Aujourd’hui il y a en Belgique trois catégories de citoyens d’origine marocaine :
  • Les citoyens d’origine marocaine naturalisés et les nouvelles générations qui acquièrent automatiquement la nationalité belge
  • Les Marocains non naturalisés
  • Les Marocains clandestins ou vivant dans la clandestinité ou sans papiers
En tout cas, les citoyens d’origine marocaine en Belgique, toutes catégories confondues, constituent la première communauté d’origine étrangère (Non UE) en Belgique. Il y a ceux qui disent qu’ils sont plus de 550.000, d’autres avancent le chiffre de 350.000. Par rapport à la Belgique, seulement et uniquement ceux qui ont encore la nationalité marocaine sont considérés théoriquement comme Marocains de Belgique. Pour les naturalisés, ça se complique et ça demande une étude à part.

Donner un chiffre exact de la communauté d’origine marocaine devient de plus en plus difficile à cause justement de la naturalisation et à cause d’absence de définition exacte de l’appartenance ou non à la communauté marocaine ou communauté d’origine marocaine.

A titre d’exemple, en 1960, il y avait en tout pour tout 460 Marocains en Belgique. 10 ans plus tard, en 1970 le nombre de Marocains a atteint à 39 300 âmes. On remarque le même phénomène en France et en Hollande, mais ça c’est une autre histoire.

Pour moi, il est important de faire le détour de l’histoire de l’immigration marocaine et de son évolution sociétale pour mieux appréhender tous les malentendus qui enveniment plus ou moins nos relations avec les autorités marocaines d’un côté et avec les autorités et la société belges de l’autre.

En 1964 le gouvernement marocain va signer un accord bilatéral avec la Belgique en vue de faciliter la migration et la mise au travail des ouvriers marocains. Tout au début, des bureaux de recrutement s’installent au Maroc. Des contingents sont recrutés et dirigés vers les mines de charbon. La Wallonie fut la première région d’accueil en raison du développement de l’industrie lourde et de la sidérurgie. Puis, Bruxelles devient un pôle d’attraction économique pour les travailleurs marocains. Ensuite la Flandre a exigé sa part des biceps marocains. Cela n’a pas duré longtemps qu’on a préféré recruter les travailleurs marocains sur place en Belgique et régulariser après. Grosso modo la répartition faite vers la fin des années 60 va pratiquement être pérennisée. Moitié des Marocains vont rester à Bruxelles, 32% en Flandre et 18% en Wallonie.

Évolution du chiffre de la population marocaine en Belgique
Si la population marocaine a connu un accroissement important et fulgurant, à travers le regroupement familial la répartition et le dispatching va respecter cette partition entre les trois régions belges.

Année Nombre de marocains
  • 1960 461
  • 1970 39294
  • 1981 105133
  • 1991 142098
  • 1996 140303
Année   Bruxelles   Flandres    Wallonie
1970     21852          11191         6251
1981     57874          30135        17124
1991     77409          42728        21961
1996     74070          45828        20405

Ce qu’il ne faut pas oublier c’est que la Belgique avait déjà auparavant fait appel à d’autres nationalités pour le recrutement massif de travailleurs principalement pour les charbonnages.

Après la catastrophe de Marcinelle en 1956, l’État italien a arrêté net l’envoi de ses ressortissants dans les charbonnages belges. Au lieu d’investir dans la sécurité des mines de charbon, la Belgique et Fedechar vont se tourner successivement vers l’Espagne (1956) et vers la Grèce en 1957.

Entre temps, le rapport Sauvy a mis en relief le vieillissement de la population belge surtout en Wallonie. Alors, dorénavant l’immigration aura une double mission. Remplacer la carence de main d’œuvre et assurer le rajeunissement de la population belge.

Le temps presse et le temps passe. Vite, des mesures sont prises afin d’organiser l’immigration pour sauver la pyramide qui risquait de s’écrouler. Nous sommes vers la fin des années cinquante et c’est le tour des Marocains.

A ce moment-là, beaucoup de Marocains travaillaient dans les charbonnages du Nord de la France. Pour information, en 1930 plus de 30.000 travailleurs marocains vivaient et travaillaient en France. Pour des raisons politiques et économiques, la France était prête de céder à la Belgique un nombre de marocains mineurs de fond. C’est en 1957 que les autorités marocaines vont prendre la relève et discuter directement avec les autorités belges pour faciliter l’envoi des Marocains dans les mines. Alors, plusieurs groupes de travailleurs marocains vont venir soit directement du Maroc soit de la France pour s’installer et travailler en Belgique.

Signature des accords bilatéraux de pays non UE avec la Belgique :
  • Le 16 juillet 1964, Belgique Turquie.
  • Le 17 août 1964, Belgique Maroc.
  • En 1969, Belgique Tunisie,
  • en 1970, Belgique Algérie.
En résumé l’accord bilatéral entre la Belgique et le Maroc dit : le Royaume du Maroc doit faciliter les démarches administratives au citoyen marocain qui veut émigrer vers la Belgique et la Belgique s’engage de son côté à faciliter la mise au travail et l’installation de l’ouvrier marocain. C’est dans ce cadre que nous puisons la base juridique de notre présence en Belgique. Il faut seulement rappeler que, cet accord bilatéral qui nous concerne spécifiquement ne parle ni de la formation ni du chômage.

Auteur : Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 31 janvier 2010










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