'article de Aziz Saret, président de l'Association Mondiale des Marocains de l’Étranger (AMOME), intitulé "Dignement marocain", et reproduit ci-après dans la rubrique "Dakira", est un hymne à la marocanité des citoyens marocains établis à l'étranger, qui renvoie non seulement à des devoirs et obligations, mais aussi à des droits, en particulier au plan politique et civique par rapport au Maroc.

Il répond par avance à l'article de Driss Ajblali, reproduit dans "Dakira" du lundi 6 février 2017 sous le titre " le Souverain, les réformes et l'histoire", en date du 31 janvier 2009. La comparaison entre les deux articles, datant pratiquement de la même période, est très instructive (A Belguendouz).

Ci-dessous, l'article de Aziz Saret :

Dignement marocain
En ce début de vacances d'été 2009, comme à pareille saison de chaque année, des centaines de milliers de marocaines et marocains du monde, s'apprêtent, avec la même joie et la même émotion, en dépit d'une conjoncture économique difficile et malgré la fragilité des conditions matérielles de beaucoup d'entre eux, à prendre la direction de leur pays d'origine, le chemin de la terre de leurs ancêtres ; le Maroc éternel.

Et que l'on ne se trompe pas, il ne s'agit pas d'un voyage de vacances, programmé et réparti entre repos et divertissements. Ici, il s'agit, bel et bien, d'un ''pèlerinage'' avec son '' rituel'', sa ''sacralité'', ses ''processions'', ses moments et lieux de mémoire et de recueillement et toute sa '' spiritualité''.

Le retour de cette année coïncidera avec un événement majeur que le Maroc ne manquera pas de célébrer avec le faste et la tradition qui font sa renommée. En effet, le 30 juillet 2009, le Maroc commémora le dixième anniversaire de l'intronisation de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, chef de l'état et chef religieux commandeur des croyants, dix-septième monarque d'une monarchie plusieurs fois séculaire, septième dynastie régnante depuis 1660 à qui le Maroc et les marocains doivent énormément.

Rappelons, à titre d'exemple, la fin du protectorat et le recouvrement de l'indépendance sous l'égide du feu Mohamed V. L'édification d'un état moderne stable, un rang dans le concert des nations et une grande présence sur la scène internationale enviés par beaucoup,'' la marche verte'', la récupération du Sahara et '' l'alternance consensuelle'' menée de main de maitre et brillamment réussie par feu Hassan II. Et aujourd'hui, sous l'autorité de Mohammed VI, la transition démocratique avec la '' monarchie citoyenne'' comme prochaine étape.

Le sens de notre propos n'est pas de passer sous silence les moments difficiles de notre histoire, où le Maroc, basculant dans la nuit du despotisme, connut les pires violations des droits de l'homme, le pouvoir absolu et l'arbitraire comme système de gouvernement , le degré zéro en matière de liberté d'expression et de liberté tout court, sans parler des échecs répétés en matière de développement humain et de promotion sociale soldé par le fiasco des politiques publiques.

Mais parce que, tout simplement et très sereinement, nous sommes profondément convaincus que l'adhésion totale au projet de Mohamed VI, pour l'édification d'une ''monarchie citoyenne'', est un devoir national, un impératif démocratique et un moment de communion et d'espérance pour notre pays. Et parce que, d'autres parts, nous devons méditer l'exemple édifiant de tous ces authentiques démocrates et progressistes qui, à un moment critique et décisif de notre histoire, ont su placer les intérêts supérieurs du Maroc au -dessus des intérêts partisans et calculs politiciens.

Le postulat royal d'une'' monarchie citoyenne'', une fois posé, on ne tarda pas à mettre en place, malgré les lacunes, les insuffisances et l'esprit sectaire de certains, toute une panoplie de mesures, de réformes et d'initiatives proposant des solutions et des réponses courageuses aux questions qui ne cessaient d'interpeler la conscience de notre pays. Ainsi verra le jour le rapport ''équité et réconciliation'', '' le code de la famille'', la reconnaissance de la langue et la culture Amazighe avec ''l'IRCAM'', '' Diwan al madhalim '', la ''Haute autorité de la communication audiovisuelle'', la fondation Mohamed V pour la solidarité, le ''CORCAS'', le projet d'autonomie pour nos provinces du sud, l'INDH etc.

