Inversons la formulation de l’invitation publique à une rencontre ce samedi 21 juin 2014 organisée à Paris par la commission MRE du PJD, avec l’association Maroc développement.

Au lieu que ce soit « Marocains du Monde : PJD-France vous écoute », proposons une autre démarche : «PJD-France, les Marocains du Monde vous écoutent !».

Le Maroc faisant partie du monde et les Marocains, où qu’ils se trouvent, étant des citoyens également du Maroc, on peut estimer que l’invitation d’écoute adressée par les représentants de ce parti marocain en France concerne tous les Marocains, qu’ils soient à l’extérieur ou à l’intérieur du Maroc.

D’autant plus que la question de la communauté marocaine à l’étranger est une question stratégique d’intérêt national et que le respect de ses droits multidimensionnels, y compris politiques par rapport au Maroc, interpelle tout le monde au Maroc.

L’écoute des attentes des citoyens par un parti politique est un exercice sain pour en tenir compte dans l’élaboration des programmes politiques et pour ajuster et mettre à niveau les positions et les pratiques publiques, surtout quand on dirige un gouvernement. Mais le PJD à travers divers meeting, rencontres à l’étranger avec ses responsables, diverses interventions publiques d’ONG de l’émigration, des mémorandums, pétitions de MRE remises, n’a-t-il pas déjà entendu les Marocains du Monde ? Mais les a-t-il écoutés ?

Par ailleurs, l’écoute suppose aussi une « écoute intérieure », l’appel à la mémoire. L’exercice est normalement plus facile lorsque sur ce registre des droits politiques par rapport au Maroc des citoyens marocains à l’étranger, les positions de ce parti politique au Maroc étaient justes et pertinentes.
  • L’absence d’amnésie sur la période où ce parti était dans l’opposition, s’avère une nécessité. Maintenant qu’il est au gouvernement, on doit l’écouter lui, sur les raisons de changement majeur de ses positions. Sans double langage ni langue de bois, quelle est la véritable politique du PJD au sein du gouvernement qu’il dirige concernant la question de la citoyenneté intégrale et des droits politiques des MRE par rapport au Maroc ?
  • Pourquoi l’initiative parlementaire de députation des MRE impulsée par certains(e)s député(e)s de ce parti, n’a pas abouti par l’inscription officielle de cette proposition de loi au sein de la Chambre des Représentants ?
  • Quelles est l’origine exacte de ce blocage et comment levé cette obstacle ?
  • Quelles sont les propositions concrètes dans ce domaine ?
  • Pourquoi s’agissant de l’exercice réel de ces droits politiques, le secrétaire général du PJD a-t-il déclaré à deux reprises au parlement, avec sa casquette de chef du gouvernement marocain, que les droits politiques des MRE par rapport au Maroc, constituent un sujet très délicat et sensible, qu’il faut prendre avec beaucoup de précautions, un dossier qui connait d’énormes problèmes techniques de faisabilité et des contraintes politiques ? En tant que chef du gouvernement et avec toutes les dispositions de la nouvelle constitution, ce problème ne peut-il être résolu par le chef du gouvernement ?
  • Le représentant du PJD en France étant par ailleurs membre à part entière du CCME, quelle est son analyse du fonctionnement jusqu’ici de cette institution, de ce ses résultats et quelle est sa conception de la mise en place future de CCME constitutionnalisé ?
Voilà dans le cadre de ce débat public à distance, mais qui nous concerne tous, quelques questions adressées par un Marocain « du dedans » aux représentants d’un parti national parmi les Marocains « du dehors ».

Rabat, le 19 juin 2014
Abdelkrim Belguendouz
Universitaire à Rabat, chercheur spécialisé en migration






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