Mercredi 13 juillet à Skhirate, vous avez organisé en grande pompe un forum destiné aux journalistes marocains exerçant à l’étranger. À cette occasion, une belle brochette de personnalités était présente à vos côtés dont l’incontournable et débonnaire Abdallah Boussouf, secrétaire général du Conseil consultatif des marocains de l’étranger. 

Comme à l’accoutumée, vous avez joué sur cette fibre patriotique et rassembleuse interpellant les tréfonds de l’âme. Hymne national, hommage à la mission dévolue aux médias, sensibilisation quant aux enjeux…Sans oublier bien entendu les bonnes choses présentées à l’assistance, faisant en cela la joie du traiteur qui a raflé la mise.

Dans votre élan passionné, vous avez caressé vos invités dans le sens du poil, et ce, avec des propos bien choisis, dénotant d’une maîtrise parfaite de la langue de bois, l’un de vos exercices de prédilection. Vous allez juste nous permettre à ce titre une petite remarque sympathique à 6000 kilomètres de distance : Certains participants à votre forum ont autant de rapports avec le journalisme que les Bushmen du désert du Kalahari n’en ont avec les autochtones du Nunavut. Des personnes biens connues dans les milieux communautaires et qui trouvent le moyen de s’inviter au Maroc cinq à six fois par an sous des casquettes bien différentes. Journalistes, acteurs associatifs, organisateurs de caravanes de solidarité, et peut-être bientôt membres de la prochaine mission de Discovery.

Bien entendu, Monsieur le ministre, ces invités de marque qui honorent notre profession même s’ils seraient incapables d’écrire un mot sans commettre deux fautes d’orthographe, bénéficient, aux frais du contribuable marocain d’une prise en charge totale incluant billet d’avion, hôtel 5 étoiles, libations et repas à satiété, visites guidées accessoirement et autres surprises du chef. Vous semblez tellement obnubilé par ces personnages que vous ne manquez pas de leur remettre des rapports supposés être privés sur l’implication communautaire de leurs compatriotes…et vice-versa. C’est que, voyez-vous, au-delà de la langue de bois et des discours lénifiants dont vous maîtrisez les ficelles à merveille en fils prodigue de l’administration, vous brillez par la modestie de votre bilan.

À Skhirate, certaines de nos « consœurs » semblaient en outre sortir tout droit d’un défilé de monde organisé par Dior plutôt que des studios de CNN. C’est d’autant plus curieux que personne n’en a jamais entendu parler. Au cas où nous serions dans l’erreur, nous vous prions de bien vouloir nous en excuser. Nous ne sommes que de pauvres hères égarés en quête de vos lumières.

Et que dire de votre cher ami, l’inénarrable et ineffable Abdallah Boussouf, secrétaire général d’un CCME dont le mandat s’est achevé entre le Neandertal et le Cro-Magnon? Ce monsieur dont tout le monde loue la sympathie au demeurant, semble sortir de la poche de son veston des billets d’avion au profit des ses « amis » journalistes comme un prestidigitateur sort des lapins de son chapeau. « Alors, mon cher Mustapha! On s’ennuie ferme à Bruxelles? Viens donc te reposer au pays. C’est la patrie clémente et miséricordieuse qui régale! ». Tous ceux qui gravitent autour de ce milieu savent parfaitement de quoi il retourne.

D’ici quelques jours, Monsieur le ministre, vous serez à Montréal pour une énième activité. Grand bien vous fasse. Vous méritez de vous reposer, car le fait de flamber l’argent du contribuable est un exercice périlleux non destiné au profane. Vous y aurez droit au salon d’honneur de Dar al Maghrib comme cela sied à un personnage de votre calibre qui ne peut s’acoquiner avec le commun des mortels. Il est possible qu’on se croise à cette occasion. Auquel cas, je vous promets à titre privé une attitude respectueuse et élégante comme si ces mots n’ont jamais été commis. Reposez-vous, Monsieur le ministre et bienvenue à Montréal!






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