Au Maroc et à Casablanca particulièrement, de nombreux ressortissants français ou MRE se sont vues déposséder de leurs biens immobiliers. Pour mieux se défendre devant la justice, une association, constituée principalement de victimes de spoliations immobilières dans la capitale économique, a vu le jour il y a plus d’un an. Vendredi dernier, nous avons rencontré les membres de son bureau lors d’une conférence de presse, ainsi qu’une MRE devenue sans abri au Maroc.

Il y a plus d’un an, l’Association droit et justice au Maroc a vu le jour. Basée en France, celle-ci a fait des victimes de spoliations immobilières à Casablanca, qui ont souvent du mal à se défendre de manière individuelle, son principal cheval de bataille. Ce sont ces derniers, des Marocains de confession juive, des Marocains résidant à l’étranger et des ressortissants français qui composent d’ailleurs son bureau.

Entre 150 et 200 dossiers reçus

L'Association droit et justice au Maroc, soutenue par plusieurs avocats dont Maître Sonier avocate à Privas, ou Maître Leghlimi, bas à Casablanca, a depuis reçu entre 150 et 200 dossiers de victimes, grâce notamment à la médiatisation de certaines grosses affaires comme celle du Dr Brissot où un certain Mustapha Him, impliqué dans 6 autres affaires similaires, a détourné un héritage estimé à plus de 130 millions de dirhams avec l’aide d’autres complices. Mais sur tous les dossiers reçus, seuls ceux qui concernent directement des affaires de spoliation immobilière sont pris en compte, souligne-t-on, du coté de l’association.

Mme Gajaa, une mère de famille marocaine, installée en France avec ses enfants, en fait justement partie. La dame a été dépourvue de sa maison au Maroc, à Casablanca. Elle a été rasée sans qu’elle ne soit mise au courant. Nous l’avons également rencontré vendredi dernier, lors de la conférence de presse organisée par l’association.
«J’habite à Casablanca, maison 28, rue El Moqallad El Akili. Des escrocs m’ont arnaqué en 2009. Depuis je faisais les vas et viens entre les tribunaux, on m’a envoyé la police, on m’a menacé avec un huissier de justice. J’ai fait appel à un avocat pour me défendre devant le tribunal. J’étais fatiguée, à bout, je suis alors partie en France. Je suis tombée malade, j’avais des problèmes de cœur et de tension dus à ça», raconte la dame.

«Un jour, alors que j’étais encore en France, on m’a appelé pour me dire que ma maison avait été détruite. On a détruit ma maison avec tout ce qu’il y avait dedans, meubles, vêtements, mon or… Quand je suis revenue au Maroc, j’étais comme une sans-abri à Casablanca. J’ai dû louer ici et là pour dormir», poursuit-elle.  
C’est ma vie
Aujourd’hui, Mme Gajaa attend toujours que justice lui soit rendue. «Cette maison, c’est ma vie qu’il y a dedans. J’y ai habité depuis mes 18 ans. Mon mari l’avait acheté en 1954 et moi, je m’y suis installée en 1963. Mes enfants sont nés là-bas, ils ont grandi là-bas. Maintenant, ils ne veulent plus venir au Maroc. Ils me disent qu’ils sont des enfants de Casablanca et pourtant ils n’ont pas où aller lorsqu’ils y viennent», déplore-t-elle.
«Maintenant, la procédure judiciaire suit son cours devant les tribunaux. Ils ont ramené des faux papiers de France, censés prouver que les documents dont on dispose sont falsifiés, ils ont également engagé un notaire en Italie… Tout ça est faux», a-t-elle ajouté.
Au Maroc, la situation dans laquelle se trouve Mme Gajaa n’est pas un cas isolé. Plusieurs autres victimes de spoliations immobilières attendent que la justice marocaine tranche en leur faveur.





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