En marge du Salon International de l'Édition et du Livre ( SIEL ) où il anime un stand, le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, tient ce samedi 21 février 2015, un séminaire interne, avec la participation de ses membres restants, destiné à faire le point de la situation interne du Conseil, de son fonctionnement pour savoir qui fait quoi et au nom de qui ; de l'utilisation du site officiel du Conseil à des fins personnelles; des rapports entre les membres et un membre-dirigeant; de la mise en place d'une nouvelle structure ou "Think-Tank", alors que les six groupes de travail du Conseil sont immobilisés. 

Parmi les autres préoccupations de certains, figure l'absence de visibilité concernant l'avenir du Conseil, et un cahier de doléances « syndicales », avec la demande des indemnités pour les membres du Conseil... 

C'était une règle depuis longtemps et elle reste toujours en vigueur. Chaque fois que la situation devient intenable au sein du Conseil, en raison notamment d'initiatives solitaires d'un membre-dirigeant, de déclarations intempestives, les responsables tentent de calmer le jeu en organisant un séminaire interne, qui joue le rôle de « défouloir », de thérapie de groupe, en essayant de faire baisser les tensions existantes, les différends qui s'accumulent, faute de communication et de transparence. 

En fait, au lieu de tenir une assemblée générale en bonne et due forme, respectant les statuts, avec un ordre du jour précis tenant compte des prérogatives de l'assemblée plénière, avec un minimum de reddition des comptes par le triumvirat dirigeant, on préfère contourner cette exigence en se réunissant de manière informelle, pour discuter à bâton rompu de tout et de rien, avec aucune obligation de rendre des comptes et de prendre des décisions. 

Or le dahir n°1-07-208 du 21 décembre 2007, portant création du CCME est clair en la matière. L’article 14 impose aux responsables du Conseil la tenue d'une assemblée plénière chaque année au mois de novembre, ce qu'ils n'ont pas fait depuis l'assemblée générale de lancement en juin 2008, voilà près de sept ans ! Le domaine d'attribution est très large. Selon l'article 12, il s'agit notamment d'approuver le programme annuel ou pluriannuel de l'action du Conseil et du budget y afférent, de statuer sur les projets des rapports, les recommandations et les avis consultatifs qui lui sont soumis dans le cadre de l'ordre du jour. 

Concrètement, ceci voudrait dire que depuis juin 2008, jamais les membres du Conseil n'ont discuté le budget, de sa répartition et affectation. Tout comme les responsables de l'institution, n’ont jamais livré de précisions sur la manière dont est dépensé ce budget, ni rendu les comptes à ce propos. Tout est opaque et pratiquement confidentiel. De même, les membres du Conseil n'ont eu accès à aucun rapport annuel d'activité. Par ailleurs, et conformément à l'article 4 du dahir, aucun rapport stratégique (tous les 2 ans), n’a été discuté, étant, consacré à l'analyse des tendances de l'émigration marocaine sur tous les plans (politique, économique, culturel, scientifique) et de ses problématiques particulières. 

De plus, aucune recommandation de nature à améliorer la condition de la communauté marocaine à l'étranger, n’a été portée à la plus haute autorité du pays, dans la mesure ou aucune n'a été adoptée par une quelconque assemblée générale .Enfin, aucun avis consultatif, dans quelque domaine que ce soit, n’a été élaboré, alors que selon l'article 2,le champs de compétence du Conseil est très vaste. 

Et dire que selon la nouvelle loi suprême du pays qui a constitutionnalisé le Conseil, celui -ci figure parmi les institutions de "bonne gouvernance" ! Par conséquent, on aurait souhaité que les "séminaristes" discutent en particulier de ces dysfonctionnements et des moyens d'en sortir, et non pas notamment d'être rémunérés pour ce qui n'est pas fait. 

Le bilan général de l'institution depuis sa création est également à entreprendre et à discuter de manière collective, pour tirer les enseignements objectifs qui s'imposent, en positif et en négatif, afin que cette expérience soit utile pour le prochain conseil qui tarde à être constitué, alors qu'au vu de l'immobilisme du gouvernement, qui n'a préparé aucun projet de loi dans ce domaine, quatre propositions de lois parlementaires (Pam, Usfp, Istiqlal, partis de la majorité),sur l'opérationnalisation de l'article 163 de la constitution, attendent le bon vouloir du ministère chargé des MRE et des affaires de la migration, pour être inscrites à l'ordre du jour de la commission de l'intérieur relevant de la Chambre des Représentants. 

Rabat, le 21 février 2015 

Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, Chercheur spécialisé en migration 





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