Environ 725 migrants de plus ont péri dans la Méditerranée jusqu’ici en 2016 par rapport à la même période (janvier au 4 novembre) l’année dernière, et ce, après deux naufrages ayant eu lieu mercredi 2 novembre dans la Méditerranée entre la Libye et l’Italie et au cours desquels 240 migrants ont disparu et sont présumés morts.

Ces dernières tragédies portent le triste décompte de décès de migrants lors des traversées de la Méditerranée en 2016 à 4 220, en faisant l’année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les migrants en Méditerranée, dépassant le total de 2015 de plus de 3 770. 


Les 27 rescapés et les 12 corps, dont ceux de 3 enfants, d’un précédent naufrage, ont été amenés sur l’île de Lampedusa par deux navires des garde-côtes italiens. Les survivants ont informé le personnel de l’OIM de la présence à bord de 6 enfants et 18 femmes, dont certaines enceintes. Ce naufrage a donc fait quelque 113 victimes, incluant les migrants disparus et les corps repêchés.

En plus des 27 survivants de ce naufrage, les navires des garde-côtes italiens ont aussi amené à Lampedusa deux autres rescapés d’un autre naufrage – deux femmes sauvées lors d’une seconde opération de sauvetage. Elles ont raconté à l’OIM que ce second naufrage s’était produit le mercredi 2 novembre, à environ 5 heures du matin. Les femmes ont déclaré qu’elles voyageaient à bord d’un canot pneumatique transportant 130 personnes et le nombre de migrants disparus s’élève à environ 128.

« L’augmentation du nombre de victimes par rapport à l’année dernière est lié à deux facteurs différents », a déclaré Federico Soda, Directeur du Bureau de coordination de l’OIM pour la Méditerranée à Rome. « Premièrement, trois grands naufrages ont eu lieu fin avril et fin mai, qui ont touché des centaines de personnes qui voyageaient à bord de trois embarcations précaires. Ces naufrages ont fait près de 1 400 victimes. Ce dernier mois a également été extrêmement tragique. Plus de 250 personnes ont perdu la vie la semaine dernière et 240 hier. »

« Octobre est généralement un mois où les conditions en mer sont mauvaises, ce qui provoque inévitablement plus d’incidents. En Italie, nous avons été témoins d’un nombre record d’arrivées en octobre : 27 388 cette année, contre 8 915 en 2015 et 15 264 en 2014. Avec le nombre croissant de bateaux, le risque de naufrage est aussi plus élevé », a t-il ajouté.

Flavio di Giacomo, porte-parole de l’OIM à Rome, a déclaré que la raison de cette augmentation du nombre d’arrivées de migrants en octobre était en partie expliquée par le témoignage des rescapés. « Les migrants qui atteignent l’Italie nous racontent que les passeurs leur disent que les garde-côtes libyens sont formés pour mener à bien davantage d’opérations de sauvetage en mer. Dans quelques mois, les migrants qui décident d’entreprendre la traversée seront plus susceptibles d’être secourus par les garde-côtes libyens et ramenés en Libye. »

Flavio di Giacomo a ajouté que bien que ces témoignages devaient être vérifiés, de nombreux migrants ont raconté à l’OIM que c’est la raison pour laquelle on assiste à un afflux actuellement. « En fait, les migrants ne veulent pas être ramenés en Libye, où ils risquent de retomber dans le cercle vicieux de la violence et de la maltraitance qu’ils fuient. »

Même si le nombre d’arrivées de migrants en Italie est monté en flèche en octobre, le nombre global d’arrivées n’a augmenté que de 13 pourcent par rapport à l’année dernière et correspond au total de 2014.

L’éventail de nationalités a changé : moins d’arrivées de la corne de l’Afrique et du Moyen-Orient mais le nombre de ressortissants d’Afrique de l’Ouest a augmenté.

« Les projets de migration des Ouest-Africains changent souvent à mesure de leurs voyages. Bon nombre ne souhaitaient que migrer en Libye pour travailler, puis ont finalement tenté de traverser la mer pour rejoindre l’Europe et fuir la maltraitance et la violence qu’ils y subissaient », a déclaré M. Soda.

« Une autre nouvelle tendance par rapport à quelques années en arrière est que de plus en plus de migrants qui arrivent par la mer souhaitent désormais rester en Italie et ne prévoient pas de poursuivre leur périple vers l’Europe du Nord », a t-il fait remarquer.

Dans le même temps, au 2 novembre, l’OIM fait état de 335 031 migrants et réfugiés entrés en Europe par la mer en 2016, principalement en Grèce et en Italie. Quelque 169 901 personnes sont arrivées en Grèce et 159 496 en Italie en 2016.

Ce total de 335 031 arrivées de migrants jusqu’ici est bien en-deçà du nombre total d’arrivées au même moment en 2015. Quelque 728 926 migrants et réfugiés avaient effectué le périple entre le 1er janvier et le 31 octobre 2015.

En Grèce, 96 arrivées de migrants par la mer ont été enregistrées les 29 octobre et 2 novembre sur les îles grecques de Lesbos, de Rhodes, de Samos et de Megisti.

Nombre total d'arrivés et de décès en Méditerranée 




Les données sur les décès sont recueillies par le GMDAC. Tous les chiffres sont des estimations minimales.
Les données sur les arrivées sont recueillies par les gouvernements respectifs et les bureaux de l’OIM sur le terrain

Dernière infographie mise à jour dans la Méditerranée :
migration.iom.int\docs\Mediterranean_Update_4_November_2016.pdf
Pour consulter les dernières données sur les arrivées et les décès de migrants en Méditerranée, veuillez vous rendre sur : http://migration.iom.int/europe
Pour en savoir plus sur le Projet sur les migrants disparus : http://missingmigrants.iom.int

Source : iom.int/fr/




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