Dans son intervention télévisée du 27 décembre 2016, dans le cadre de "Daïf Al Oula", le Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, Abdellah Boussouf, affirmait que les responsables du CCME, dont lui-même, ont toujours été pour la participation et la représentation politique par rapport au Maroc des citoyens marocains établis à l'étranger. 

Pour se disculper, il a jeté l'entière responsabilité de l'absence de représentation parlementaire des MRE sur le gouvernement Benkirane, s'agissant des élections législatives du 7 octobre 2016.

Or pratiquement à la même date, en recevant une délégation d'élus franco-marocains en France, il justifiait et légitimait cette absence de représentation par des pseudo-arguments, comme l'impossibilité de réaliser la campagne électorale des MRE à l'étranger, l'absentéisme des députés MRE de leurs circonscriptions etc ... La (re)lecture du compte rendu ci-joint, élaboré par le CCME lui-même et publié sur son propre site le 7 octobre 2016, est très instructive sur la pratique du double langage par la direction du CCME.
(Abdelkrim Belguendouz)

[ M. Abdellah Boussouf, Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a reçu, jeudi 6 octobre 2016 au siège du Conseil à Rabat, une délégation d’élus franco-marocains du cercle Eugène Delacroix, invités au Maroc pour observer les élections législatives du 7 octobre.

Au cours des discussions, deux questions ont prédominé : la participation politique des Marocains du monde (MDM) et l’Islam de France.

Dans son intervention, M. Boussouf a démontré que la participation politique des MDM est confrontée à des écueils d’ordre technique qui entravent sa mise en œuvre : « les passages des candidats dans les médias sont contrôlés par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) pendant la campagne électorale au Maroc, comment pourrait-on contrôler des candidats à l’étranger ? Nous avons au Maroc une loi qui interdit tout discours politique dans les mosquées pendant la campagne, avons-nous le droit de contrôler les mosquées dans les pays d’accueil ?, en cas de litige, quelle autorité devra intervenir ? et puis les sessions parlementaires, nécessitant la présence des élus, durent quelques 9 mois au Maroc, comment ces derniers pourraient-ils représenter une communauté et exprimer ses attentes s’ils en sont déconnectée 9 mois par an ? ».

M. Boussouf a par ailleurs indiqué que « dans les programmes électoraux des principaux partis politiques, le contenu concernant les Marocains du monde est maigre et laisse à désirer », invitant les responsables à intégrer la dimension des MDM à tous les secteurs.

Dans ce cadre, le Secrétaire général du CCME a prévu de présenter « un mémorandum à la majorité qui se formera à l’issue des élections, ou seront listées les attentes et les besoins des MDM les plus urgents, afin de sensibiliser les nouveaux responsables à l’importance de cette frange de la population qui représente plus de 10% de la population marocaine ».

Ainsi, M. Boussouf a réitéré l’engagement du CCME, auprès de l’exécutif, à produire « le contenu scientifique sur la question de l’immigration à même de soutenir toute action gouvernementale envers les Marocains de monde », et a invité les responsables à profiter du savoir-faire cumulé par le Conseil depuis sa création il y a 9 ans.

Parmi les principales demandes évoquées par les membres de la délégation, l’amélioration des services des consulats qui s’avèrent, selon eux, peu efficaces et peu présentes sur le terrain. M. Boussouf a rappelé à cet effet;

« l’intervention de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dénonçant les dysfonctionnements dans les consulats dans un discours qui s’adresse à la nation et toutes les mesures entreprises pour la refonte du système consulaire ». Dans ce sens, M. Boussouf s’est félicité de l’installation du premier consulat digital du Maroc à Dubai, « une initiative, à l’état de l’expérience, qui pourrait dans le futur être généralisée ».

Quant à la question de l’Islam de France, M. Boussouf a indiqué que le Royaume du Maroc offre un soutien indéniable et indispensable à l’Islam de France : « les principales mosquées de France, à savoir celles de Paris, de Strasbourg, d’Evry, ont été construites à 100% par le Maroc », ajoutant que le Royaume dépense chaque année quelques 6 millions d’euros pour l’Islam de France.

En plus du soutien financier, M. Boussouf a mis en exergue « l’importance de la formation des cadres religieux et l’engagement du Maroc auprès des pays amis dans ce sens à travers l’accueil des imams maliens et français à l’Institut Mohammed VI de formation des Imams ».

A la fin de cette réunion, le Secrétaire général du CCME a présenté aux membres de la délégation la récente publication du Conseil « La Mosquée de Paris » et annoncé une série d’activités s’adressant aux jeunes Marocains de monde, dont une formation qui sensibilisera ses derniers à la question du Sahara et qui sera dispensée dans les pays d’accueil. CCME ]








0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top