Alors que les syndicats ont lancé un appel à la grève pour les salariés des grands magasins parisiens à l’ouverture de la période des soldes, Akka Ghazi, responsable du secteur commerce à la CGT, répond aux questions de « Liberation.fr » •

La grève a t-elle été suivie ce mercredi et qu’elle en était les revendications majeures ?

L’appel à la grève lancé dans les grands magasins parisiens ne va probablement pas être très suivi par les syndicats.

L’objectif essentiel de cet appel à la grève était d’attirer l’attention publique et celle de la presse sur les conditions de travail des salariés du commerce. Les conditions de travail des salariés se dégradent non seulement du point de vue des horaires mais également des salaires. Les horaires sont une contrainte pour les employés puisqu’il faut savoir que plus de 80 % des syndiqués vivent en dehors de Paris. Tout d’abord, cette situation les fait rentrer très tard chez eux et engendre une détérioration de la vie familiale. Cette flexibilité d’horaires étant devenue un fait accompli, elle entraîne une annulation des majorations de salaire et cela devient un phénomène normal.

Cette flexibilité d’horaires a-t-elle un impact dans d’autres secteurs ?

La flexibilité accrue des horaires et des jours de travail, comme le dimanche, s’étend à d’autres secteurs puisque l’ouverture des magasins le dimanche et le soir oblige les services bancaires, de sécurité, de nettoyage, de transport et même les crèches pour enfants à suivre obligatoirement ces conditions de travail. On rentre donc dans une déréglementation de la vie des gens en déstructurant le temps de travail et donc de vie. Cette déréglementation va donc contre les intérêts des salariés.

Mais ces changements d’horaires sont favorables aux consommateurs...


L’un des arguments choc des patrons est que ce sont les consommateurs qui souhaitent ces horaires. Mais je ne vois aucune revendication, manifestation des consommateurs. Le fait est que l’on dissocie les salariés des consommateurs. Il faut qu’ils se mettent à la place des salariés, …Si on leur demandait de travailler le dimanche et le soir jusqu’à 22h, il refuserait certainement bien que je comprenne que ça puisse être un avantage et un bien pour eux. Les touristes sont également un autre argument choc. Les patrons appliquent là, la technique du cheval de Troie. Des magasins comme Virgin ou encore la ZAC (zone d’activité commerciale) de Gonesse prétendent être des zones touristiques et ont donc reçu l’autorisation d’ouvrir chaque dimanche. Cela provoque des plaintes d’autres commerçants qui aimeraient bénéficier du même droit ou encore une distorsion de concurrence entre les commerçants.

par Bérangère Nicolas








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