ALM : Le groupe du FFD a demandé que la commission des Affaires étrangères et de la Défense nationale convoque la ministre-déléguée chargée des MRE. Pourquoi une telle réunion?

Bouchra Khyari : En effet, nous constatons que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, dans certains pays européens, les Marocains sont devenus une cible privilégiée. A titre personnel, j’ai reçu, depuis quelques semaines, un nombre considérable d’appels de MRE installés à Madrid et Paris. Certains d’entre eux sont des militants du FFD. Je peux vous assurer que ces Marocains ont une peur atroce de sortir, une phobie d’être traités de terroristes. C’est dans ce contexte que nous avons demandé à Mme Nezha Chekrouni de se réunir avec nous. Nous souhaitons connaître les actions que son département compte mettre au point dans le but de rassurer nos concitoyens installés à l’étranger. Et afin, également, d’améliorer l’image du Maroc et des Marocains au sein de l’opinion publique européenne, essentiellement dans les pays où se trouvent de fortes communautés marocaines.

Quels types d’actions, à votre sens, le gouvernement marocain doit lancer pour atteindre ce double objectif dont vous parlez?

Au FFD, nous avons longuement réfléchi à cette question, car nous voulons évidemment avancer des propositions à Mme Nezha Chekrouni. C’est ainsi que nous avons pensé à l’organisation de marches au Maroc et à l’étranger. Nos consulats peuvent jouer un rôle déterminant sur ce point. Il s’agira également d’organiser des sit-in, des séminaires et des conférences pour expliquer aux Européens que l’Islam n’est pas synonyme de terrorisme et que les Musulmans de manière générale, et les Marocains plus précisément, sont, par nature, tolérants et contre toute forme de terrorisme. Il faut également montrer aux Européens que le véritable terrorisme se trouve en Israël. Un pays qui n’a aucun scrupule à tuer des vieillards et des enfants. Voilà quelques messages qu’il va falloir transmettre.

Pensez-vous que le gouvernement marocain est capable de jouer un tel rôle?

Au Parlement, nous avons une force de proposition. A travers la réunion avec la ministre déléguée chargée des MRE, nous voulons faire bouger les choses. Ceci-dit, nous sommes conscients que le Parlement, également, sera appelé à se mobiliser. J’espère que le Bureau de la Chambre réfléchira à une action concrète, sachant que nous sommes à quelques jours de l’ouverture de la session d’avril. Les partis politiques et la société civile doivent également mettre la main à la pâte. En fait, l’ensemble de ces intervenants, y compris le gouvernement, doivent agir de manière complémentaire. Dans ce type d’affaires, il n’y a ni majorité, ni opposition.










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