La participation de pays dictatoriaux, et de l’Algérie, à l’élaboration du rapport des droits de l’homme britannique crée la polémique à Londres.

Le célèbre journal The Guardian s’interrogeait, jeudi 08 décembre, sur la nécessité que certains pays "répressifs", dont l’Algérie, aient été conviés à commenter les progrès des droits de l’homme en Grande-Bretagne.

Le journal a ciblé quatre régimes dictatoriaux. "Les diplomates des régimes répressifs, dont les Philippines, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et l'Algérie prévoient d’assister au lancement d'un rapport officiel sur les droits de l'homme en Grande-Bretagne qu’accueillera Londres ce lundi" pouvait-on lire notamment.

Selon ce journal, ce qui est choquant, c'est que la Commission de l'égalité et des droits de l'homme (CDH) ait invité des représentants des pays "confrontés à des enquêtes sur la torture et autres abus à participer à la publication d'un rapport sur les droits de l'homme au Royaume-Uni."

Le journal fait intervenir Ann Clwyd, une ancienne députée et farouche défenseuse des droits de l’homme, qui fustige les organisateurs de l’événement. "Je pense que c'est très inapproprié, à moins d'avoir un cours de formation intégré pour les participants", ironise-t-elle, avant d’ajouter : "Il est clair que certains participants ne comprennent pas l'importance des droits de l'homme ni l'importance que ce pays accorde aux droits de l'homme. Pourquoi ont-ils été invités et pourquoi viennent-ils ?.

Sur les 35 pays ayant accepté d’y participer, il semblerait que beaucoup aient reçu des critiques récentes acerbes de la part de différentes ONG pour "violations des droits de l’homme". Ces pays semblent croire pouvoir se refaire indéfiniment une virginité en accourant pour participer à de telles manifestations.

Le journal a choisi de parler plus particulièrement des pires pays invités. Et en la matière, l’Algérie y est cité parmi les dictatures les plus brutales. "Un représentant de l'Algérie participera également. Dans son rapport 2015-16, Amnesty International a déclaré que les autorités de cet État nord-africain avaient limité les libertés d'expression, d'association et de réunion, arrêté, poursuivi et emprisonné des manifestants pacifiques, des militants et des journalistes", est-il écrit.

D'autres gouvernements qu’ Amnesty International qualifie de "douteux en matière de droits de l'homme" enverront des représentants. Il s’agirait de Singapour, de la Turquie, de la Thaïlande, de l'Égypte, de l'Équateur, du Salvador, du Ghana, du Mexique et de la Jordanie.

Un porte-parole de la CDH a défendu la décision d'adresser des invitations à tous les pays. "Cet événement est organisé pour marquer la publication de notre rapport aux Nations unies sur le progrès des droits humains au Royaume-Uni. Comme cela fait partie d'un processus de l'ONU, nous avons invité des représentants de chaque pays de l'ONU". Tout en étant lucide sur les manquements de certains invités à la charte des droits de l’homme, cet activiste dont le nom n’a pas été révélé, croit que c’est une belle manière pour que ces pays "s’améliorent aux contacte de gens passionnés des droit de l’homme".

Le message est donc clair: l’Algérie est conviée avec d’autres pays dictatoriaux à s’améliorer en matière des droits de l’homme car elle est tellement descendue en- bas de l’échelle, en la matière que son invitation à de telles rencontres suscite colère et indignation.

Pour rappel, les autortiés viennent de rafler 21 Mozabites, qui vont s’ajouter au docteur Fekhar et à ses 22 autres codétenues, dans les prisons du régime. Aussi, l’opération, toujours en cours, d’expulsion de milliers de migrants Africains subsahariens, continue d’émouvoir et d’indigner le continent Africain dans son entièreté. L'agitateur politique, Rachid Nekkaz, citoyen ayant un passeport algérien, a été expulsé manu militari du pays vers la France. Il y a quelques mois Slimane Bouhafs, un militant du MAK, a été arrêté et condamné à trois ans de prison ferme pour "atteinte à l'islam". Mohamed Talmat, bloguer et journaliste, a été arrêté en juin à Alger à son retour de Grande Bretagne. Il est lui condamné à deux ans de prison pour offense à l'image du président. Certaines sources le disent dans un état grave à la suite des multiples grèves de la faim qu'il a menées.

Hebib Khalil
lematindz.net/
L’article The Guardian : Repressive regimes send diplomats to launch of UK human rights report


0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top