Le Roi Mohammed VI du Maroc a adressé un important discours à la nation, le 20 août 2016, à l'occasion de l'anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple (pour la libération du Maroc).

Le souverain a constaté la pertinence du modèle marocain qui est en train de réussir et de séduire. Dans ce discours de combat, il a affirmé sa détermination à lutter contre les facteurs de radicalité et les tentations terroristes. La parole du Roi qui est Commandeur des Croyants et seul habilité à fixer le cap du champ religieux est de première importance aussi bien au Maghreb qu’en Afrique noire et plus largement auprès du monde musulman compte tenu de la réussite du modèle marocain.

Les fanatiques sont les vrais mécréants

Le Roi a d’abord réaffirmé les principes fondamentaux de l’Islam du juste milieu qu’il incarne. Sur ce point le message est sans ambages : il dénonce la supercherie et le mensonge des obscurantistes déviants qui déshonorent la religion. À cet égard, le souverain chérifien a été très clair : « Ceux qui incitent au meurtre et à l'agression, qui excommunient indûment les gens et qui font du Coran et de la Sunna une lecture conforme à leurs intérêts, ne font que colporter le mensonge au nom de Dieu et du Prophète… C'est cela la vraie mécréance. »

Par ailleurs le Roi a condamné le fanatisme et le terrorisme en affirmant que « les terroristes qui agissent au nom de l'islam [...] sont des individus égarés condamnés à l'enfer pour toujours. Ils instrumentalisent certains jeunes musulmans, plus particulièrement en Europe, et exploitent leur méconnaissance de la langue arabe et de l'islam véridique pour relayer leurs messages erronés et leurs promesses dévoyées ». Il a rappelé que la notion de « jihad » n’est « envisageable que par nécessité d'autodéfense, et non pour commettre un meurtre ou une agression ».

Pour un front commun
En outre, le discours royal a condamné vigoureusement le meurtre d'un prêtre dans l'enceinte d'une église en Normandie par deux terroristes le 26 juillet, il a déclaré que c’est « est une folie impardonnable ». En conséquence, le Roi appelle toutes les croyances à constituer un front commun pour lutter contre le fanatisme : « Face à la prolifération des obscurantismes répandus au nom de la religion, tous, musulmans, chrétiens et juifs, doivent dresser un front commun pour contrecarrer le fanatisme, la haine et le repli sur soi sous toutes les formes ».

Le roi Mohammed VI s'est également adressé à la diaspora marocaine en invitant les Marocains de l’étranger, vivant en Europe et dans le reste du monde, à se faire les « défenseurs d'un islam tolérant et pacifique » en restant attachés aux véritables valeurs de leur religion et à leurs traditions séculaires face un phénomène extrémiste qui leur est étranger ».Selon le souverain les Marocains résidant à l’étranger doivent toujours être « en première ligne parmi les défenseurs de la paix, de la concorde et du vivre-ensemble dans leurs pays de résidence respectifs ».


Le rôle indispensable du Maroc
Le discours du Roi est un acte important pour déjouer les extrémistes de tout bord qui rêvent de promouvoir le choc des civilisations prédit par Huntington et les néoconservateurs états-uniens. Il s’inscrit dans la continuité de l’Islam modéré, de l’entente entre les religions et du rôle leader du Maroc en la matière.


Comme le soulignait Charles Saint-Prot, directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris, lors de l’émission de grande écoute « Bourdin direct » sur RMC, le 23 août, « le Maroc est un pays équilibré, il est à la fois traditionnel, attaché à ses traditions nationales et religieuses, et progressiste et très ouvert pour aller en avant. C’est le sens du message du Roi Mohammed VI qui est aussi le partenaire privilégié et indispensable du monde occidental pour lutter contre l’extrémisme. Il faut bien voir que nous avons besoin du Maroc car c’est le seul pays qui a une expertise en la matière et c’est le seul pays qui offre un partenariat loyal et fiable pour lutter contre l’extrémisme. Le Maroc est un rempart contre les déviations extrémistes. Nous avons besoin de ce Maroc stable, ferme et clair qui sait prendre ses responsabilités et qui est un acteur de premier ordre pour la stabilité des deux côtés de la Méditerranée ».

Dr Zeina el Tibi
Présidente déléguée de l’OEG

Lire le Bulletin OEG de septembre 2016 Ici






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