La visite de SM le Roi du Maroc en Afrique de l’Est (Rwanda, Tanzanie et Éthiopie) est, à plus d’un titre, un facteur de résilience et d’espérance. Elle consolide les relations ancestrales de solidarité et de fraternité du pays avec un Continent dont il est aujourd’hui un acteur clef, et, en même temps, ouvre des perspectives prometteuses à son développement économique et humain en posant les conditions idoines, propices à sa stabilité et sa sécurité.

Il est incontestable que le Maroc a parcouru, en moins d’une décennie, des étapes décisives sur la voie de la réforme, de la modernisation et de la pratique de la démocratie. Son expérience et son expertise dans des secteurs clefs de la vie économique et sociale sont autant d’atouts bénéfiques pour l’Afrique, que ce soit dans les secteurs des énergies, du transport, de l’agriculture ou ceux de la pharmacie, de la banque et du BTP.

La réputation que s’est forgé le Maroc, «pays facilitateur de développement en Afrique », n’est pas usurpée. Différents pays occidentaux ont compris toute l’importance de son positionnement stratégique et de l’impact de son dynamisme et volontarisme et tentent de l’enfourcher pour favoriser le développement de leurs propres intérêts. Au fond, “la visite Royale au Rwanda vient ainsi montrer qu’aujourd’hui le partenariat Sud-Sud a du sens qui se traduit par des actes” (selon le Ministre des AE S.Mezouar).

Au-delà de l’aspect purement économique, le Maroc, comme l’a très justement souligné Mme la Ministre Louise Mushikiwabo, contribue à «la redéfinition de notre continent». Certes, cette redéfinition n’est pas chose facile au regard du contexte régional et international actuel, marqué par une tension et des conflits déstabilisants. Mais, elle se révèle aujourd’hui nécessaire ; une question de destin commun. Étant entendu qu’un destin commun efficient ne se construit pas uniquement sur un socle avec pour seule dynamique la bourse, la finance et l’économie.

La Tournée africaine du Souverain Chérifien a donc le mérite d’«écourter les distances et prolonger les liens de fraternité ». La scène du dépôt par le Roi Mohammed VI, d’une gerbe de fleurs au Mémorial de Gisozi, dédié au génocide, est un moment fort qui exprime toute la fraternité et la compassion du Roi et du Peuple marocain pour le peuple du Rwanda.

Cette tournée royale démontre également que le Maroc “ a un modèle à offrir à ses alliés africains” (cf.atlasinfo.fr). Ce modèle, qui est profondément ancré dans l’histoire millénaire du pays, est aussi culturel, cultuel et politique.

De tout temps, le Maroc a, en effet, contribué à la formation et au développement de la civilisation africaine. Les Empires de Gao et de Tombouctou en sont quelques-uns des moments forts et des symboles de cette civilisation africaine. Le rayonnement de l’Université al-Quaraouiyine de Fès a pénétré des lieux de savoir, des zaouïas et des medersas dans les endroits les plus reculés du Continent. La pratique d’un Islam ouvert et tolérant, que le Maroc a fait sienne depuis des siècles, traduit cette proximité entre le Maroc et le Continent. « Imârat al-mù’minine (Commanderie des Croyants), garant de la pratique du culte (al-milâ wa dîne), qu’incarne le Souverain Chérifien, est aujourd’hui reconnue et respectée au-delà des frontières nationales.

La volonté du Maroc de réintégrer l’Union Africaine montre, pour sa part, à quel point il est resté fidèle à ses racines et ses engagements politiques vis-à-vis d’un Continent qui a besoin de solidarité et de stabilité, loin des rancunes et de calculs géostratégiques subalternes qui bloquent son essor et menace sa stabilité.

Nonobstant, la diplomatie marocaine trouve dans cette tournée royale une consécration dont les prémisses ont été posées lors de la visite royale aux pays de l’Afrique de l’Ouest.

Ce sont ces aspects et significations de la tournée de SM le Roi en Afrique de l’Est qu’il conviendrait de mettre en exergue et faire connaître, en particulier auprès des Marocains Résidant à l’Étranger (MRE). Cette frange de la Nation marocaine constitue, par-delà son implication dans le développent économique du Maroc, un relai objectif de la « diplomatie culturelle » ou parallèle marocaine et un atout décisif pour la défense de ses intérêts stratégiques. Tout doit-être fait pour préserver ce rapport singulier et consolider cet atout.

Dr Mohammed MRAIZIKA
(Chercheur en Sciences Sociales, Consultant en Ingénierie Culturelle, Directeur du CIIRI….)






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