Dans l'article publié hier lundi 6 février 2017, Driss Ajbali, ex- numéro 3 du CCME, prétendait que les consultations préparatoires à l'avis consultatif de l'ex-CNDH relatif à la création du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), étaient dès le départ, des consultations ouvertes, démocratiques et transparentes.

Le témoignage de l'AMOME, dirigée à partir de Bruxelles par Aziz Saret, apporte un premier démenti cinglant, en montrant que dès le début, on observait un parti-pris et une partialité flagrante de la part des responsables de l'ex-CNDH et de ceux qui vont être ses consultants contractuels (Driss El Yazami et Driss Ajbali) pour préparer l'avis consultatif concernant le futur CCME (A. Belguendouz).

MANIFESTE
PARTIALITE DU CONSEIL CONSULTATIF DES DROITS DE L’HOMME
Alliance Mondiale des Marocains de l’Étranger
Secrétariat International
Bruxelles, 22 novembre 2006

L’Alliance Mondiale des Marocains de l’Étranger (AMOME) salue le discours de sa Majesté le Roi Mohammed VI du 6 novembre 2006 et la sollicitude avec laquelle il entoure la Communauté Marocaine résidant à l’étranger et la place qu’il lui accorde parmi les grands dossiers de la Nation au même titre que notre Cause Nationale, le Sahara marocain.

L’AMOME se réjouit de la décision de la mise en place d’un Conseil Supérieur des Marocains résidant à l’étranger. Elle constate néanmoins un certain nombre de contradictions avec les orientations et les directives royales selon lesquelles la mission du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme consiste à « mener de larges consultations avec toutes les parties concernées en vue d'émettre un avis consultatif concernant la création de ce nouveau Conseil, qui se doit d'allier, dans sa composition, les exigences de compétence, de représentativité, d'efficacité et de crédibilité ».

Nous constatons avec regret que le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme ait choisi son camp en établissant des relations privilégiées et en parrainant certains membres de la Communauté marocaine à l’étranger, et n’hésite pas à mener une « campagne électorale » anticipée en leur faveur.

Nous dénonçons la partialité et l’absence de transparence ainsi que le parti pris dans le financement d’une conférence organisée par les poulains du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, qui se déroulera au Maroc les 8, 9 et 10 décembre 2006. Une information qui par ailleurs circulait dans la presse avant le discours de sa Majesté.

Il s’agit là d’un acte discriminatoire dont est victime l’ensemble du monde associatif de notre communauté. Les principes de neutralité et de pluralisme sont bafoués.

Par ailleurs, le Conseil Supérieur des Marocains de l’étranger qui est une affaire souverainement maroco-marocaine ne saurait souffrir aucune ingérence étrangère.

Nous n’avons pas attendu la permission, l’avis favorable ou le patronage d’une quelconque ONG européenne, réseau euro-méditerranéen, asiatique ou autre, pour manifester notre attachement à la marocanité du Sahara et pour soutenir les réformes courageuses et profondes entreprises par sa Majesté ; pour choisir consciencieusement et librement notre camp, celui de la démocratie et du développement, de l’émancipation de la femme, de la protection des droits de l’enfant, de l’élargissement des espaces de liberté, de la lutte contre la corruption et la réforme de la justice, de la moralisation de la vie publique et politique et pour une presse libre et responsable.

Contrairement à certains qui se découvrent soudainement des titres et une vocation à défendre les intérêts de la communauté alors qu’ils se complaisaient dans une situation confortable et rentable financièrement auprès de quelques instances et bailleurs de fonds étrangers.

Le 6 novembre 2005, sa Majesté le Roi Mohammed VI prononçait un discours historique qui s’inscrivait dans une logique démocratique à l’égard de la Communauté Marocaine résidant à l’étranger. Un discours clair et sans équivoque qui constitue et constituera pour la Communauté Marocaine résidant à l’étranger, la feuille de route et le cahier des charges en matière de participation politique, à savoir la participation des Marocains du monde aux élections législatives marocaines dans des circonscriptions électorales dans les pays de résidence et la création du Conseil Supérieur des Marocains de l’Étranger.

L’Alliance Mondiale des Marocains de l’Étranger constate avec amertume que le gouvernement et les partis de la majorité qui le soutiennent n’ont pas été à la hauteur des sollicitudes royales. Ils se sont ingéniés à puiser dans la démagogie et les petits calculs politiciens et électoralistes, et ont confectionné des pseudo-raisons et motivations incohérentes pour réduire à néant les perspectives et les espoirs annoncés par sa Majesté le Roi dans son discours du 6 novembre 2005.

Le gouvernement et les partis de la majorité portent par conséquent la responsabilité historique d’avoir contribué, plus que tout autre gouvernement, à laisser la Communauté Marocaine résidant à l’étranger se sentir réduite et maintenue dans un statut de « communauté de devisards », « d’esclaves » et de « dhimmis » des temps modernes, dépossédés de leurs droits civiques légitimes et déchus de leurs citoyenneté inscrite par ailleurs dans la constitution marocaine.

C’est donc avec force et détermination que nous revendiquons l’espace politique qui nous revient de droit en tant que membres à part entière de la Nation Marocaine.

Nous réitérons notre plein attachement « à la préservation de notre identité culturelle et religieuse, authentiquement marocaine » et notre attachement aux institutions telles que définies dans la constitution.

Dès lors, et conformément à l’article 19 de la constitution, nous sollicitons l’arbitrage et l’intervention de sa Majesté pour corriger les dérives du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme.

Plus que jamais, l’AMOME réitère ses positions :

1 – Le droit de vote et d’éligibilité à la Première Chambre doit être corroboré de la participation des Marocains du monde aux élections législatives marocaines dans des circonscriptions électorales dans les pays de résidence.

2 - Le Conseil Supérieur des Marocains de l’Étranger doit être un organe indépendant de toute instance politique et directement lié à sa Majesté le Roi, qui en assure la présidence.

3 – L’option démocratique de Sa Majesté, question nationale majeure, doit être traitée par le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme selon une démarche consultative et inclusive, fondée sur la mise à contribution de toutes les parties concernées, telle qu’explicitée dans le discours royal du 6 novembre 2006.

4 - Le traitement de la Communauté Marocaine résidant à l’étranger doit se faire avec le même intérêt que la question du Sahara marocain.

5 – L’AMOME demande la création d’un Ministère d’État « de souveraineté » chargé des Marocains du Monde doté de larges compétences, de moyens adéquats et tenant compte de nos spécificités.

6 – Lors de la prochaine révision de la constitution, il devra être expressément fait référence aux Marocains du Monde.

***********************
Ici le lien du communiqué de l'AMOME
alliance-amome


0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top