Les événements des banlieues font émerger toutes sortes de commentaires et de réactions, que ce soit au niveau national ou international. 

On projette sur ces événements des lectures variées. Ces lectures émanent, elles-mêmes, de perceptions et de constructions idéelles qui irriguent des positionnements discursifs et politiques distincts: On y voit la fragilisation de l’autorité parentale, l’instrumentalisation des islamistes, la « voyoucratie » et la délinquance accrue des cités, la non maîtrise des flux migratoires, l’échec des politiques d’intégration, la fermeté et la nécessité sécuritaire pour la paix dans le pays…

Chaque vision est, en effet, révélatrice d’elle-même dans son approche et dans son appréhension des évènements. Les référentiels dont nous disposons, de par nos cultures et nos parcours, créent des valeurs qui structurent et signifient les choses ainsi que nos actes. Ceux-ci, peuvent diverger et de leurs dissimilitudes découlent des oppositions, parfois des confrontations à des degrés divers.

A ce jour, le point de rencontre des différentes lectures des événements des banlieues est la condamnation de la violence.

En effet, rien ne justifie la violence dans toutes ses formes d’expression, ni la dégradation des biens privés ou publics qui en résulte. Toutefois, qu’entendons-nous par violence?

L’organisation mondiale de la santé OMS définit la violence comme « l’usage délibéré ou la menace de l’usage délibéré de la force physique ou de la puissance, contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou communauté, qui entraîne un risque fort d’entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un mal développement ou une carence ».

A cette définition s’ajouteraient les « agissements et faits qui pourraient vulnérabiliser un individu ou des individus à un moment de leur vie, atteignant par conséquent à leur équilibre ou à leur dignité ».

Tout cela peut sembler théorique mais ne réhabilite, aucunement, la violence qu’elle soit sur un plan matériel ou humain, qu’elle soit latente ou apparente, en amont, en tant que processus et aussi en tant qu’ « aboutissement ». Souvent, on soumet la violence à une lecture réductrice cantonnée à l’exposition des faits et au comptage de dégâts! Nombre de véhicules brûlés, établissements et écoles… ce qui ne fait qu’accentuer les incompréhensions et les malentendus, parfois attiser les haines.

On oublie qu’à la violence sa terre de culture, ses prédispositions dont la discrimination, la frustration… On parle souvent de la violence « d’un fleuve et on oublie de parler de la rudesse des digues qui l’enserrent! »

Maintenant sur un plan pratique, comment justifions-nous que la France de par sa diversité n’a pas une représentation à l’image de cette diversité au sein de ses instances politiques, économiques et sociales ? Quelles réponses apporterons-nous à ce constat ? Est-ce l’incompétence de ces femmes et de ces hommes issus la diversité?

Comment justifions-nous que le gouvernement ait recours à des médiateurs et à des associations de tout bord, parfois incompétents, pour apaiser les cités, alors que nous disposons d’une Assemblée Nationale qui, sur le principe démocratique, devrait compter aussi des représentants, élus, de ces composantes sociales françaises ?

La France est parvenue à être championne du monde grâce à une équipe de foot fidèle, dans sa texture, à la réalité sociologique Française. C’est un modèle de réussite! Pour quand, alors, la réplication de ce modèle à d’autres domaines d’activités au sein de la République Française ?




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