Le républicain Donald Trump vient d’être élu président des États-Unis en remportant 279 grands électeurs, dépassant les 270 nécessaires pour entrer à la Maison Blanche le 20 janvier prochain, contre 218 à sa rivale démocrate Hillary Clinton.

Jusqu'à la veille du vote, l'issue ne faisait aucun doute : Hillary Clinton allait occuper la Maison Blanche. Depuis des mois la candidate démocrate était donnée favorite pour succéder à Barack Obama et devenir la première femme à la Maison Blanche. Finalement, il n'en était rien : Donald Trump est élu 45ème président des États-Unis.

Monsieur Donald Trump a donc été démocratiquement élu au suffrage universel indirect comme président de la première puissance du monde, les États-Unis d'Amérique. La surprise est mondiale tant la personnalité du nouveau président américain a dérouté les observateurs durant la campagne électorale.


On ne peut s'empêcher d'évoquer, à l'occasion de ces élections américaines, la naissance de la démocratie à Athènes. Le suffrage universel, fut-il indirect, s'est prononcé. Le peuple américain a fait son choix. On peut regretter un tel résultat, mais on se doit de respecter la volonté populaire. La démocratie moderne, et son suffrage universel, n'est pas très vieille.

Viciée, crevée de scories, guettée par les dérives populistes, la démocratie demeure le moins mauvais des régimes voire parfois le pire, étant donné que la tyrannie ne mérite pas d'être appelée « régime politique ». La démocratie n'est pas synonyme de république ; cette dernière renvoie avant tout à l'objet du pouvoir politique : le bien commun. La démocratie donne un contenu à la république et désigne le peuple comme titulaire de ce pouvoir. Sur ce registre particulier, elle est fondée sur l'égalité des riches et des pauvres. Il y a là une forme de sagesse que la pensée grecque a saisie : en matière de vérité, l'opinion de tout un chacun peut faire l'affaire.

Alexis de Tocqueville, dans son De la démocratie en Amérique (1840), donne à la démocratie un sens strictement sociopolitique et entrevoit, en visionnaire, les conséquences lointaines de ce système, qu'il qualifie de « tyrannie douce » ou de despotisme démocratique : « Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres (...) s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie. (...) Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. (...) Il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre...»

Entre la tyrannie douce du despotisme démocratique et la tyrannie apocalyptique des populismes totalitaires, les élites ont le devoir moral de veiller à la protection des trois règles que nous énonçons: Constitution; liberté de parole ; liberté d'association. De Platon à Tocqueville, ce sont là les trois remèdes préventifs contre les dangers inhérents à la démocratie.

Tiré de lorientlejour.com/












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