Houlalalala mais non, ce n’est pas un appel à voter Fillon pour le second tour de la primaire de la droite, c’est le cri de ma femme quand elle a pris connaissance des résultats du vote dimanche dernier… 

Enfin, non, le cri de ma femme plus précisément était un gémissement du type « haaaaaaa et mes 35 heures avec mes RTT… argggghhhhhh »… Et moi, toujours le mot pour rire, pour lui remonter le moral, je lui glisse à l’oreille, « courage ma femme, fillon »… Bon c’était juste pour caser mon calembour.

Cela dit, ceux qui me lisent régulièrement savent que ma femme tient vraiment à ses 35 heures et moi aussi. Et 35 heures, c’est pô beaucoup par rapport au 48 heures max que nous propose le Fillon !

Rassurez-vous, je travaille nettement plus que 35 heures, et sans doute même plus que 48, mais encore une fois, j’ai une chance immense : je ne travaille pas, ce n’est pas le bagne, ni l’usine. J’ai cet immense privilège de vivre de ma passion alors je ne ferai pas de leçon à toutes celles et ceux qui eux « travaillent » vraiment et pour qui ce n’est pas facile tous les jours.

Encore une fois, il n’y a, dans cet édito, ni consigne de vote ni incitation dans un sens ou dans un autre mais une analyse économique et politique que l’on peut d’ailleurs ne pas partager et qui n’est pas LA vérité, mais plus modestement mon simple point de vue.

La victoire de Fillon n’est pas une surprise et c’était prévisible !

Pour résumer la situation, comme les nommerait Trump, « l’establishment » avait décidé de faire voter Juppé. Juppé par-ci, Juppé par-là etc., etc. Bref, Juppé était déjà le président de la République de 2017, l’homme sage, œcuménique et capable de rassembler une France fracturée.

Bref, Juppé c’est celui qui fera une transition en douceur et qui allait effectuer la réconciliation nationale, Juppé c’était aussi le meilleur candidat de droite pour la gauche.

C’était donc décidé : ce serait Juppé !


Sauf que à la primaire de droite, personne n’en a voulu, enfin pas personne mais voilà en gros ce qu’il s’est passé.

Sarkozy ? Plus personne ne veut le voir diriger. Il a eu sa chance. Il l’a laissé passer ! Il s’est mal tenu, il est clivant et son langage comme son attitude dégage trop d’agressivité. Enfin, personne ne croit plus ses promesses. Dehors.

Juppé ? Trop mou ! Tout simplement. Comme prévu il y a quelques jours où j’avais écrit que Juppé allait se faire « clintoniser », nous nous retrouvons avec un Juppé incarnant les intérêts de « l’establishment », incarnant la bien-pensance, celui qui veut une France « Bisounours » où tout le monde va se faire des câlins et se réconcilier… Sauf que l’on ne s’est pas encore véritablement tapé dessus, alors il est prématuré de réconcilier (je ne dis pas bien ou mal, je vous dis ce qu’il se passe), sans oublier que nombreux sont ceux qui reprochent à Juppé ses liens étroits avec l’Imam de Bordeaux.

Le peuple de droite est fâché. Fâché tout rouge 300 morts plus tard et quelques tueries après. Alors la mollesse de Juppé ne passe pas. Il faut, comme le dit si bien (pour une fois) BHL, de la testostérone !! Les positions de Fillon sur l’Islam et le terrorisme sont bien à droite ! Fillon c’est le le Pen acceptable, c’est le ménage sans être populiste et l’immense erreur de Fillon serait de croire qu’il est porté par son programme économique !

C’est le programme sociétal de Fillon qui a fait sa victoire, pas son programme économique !

Et paradoxalement, Fillon se retrouve dans la même situation que Sarkozy en 2007. Les Français qui ont porté Fillon l’ont porté pour ses positions droitières clairement assumées sur l’Islam, l’Éducation nationale, la fonction publique ou encore la sécurité… Pour son programme économique, c’est une autre paire de manches !!

39 heures dans la fonction publique !
« C’est l’une de ses mesures phare : François Fillon veut abroger les 35 heures afin de porter la durée légale du travail à 39 heures dans la fonction publique. Pour le secteur privé, il veut laisser les salariés et chefs d’entreprise négocier librement la durée de travail hebdomadaire dans la limite des 48 heures posée par le droit européen. En cas de blocage du dialogue social, l’ancien Premier ministre promet de donner le dernier mot aux salariés de l’entreprise grâce à un référendum décisionnaire. »

Retraite à 65 ans !
Pour « sauver le régime général des retraites », François Fillon veut progressivement reporter l’âge légal de départ à 65 ans. Il promet aussi d’inscrire dans la Constitution le principe d’équité de traitement entre les retraites du secteur public et les retraites du privé. Il veut aussi engager une réforme sur le long terme de notre système de retraite en mettant en place un étage de retraites par capitalisation. À terme, il mettra en place un régime par points et fusionnera les retraites de bases et les retraites complémentaires.

