Depuis quelques jours, des bandes du Polisario soutenu par l’Algérie attaquent des chauffeurs de camions sur la route qui mène du poste frontalier de Guerguerat, au Sahara marocain, à la Mauritanie.

Il s’agit de semer le désordre et de tenter de perturber l’important trafic routier qui, via le poste Guergerat, relie l’Afrique, le Maroc et l’Europe. C’est un important lieu de transit, avec plus de 200 000 passages par an, capital pour les échanges avec l’Afrique sub-saharienne. C’est un grand axe de transit des marchandises. Tout ce qui transite par Guerguerat a vocation à aller jusqu’à Tanger puis l’Europe. On peut penser qu’Alger manipule le Polisario pour punir l’Afrique d’avoir procédé au retour du Maroc au sein de l’Union africaine. Voici le contexte, c’est une provocation pure et simple du Polisario et de ses sponsors dont les premières victimes sont les Africains.

Le 24 février dernier, le roi du Maroc s'est entretenu par téléphone avec le Secrétaire général de l'ONU. Le souverain a fait part à Antonio Guterres de son inquiétude quant aux mouvements de troupes de membres des bandes du Front Polisario dans le « no man's land » situé aux confins de la Mauritanie et du Sahara marocain. Selon le Maroc, l'ONU doit intervenir à travers sa force d'observation la MINURSO dont l’objet est de faire respecter le cessez-le-feu en vigueur depuis 26 ans.

Dès le 25 février, le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a donné raison à la protestation marocaine et il a constaté à la gravité de la situation dans la région du sud de Guerguerat. Antonio Guterres a affirmé que « le trafic commercial régulier ne doit pas être entravé et qu'aucune mesure pouvant éventuellement perturber le statu quo dans la zone tampon ne doit être prise ». À ce sujet, le Secrétaire général demandé aux parties de retirer sans condition tous les éléments armés de la zone tampon ».

De facto, c’est une condamnation des agissements et des provocatins du Polisario dans la région de Guerguerat par le Secrétaire général de l’ONU.

Le Maroc a pris note de la déclaration du Secrétaire Général de l'ONU. Le Royaume estime que les recommandations et les appréciations du Secrétaire Général sont conformes à la légalité internationale. Dans ces conditions, le Royaume du Maroc procèdera à un retrait unilatéral de la zone.

Il appartiendra à l’ONU de faire en sorte que le Polisario fasse de même et cesse ses provocations qui compromettent la bonne fluidité du trafic international et la stabilité régionale. L’Onu doit accomplir sa mission et faire respecter le cessez-le-feu dans la zone tampon IL appartient à l’organisation internationale de faire cesser les provocations du Polisario qui démontre une fois de plus qu’il est un élément de désordre et de perturbation qui compromet la stabilité régionale.

Charles Saint-Prot est directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques (www.etudes-geopolitiques.com). Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les nationalismes, dont La pensée française (L’Age d’homme, 2002), Le Mouvement national arabe ou encore Émergence et maturation du nationalisme arabe de la Nahda au Baas (éditions Ellipses, 2013). Deux nouveaux ouvrages sont à paraître dans un avenir proche, L’État-nation contre l’Europe des tribus (à paraitre aux éditions du Cerf) et Histoire du nationalisme arabe. 









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