Du fond de leur contrée d'accueil, les citoyens marocains restent attachés à leurs origines et à leurs valeurs nationales. Ils sont aujourd'hui 5 millions - ou du moins les personnes répertoriées dans les consulats, car beaucoup de jeunes mais surtout les clandestins manquent à l'appel - à avoir choisi de vivre à l'étranger. 

Nombre d'entre eux jouissent aujourd'hui de la double nationalité mais ils restent tous marocains dans l'âme et leur attachement à leur patrie se manifeste dans leur implication dans son développement politique et socio-économique.

M. Hassan Samrhouni, un marocain établi aux États-Unis depuis une vingtaine d'années, est l'un des meilleurs exemples de l'intégration dans le pays d'accueil mais aussi de l'attachement indéfectible à son pays d'origine et du militantisme pour redorer le blason de son pays et promouvoir sa réputation dans le monde.

M. Samrhouni est président du Washington Moroccan Americain Club, ayant pignon sur rue à Washington. Un club initialement à caractère sportif mais qui s'est vite converti en carrefour culturel, politique, historique, qui s'intéresse aux medias et qui entreprend beaucoup d'actions visant à présenter et à représenter le Maroc aux États-Unis.

Le club milite aussi pour la sensibilisation des Américains à la question du plan d'autonomie du Sahara. Par ailleurs, le pays d'accueil est lui aussi au cœur des préoccupations des membres du club qui organise congrès, rencontres et conférences, s'occupe de l'accueil des congresmen et des sénateurs et les assiste dans leurs campagnes électorales. Le club se veut finalement un espace de soutien à la femme, à l'enfant, un moyen d'intégration dans le pays de résidence par l'accueil des nouveaux arrivants et des étudiants, de promotion de la langue amazigh, du tourisme culturel, auprès des décideurs et des bailleurs de fond.

Comme de nombreux militants, il trouve matière à dire à propos des dispositions prises pour l'implication des MRE dans le processus de vote et assure du droit de regard des MRE sur les décisions politiques dans leur pays d'origine. Les prochaines élections sont une belle opportunité pour les impliquer dans les changements constitutionnels profonds que connait le Maroc actuellement.

A défaut d'obtenir des sièges dans le prochain scrutin législatif, les Marocains résidant à l'étranger espèrent au moins participer à la transmutation politique de leur pays d'origine car ils sont marocains au même titre que les citoyens qui résident au Maroc et doivent donc jouir des mêmes droits.

Pour cela, le vote par procuration, proposé par le ministère de l'Intérieur, partage les opinions. M. Samrhouni déclare à ce sujet qu'«il est vrai que les MRE n'ont pas une vision claire des prochaines législatives mais ils s'accordent tous sur un aspect concernant la question : leur participation aux élections est une priorité et ils tiennent à contribuer au vote par le moyen le plus efficace, soit par procuration, soit par internet, ou même dans les consulats du Maroc aux Etats Unis. Le gouvernement marocain doit les rapprocher des législatives et gagner leur confiance. Le vote doit faire fi des frontières et des représentants peuvent être dépêchés dans les pays d'accueil afin de permettre aux MRE de s'impliquer dans le processus de changement politique du Maroc. L'éloignement géographique ne doit nullement constituer un handicap pour eux».

Si au pays de l'oncle Sam le vote par procuration est une option assez envisageable, en Europe certains partis politiques et de nombreuses associations regroupant des MRE ne voient pas du bon œil cette solution. C'est le cas du Collectif des Associations Démocratiques Marocaines en Europe pour une Citoyenneté Effective Ici et Là-bas qui rejette carrément cette proposition, tenant à la sacralité de l'opération de vote qui reste, pour eux, une affaire «individuelle» et «secrète» et qui propose que les MRE soient introduits dans les listes nationales dans le but de permettre, selon le Collectif, aux partis de proposer des candidats MRE. Mais encore, le collectif refuse la formation de partis qui leur soient dédiés exclusivement pour la simple raison que «qu'environ 10% de la population marocaine manque ces échéances électorales».




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