Hausse de la TVA, baisse des impôts directs
« Je propose d’augmenter la TVA de 2 points car il faut que ce soit la consommation qui finance notre système social, pas le travail », avait expliqué l’ancien Premier ministre. Fillon souhaite « augmenter les deux taux supérieurs de la TVA sans toucher au taux de base s’appliquant aux produits de première nécessité ». Les taux réduits et super-réduits resteront inchangés. Objectif ? Compenser « une baisse des charges radicale », avec une baisse des charges et des impôts directs de 50 milliards (40 milliards pour la compétitivité des entreprises et la fiscalité du capital, 10 milliards pour les ménages). Le candidat veut ainsi réduire le taux de l’impôt sur les sociétés (actuellement de 33,3 %) de façon à nous aligner sur les pays européens (23 % en moyenne).

Suppression de l’ISF
François Fillon a également promis de « supprimer l’ISF pour favoriser la transmission d’entreprises et l’investissement en France. Ce n’est peut-être pas une mesure populaire mais il est choquant que les Français aient du mal à payer les retraites alors que nos plus beaux actifs, rachetés par des fonds de pension étrangers, financent celles des Texans. Il faut construire un capitalisme français qui investit en France et pour la France », avait-il expliqué.

Réduire les dépenses de 100 milliards
« Mon programme prévoit 100 milliards d’euros d’économies dans la sphère publique », a annoncé François Fillon. « Un tiers sera assumé par l’État (…) 20 % des économies proviendront des collectivités locales » et « les administrations de sécurité sociale devront porter la moitié des économies, soit 50 milliards d’euros ». Objectif ? « Réduire la dépense publique de 56% à 49% du PIB, nous ramenant ainsi dans la moyenne des pays européens ».

Plafonnement et dégressivité des allocations chômage
François Fillon a promis pendant sa campagne de plafonner les allocations chômage à 75% du salaire de référence. Comme une majorité des candidats à la primaire, il souhaite également les rendre dégressives « afin que l’indemnisation chômage permette un vrai retour à l’emploi » et que le système ne « favorise plus l’assistanat au détriment de l’activité ». Actuellement, les 2,7 millions de chômeurs indemnisés perçoivent un montant fixe jusqu’à 24 mois maximum (36 mois pour les seniors). La durée moyenne d’indemnisation est de 10 mois.

Travail indépendant
François Fillon veut (ré)encourager l’autoentrepreneuriat en « supprimant les contraintes législatives posées par la loi Pinel de janvier 2015 », et en ramenant à 16 ans l’âge minimum pour devenir autoentrepreneur. Il souhaite réformer « radicalement » le RSI (régime sociale des indépendants), améliorer la protection sociale des indépendants, et créer une Caisse de Protection des Indépendants. Objectif : passer « a minima de 500 000 à 1 million d’emplois indépendants ».

Que penser de ce programme économique ?
Si vous laissez de côté les 35 heures de ma femme qui y tient vraiment beaucoup et du coup moi aussi, et que l’on ne vient pas faire travailler les gens 48 heures par semaine, alors pour le reste des mesures je dois vous avouer que je ne suis pas contre.

Il fut un temps pas si lointain où les allocations chômage par exemple étaient dégressives et on constatait à chaque palier une reprise importante de l’emploi. Mais, hélas, la période n’est pas la même qu’en 2000 où Lionel Jospin avait annulé la dégressivité enfin, les partenaires sociaux de l’époque. Donc cette mesure-là est à manier avec prudence socialement.

Bon c’est vrai que demander aux fonctionnaires de travailler 39 heures cela va faire grincer des dents… beaucoup de dents ! Mais la sécurité de l’emploi doit aussi s’accompagner d’un effort. Est-ce que cela doit prendre la forme d’une augmentation du temps de travail ?

En revanche, il n’y a aucun doute à avoir sur les propositions de Fillon concernant les indépendants et les auto-entrepreneurs. Il faut tout faire pour favoriser cette catégorie, il faut également en finir avec le RSI qui est un enfer pour tous les entrepreneurs de France et qui fait perdre un temps précieux à tous ces productifs.

Concernant l’ISF, même si cela est un « totem symbolique », c’est un impôt stupide et qui fait fuir les gens avec un patrimoine important ! Non cet impôt ne rapporte rien à la France, au contraire, il nous coûte très cher en faisant partir des fortunes qui resteraient chez nous.

Alors oui le programme de Fillon est très clairement orienté vers le moins d’État et le plus de liberté d’entreprendre.

Il faudra de toutes les façons en passer par là.

Nous pouvons discuter de ce que nous voulons faire décroître, mais nous allons devoir baisser considérablement nos dépenses collectives.

Et je maintiens mon analyse qui consiste à dire justement que les conséquences de la faillite, ou les conséquences des actions à mener pour éviter la faillite sont les mêmes…

On ne rase pas gratis indéfiniment, à un moment il faut payer !

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT








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