Un discours magistral du jeune imam Rachid Abou Houdeyfa, revenu au malékisme après un égarement de jeunesse.

Le malékisme est une des quatre écoles reconnues dans le monde musulman. C’est sous son autorité juridique que se sont épanouies, de l’Espagne andalouse à Bagdad, les grandes civilisations arabo-musulmanes. Le malékisme, religion de nos parents, est d’une grande tolérance, contrairement au salafisme issu de la quatrième école, le hanbalisme, adopté très récemment par le royaume d’Arabie saoudite qui l’a vite transformée en wahhabisme intransigeant.

Mais revenons au malékisme implanté dans le monde arabo-musulman à l’époque où l’Europe était plongée dans le sombre moyen-âge de l’Inquisition religieuse. C’est sous le règne et la grande tolérance des émirs malékites de Cordoue, du Maghreb, d’Egypte, de Syrie et de l’Iraq [1] que se sont épanouies les sciences arabes : la médecine et la philosophie avec de grands savants tels que : Averroès de confession musulmane, et Maïmonide de confession juive.

Dans l’art musical s’est distingué, entre autres, Ziryab d’origine kurde, appelé le rossignole de Bagdad, créateur du luth tel que nous le connaissons aujourd’hui, et fondateur du premier conservatoire de musique en terre d’occident (Espagne).

Toujours, sous la protection malékite, est né Ibn Khaldoun, premier historien de l’Humanité, à une époque (XIVe siècle) où il n’existait que des chroniqueurs. Ibn Khaldoun est considéré comme le « précurseur de la sociologie moderne ».

Je ne citerai pas Ibn Nafis découvreur de la circulation sanguine, 300 ans avant l’Espagnol Served et 700 ans avant l’Anglais Harvey. Signalons qu’Ibn Nafis a réfuté le Grec Galien qui prétendait que la paroi du cœur était poreuse et qu’il y avait communication entre les deux ventricules, ce qui, d’après Ibn Nafis, est faux et sera démontré plus tard par la médecine moderne.

D’autres médecins, tel qu’un certain Abel-al-Latif (1162-1231), ont réfuté Galien sur la suture des os, car en terre malékite, les savants musulmans avaient la possibilité, sans risquer le bûcher, d’étudier les dépouilles d’humains décédés, faisant ainsi progresser la science médicale et chirurgicale. L’ophtalmologiste musulman Ibn al-Haïtham (965-1039), n’a pas hésité à réfuter les Grecs, Euclide et Ptolémée, sur le fonctionnement de l’œil, grâce à sa science expérimentale.

Mais revenons à notre jeune Rachid. Son discours s’inscrit dans la grande tradition malékite : un islam tolérant et éclairé. Écoutons son message qui nous parle de la grande miséricorde de Dieu. Un discours qui fait chaud au cœur.


Haytam Andaloussy
Écrivain

[1]. En Irak, le rite hanafite, rationnel et tolérant, dominait également à l’époque.


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