Le discours royal du 6 novembre 2005, sur la ''représentation'' et la participation politique des marocains du monde, constitue un évènement majeur du règne de Mohamed VI et un moment singulier dans l'histoire des relations des ''MRE'' avec leur souverain et leur pays d'origine. Il scella, de la manière la plus solennelle, la convergence entre les attentes et les revendications légitimes et démocratiques des ''MRE'' et la sollicitude royale, jamais démentie, à leurs égards. Ce que les marocains du monde n'ont pas manqué de saluer et d'apprécier avec enthousiasme et satisfaction.

Mais c'était sous-estimer tous ceux qui, consciemment ou inconsciemment, ayant fait peu de cas de l'impact et du sens moral et politique du geste royal, n'ont pas su l'apprécier à sa juste valeur.

C'était, surtout, sans compter avec, ceux qui, élevés dans la ''culture'' du complot et rompus aux réflexes de la ''conspiration'', s'organisaient dans l'obscurité de la ''conjuration'' pour faire échouer le projet royal, s'autoproclamer représentants et portes paroles des ''MRE'' et installer leurs candidat à la nouvelle ''résidence générale''.

Une coalition de pseudo-démocrates, de faux-progressistes, de réformateurs de salon, de médiocres technocrates et d'experts perpétuellement congédiés, continuent, jusqu' aujourd'hui, au frais du contribuable marocain, leurs sale besogne et basses manœuvres, ayant pour seul et ultime but de mentir, encore une nouvelle fois, au souverain et abuser de sa confiance et de sa bienveillance.

Avons-nous changé de régime ou de constitution pour qu'une décision royale soit ouvertement critiquée et honteusement sabotée.

Avons-nous changé d'état ou d'institutions pour qu'un obscur expert, viscéralement opposé au discours royal du 6 novembre 2005, membre très écouté du CCDH et gourou du CCME et de son président, se permette de déclarer qu'il est là pour corriger les erreurs du discours royal du 6 novembre 2005.

Cela prête à croire que le dossier '' MRE'' est confié à quelques mystérieuses officines qui agissent et opèrent sans scrupules, sans éthique, affranchies de toute obligation de rendre compte à quiconque.

Qui sont ces gens qui continuent de'' détourner'' la volonté royale, de ruser avec les décisions du souverain, abuser de sa générosité et de sa sollicitude et qui osent prétendre corriger les erreurs d'un discours historique. Quelle est leur légitimité, leur crédibilité, leur représentativité, leur prochain projet de ''complot'' et leur ultime but.

Ont-ils, pour autant, accompli leur sale besogne qui prémédite de réduire les ''MRE'' à une sorte de marocains de seconde zone de moindre importance que les touristes et les étrangers ?

Ont -Ils réussi à faire de notre communauté '' LES HARKIS DU MAROC '' ET '' LA COMMUNAUTE D'AL HOGRA '' ?

Aujourd'hui, ''les mercenaires des intérêts personnels'' qui n'ont jamais hésité à poignarder le Maroc dans le dos, qui n'ont jamais fait flotter le drapeau marocain et qui n'ont jamais envoyé le petit centime au Maroc viennent disserter sur ce qui est la négation de toute leur existence. Caprices de l'histoire !

Et s'ils opèrent, aujourd'hui une pseudo- conversion, tardive et douteuse, c'est pour se servir du Maroc faute de vouloir le servir.

Osons parier sur la sagesse et le sens de l'intérêt général de nos différents responsables et acteurs politiques pour venir à bout des différentes oppositions et réticences et se hisser, loyalement et de bonne foi cette fois-ci, au niveau des décisions royales annoncées dans le discours du 6 novembre 2005. C'est seulement à ce prix là et en faisant ce pas que nous aurons mis fin à cette HOGRA qui n'a que trop duré et rendu hommage aux marocains du monde, pour les sacrifices et les services qu'aucune autre communauté au monde ne peut prétendre avoir rendu à son pays d'origine.

A l'unisson avec la vision royale, au service du Maroc éternel que nous chérissons jusqu'à l'idolâtrie. En communion totale avec notre souverain Mohammed VI, derrière lui pour parachever la démocratisation de notre pays et la modernisation de notre société, l'accompagnant de nos ardentes prières et de nos meilleurs vœux, l'entourant de notre respect et de notre affection ; nous, marocains du monde, nous ne déserterons pas, nous ne décevrons jamais.

Pour nous, monarchistes et démocrates, être marocain est plus qu'une nationalité, beaucoup plus qu'une citoyenneté, être marocain est une dignité, et cette dignité-là exige et mérite nos sacrifices.

Abdelaziz Saret
Bruxelles, 27 juin 23009





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