A chaque nouveau changement de gouvernement, le spectacle que nous sert la classe politique est nauséeux. Les palabres et pourparlers « inter-minables » sont ceux d’une troupe de théâtre en représentation perpétuelle. Une troupe qui joue depuis toujours la même pièce éculée sans se soucier de son public !

A chaque tomber de rideau, les acteurs de cette comédie constatent que le spectateur se fait de plus en plus rare. Les troubadours, malgré la défection des recettes, continuent à se reproduire car les caisses de l’État sont généreuses pour pallier à cette déficience. La démocratie est chapardée à des fins spéculatrices où les caïds se partagent les gros quartiers de gâteau ne laissant à l’auditoire que des miettes.

A l’issue du dépouillement des résultats électoraux, tous les partis sont satisfaits de leurs propres scores, tous les leaders en lice se déclarent vainqueurs, et tous rivalisent d’arguments pour s’accaparer la victoire tout en se renvoyant dans la figure leurs propres bilans désastreux. Aucun changement, les acteurs d’hier sont ceux d’aujourd’hui. Mais croyez-vous qu’ils changeraient de pièce ? Absolument pas ! Ils se contentent simplement de re-toiletter leur profession de foi, et de réciter, malins comme ils sont, la main sur le cœur, le thème de la repentance.

En réalité, cette comédie que l’on nous rabâche depuis si longtemps sans le moindre succès, et qui ne soulève même plus d’applaudissements, n’est que le résultat morbide d’une inadaptation totale du profil de ses acteurs. Le public est pris en otage d’une troupe incapable de jouer la pièce pour satisfaire ses désirs. Étant invalide, persuadée même que sa survie n’est que provisoire, cette troupe ne poursuit plus qu’un seul but : se maintenir à tout prix sur la scène. Continuer ses clowneries, se donner en spectacle quoi qu’il en coûte, tenter de profiter du théâtre tant que celui-ci peut l’entretenir. Par contre, pour atteindre ses objectifs, elle développe un certain savoir-faire : la maîtrise du verbe, promesses, reniements, désinformation, langue de bois, diffamation, amalgames, omissions et diversions les plus sournoises sont les outils quotidiens de sa panoplie diabolique.

Il faudra bien résoudre un jour ces questions dont l’acuité ne cesse de croître au fil des élections. Peu de spectateurs le savent, ces joueurs de comédie se ressemblent étonnamment. Parmi leurs caractéristiques communes, l’une d’entre elles saute aux yeux, et à y réfléchir, paraît totalement insensée : l’inexpérience ! Cette incompétence est d’ailleurs multiforme, c’est dire combien elle est aggravante, c’est comme si le théâtre national avait tristement choisi, depuis des décennies, de ne recruter que des acteurs muets, bègues, amnésiques, introvertis, timides, inexpressifs ou autistes. La troupe de théâtre a encore de beaux jours devant elle.

Texte repris !
A. Colin








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