Pour Nabila Mounib, le PJD n’est pas un parti conservateur, mais un parti réactionnaire. A la tête du gouvernement, il a agi en conservateur sur le plan politique et social et a appliqué un libéralisme sauvage sur le plan économique.

Pour sa première sortie dans le cadre de la campagne électorale, Nabila Mounib, secrétaire générale du PSU, s’en est durement pris au PJD et au PAM. A Marrakech, où elle est tête de liste de la circonscription nationale de la Fédération de la gauche démocratique, la candidate a donné le coup d'envoi de la campagne électorale de l'Alliance. Elle y a notamment qualifié le PJD de parti réactionnaire, rapporte le quotidien Akhbar Al Yaoum dans son édition du lundi 26 septembre.

Ainsi, affirme Nabila Mounib, le PJD n’est pas un parti conservateur comme on veut nous le faire croire, mais bel et bien un parti réactionnaire. Pour preuve, elle avance, entre autres exemples, le projet du Code pénal qu’il a présenté et soutenu et «qui légalise les crimes d’honneur». De même que le parti tente d’enterrer le principe de l’égalité totale entre l’homme et la femme, pourtant consacré par la Constitution. Il tire ainsi un trait sur des années de militantisme menées par les démocrates et les défenseures des droits de la femme, dont des partis et des acteurs associatifs. Autre exemple avancé par le SG du PSU, le traitement que le PJD, à travers son gouvernement et sa majorité parlementaire, a réservé au projet de loi relatif à l’Autorité pour la parité et la lutte contre toute forme de discrimination contre la femme, puisqu’il a entièrement vidé cette instance de son sens.

Pis encore, affirme Nabila Mounib, le PJD et sa majorité parlementaire ont réduit à néant des acquis que les forces vives de ce pays ont pu arracher après des années de pénibles luttes politiques et sociales. En ce sens, le parti et sa majorité ont décidé, de manière unilatérale, d’une réforme de la Caisse de compensation et du régime de retraite civile sans prévoir d’alternative. Ce qui fait dire à cette dirigeante politique et syndicaliste, anciennement secrétaire régionale du SNEsup à Casablanca, que le gouvernement de Benkirane a été conservateur sur le plan politique et social, mais a adopté un libéralisme sauvage sur le plan économique. Elle n’a pas hésité non plus à le qualifier de «bon élève des institutions financières internationales». Sa politique d’endettement a ainsi mis le Maroc dans une situation peu enviable où la dette publique représente 80% du PIB, un niveau jamais atteint par aucun Etat.

De même, Nabila Mounib qualifie le gouvernement sortant de «faible, dépourvu d’intelligence» et l’accuse de ne «jamais s’être préoccupé de l’avenir du pays».

Le PAM en a également pris pour son grade. La patronne du PSU l’a qualifié de «parti d’administration créé dans la lignée du FDIC et autres partis de l’administration». Sinon, comment se fait-il, insiste Nabila Mounib, qu’un parti créé en 2008 puisse être propulsé de la sorte sur le devant de la scène politique?

Il faut dire que de tels cas ne manquent pas. En Grèce, le parti de la gauche radicale Syriza a été porté au pouvoir peu après sa création. Tout près de chez nous, en Espagne, le parti Podemos, également de la gauche radicale, créé dans la foulée du mouvement social qui a traversé l’Espagne en 2011, est actuellement un acteur incontournable de la scène politique espagnole. Les deux formations n’ont jamais été qualifiées de partis d’administration.

Nabila Mounib reproche également au PAM de servir de parachute politique à des personnes aux activités douteuses. Ce qui était, cela dit en passant, quelque peu vrai au début, le parti ayant attiré des éléments peu recommandables. Mais il a vite entrepris de se débarrasser de ce genre de «militants». Preuve en est que son groupe parlementaire a complètement changé depuis sa création en 2008. La Direction du parti a d’ailleurs changé au moins trois fois depuis sa création.

Bref, le message de la dirigeante de la FGD est clair. Less citoyens ne sont pas forcément tenus de faire le choix entre le PJD et le PAM. La FGD, qui se présente en tant qu’alternative, une sorte de troisième voie, a d’ailleurs choisi comme slogan politique: «Avec nous, un autre Maroc est possible». Pour le reste, l’Alliance, qui a pu couvrir 90 circonscriptions électorales sur 92, ce qui est en soi un exploit, a présenté un programme qui compte 26 axes et plus de 400 mesures.
Le360.ma 




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