La question de l'émigration clandestine revient sur le devant de la scène politique et diplomatique à l'occasion de la tenue, demain, de la 4e session du comité d'Association Maroc-UE. Cette réunion intervient dans le contexte de l'ancrage croissant du Maroc à l'UE, impulsé par la politique européenne de voisinage, qui constitue un instrument de coopération renforcée dans le cadre du partenariat global euroméditerranéen.

Signé le 26 février 1996 et entré en vigueur le 3 mars 2000, l'accord d'association Maroc-Union européenne, amorce une étape nouvelle dans les relations maroco-communautaires. En remplaçant l'accord de coopération de 1976, il a permis d'adapter les relations entre le Maroc et l'Union européenne au nouveau contexte économique global et socio-économique des deux parties, et en introduisant la réciprocité dans les préférences commerciales, il a donné au concept de partenariat un sens plus pragmatique.

En effet, l'accord d'association a mis en place un conseil d'association et un comité d'association chargés de la gestion de l'accord. Lors de la 3e session du conseil d'association tenue le 24 février 2003 à Bruxelles, sous la présidence grecque, six nouveaux sous-comités sectoriels ont été créés, à savoir l'industrie, le commerce et les services, le marché intérieur, le transport, l'environnement et l'énergie, la recherche et l'innovation, l'agriculture et la pêche et la justice et la sécurité. Ces nouveaux sous-comités viennent s'ajouter à d'autres comités prévus par l'accord d'association qui sont : le comité des affaires sociales et migration, le comité du dialogue économique et le comité de coopération douanière. La nouvelle structure est chargée de la mise en œuvre des priorités du partenariat, du rapprochement des législations, et de compléter les autres comités et groupes de travail prévus dans le cadre de l'accord d'association.

La réunion de Rabat devra trouver un terrain d'entente sur la question de la réadmission des migrants illégaux. Un avant-goût sur cette question et sur ce que devrait être la réunion annuelle des hauts responsables des différents départements marocains et européens en charge de la gestion de l'accord, a déjà été donné par la ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger, Nouzha Chekrouni, laquelle a affirmé, mardi, devant les membres de la Chambre des conseillers que le problème des migrations clandestines participe d'une responsabilité partagée entre le Maroc et l'Union européenne. D'autant plus que la répression et le durcissement relatif à la fermeture des frontières n'ont pas permis de lutter contre ce phénomène. Cette politique fait seulement le jeu des réseaux de passeurs, un tel trafic rapportant plus de 200 millions de DH par an, aux mafias des "harraga" (ceux qui brûlent leurs papiers, avant d'embarquer, pourvu qu'ils brûlent les étapes de la réussite sociale). Autrement dit, ni les détecteurs infrarouges, ou les gardes-frontière, ni les barrières, n'arrivent à empêcher l'immigration clandestine. Depuis quelques années, on voit prospérer un marché de services, tendant à faciliter l'immigration illégale, notamment par la fourniture de documents falsifiés et de moyens de transport, l'hébergement en transit ou l'obtention d'un emploi.

Principales portes de l'Afrique aux frontières de l'Europe, le Maroc et la Tunisie voient passer chaque année des milliers d'immigrés clandestins, dont la traque s'avère difficile et coûteuse. Des ressortissants maghrébins et, plus récemment, des Subsahariens confrontés aux conflits et à la misère en Afrique, ne cessent de transiter par ces pays et par la Libye, dans l'espoir de regagner l'Europe (Italie, Espagne) souvent au péril de leur vie. Pourtant, dans tous les pays maghrébins limitrophes de la Méditerranée, la traque aux réseaux de trafiquants opérant dans l'immigration clandestine bat son plein. Plusieurs arrestations ont été, dernièrement, opérées chez les étrangers qui sont nombreux à attendre leur embarcation clandestine vers l'Europe.

Ces opérations coup de poing s'intensifient au moment où des voix critiquent sévèrement " les politiques sélectives " des Etats européens accusés de fermer leurs frontières devant les ressortissants des pays au sud de la Méditerranée, tout en encouragent l'ouverture de ces pays aux marchandises et aux capitaux européens. Si le nouveau contexte international post 11 septembre oblige à aller vers de nouvelles initiatives de sécurité, de développement et de stabilité, les contraintes nationales demeurent.

L'Espagne semble avoir bien compris cette approche, en décidant de régulariser la situation des immigrés clandestins se trouvant sur son sol. Elle l'a faite en deux étapes. La première a permis à plus de 50.000 immigrés de voir leur situation régularisée, tandis que la seconde a placé les Marocains en tête en termes de demandes avec 86.000. Aussi, 90 % des immigrés disposant d'un travail vont-ils voir leur situation régularisée vers la fin de cette opération, selon le ministre espagnole du Travail et des Affaires sociales.

Cette démarche du gouvernement espagnol, à contre-courant du durcissement des politiques en celles-ci n'informent pas davantage leurs partenaires lorsqu'elles modifient leurs législations dans un sens restrictif, comme dernièrement au Royaume-Uni.

Pourtant, dans un rapport, la Commission européenne estime à environ 7 millions le nombre de travailleurs étrangers qu'il faudrait accueillir chaque année au sein de l'Union européenne pour assurer aux retraités européens des indemnités convenables en 2025: les plus de 60 ans devraient alors représenter un tiers de la population. Mais, l'on ne sait pas encore si les " non Europe, a irrité plusieurs capitales, qui ont déploré un manque de concertation, bien que" français et néerlandais à la Constitution européenne risqueront de retarder le processus de coopération mutuelle entre le Maroc et l'UE, dans ce domaine.



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