Tel est le titre du deuxième essai de Ahmed Ghayet. Le livre fait un round-up des jeunes des 2ème et 3ème générations en France qui gardent un amour particulier pour le pays d’origine.

Né en 1964, Ahmed Ghayet, conseiller auprès de Martine Aubry et d’Elisabeth Guigou Ministre de l’Emploi et de la Solidarité chargée de la jeunesse et des quartiers, milite dans des associations en France et au Maroc. Il vient de publier son deuxième écrit.

L’auteur présente dans ce livre, des jeunes qui revendiquent fièrement leur marocanité. Leurs responsabilités dépassent la cohabitation entre “Marocains » des deux rives mais ils sont impliqués directement ou indirectement à forger l’image des arabes et des musulmans en lien avec les sujets d’actualité tels la situation au Moyen Orient, les attentats du 11 septembre, la Xénophobie (la mort du petit Larbi)...

L’auteur écrit à ce sujet : « Ces jeunes “Euro-Marocains” peuvent devenir un formidable facteur de développement du pays d’origine...Ce mot risque, de premier abord, de poser question, tant dans sa signification que dans le “mouvement” dans les mentalités qu’il nécessite.... Les jeunes marocains vivant en Europe et possédant la nationalité de leur pays d’accueil votent pour les différentes élections ayant lieu dans ces pays. Cela contribue très fortement à faire d’eux des acteurs de la vie politique et de la vie sociale de leur pays de résidence. Partant de ce fait, découle tout naturellement une constatation : la population marocaine vivant à l’étranger (la nationalité marocaine ne se perd jamais et se transmet de génération en génération) ne vote pas lorsque se déroulent des élections dans son pays d’origine : le Maroc.”

L’auteur ajoute : “ Des élections se dessinent à l’horizon 2002, il me paraît utile de réfléchir dès maintenant aux moyens à mettre en œuvre pour permettre que ces 2 millions de Marocains vivant à l’étranger puissent prendre part à ce vote. En effet, comment demander à ces Marocains d’être citoyens de leur pays d’origine s’ils n’ont pas la possibilité d’accéder à ce droit. Choisir son président de commune, son député...devrait être possible pour ces Marocains, qui payent des taxes, envoient des devises, participent à un grand nombre de facettes de la vie du Maroc et constituent une part importante de la nation marocaine. Des exemples pris auprès de communautés voisines montrent que cela est faisable et souhaitable : les Algériens, les Tunisiens de France votent, sans parler des Portugais, des Espagnols...qui participent tous aux élections de leur pays d’origine. Si donc, l’on recherche les moyens de maintenir et de raffermir le lien entre les Marocains de l’étranger et le Maroc (notamment les nouvelles générations) n’est-il pas judicieux de se pencher sur ce sujet et de permettre à cette catégorie de Marocains d’être pleinement citoyens ?”.

Quant à la question de la femme, Ghayet explique : “Bien des injustices gèrent encore aujourd’hui la situation de la femme. Des femmes se battent pour arracher leurs droits ; une commission est chargée de réfléchir aux modifications à apporter à la Moudaouana. Cependant un problème qui reste peu évoqué dans les débats ou les colonnes des journaux, celui de l’impossibilité pour la mère de transmettre la nationalité marocaine à ses enfants, lorsque celle-ci épouse un non-Marocain”.

Ahmed Ghayet s’exprime à ce sujet et dit : “ Mais l’on aurait tort de penser que cela est “réservé” aux Marocaines de l’étranger. Nombreuses sont celles vivant au Royaume qui se marient également avec des non-Marocains. Peut-être, d’ailleurs, la situation est-elle encore plus intenable pour elles, car leurs enfants vivent alors au Maroc, comme des étrangers titulaires d’un titre de résidence. Que dire lorsque cette même Marocaine se retrouve veuve ou divorcée, en charge de ses enfants et que ceux-ci demeurent des étrangers au seul pays auquel ils appartiennent, le Maroc...Permettre aux femmes marocaines de transmettre leur nationalité irait dans le sens du progrès de l’avenir, de l’Histoire...Bien sûr, c’est tout un statut qu’il est nécessaire de réformer, mais le cas spécifique de la transmission de la nationalité devrait, me semble t-il, faire l’unanimité des gens de bonne volonté et puisqu’il s’agit du bonheur d’enfants pourquoi attendre".
Ahmed Ghayet a également déploré l’attitude de quelques jeunes issus de l’immigration qui, certes, sont minoritaires mais qui donnent une image déplorable des autres.

Le lecteur remarquera que le style de l’essai est simple et aussi que le prix du livre n’est donné qu’en Euro.
* Editions Eddif prix : 10 Euro (100dhs).

N.B : La population marocaine de l’étranger avoisine 2,5 millions. Le collectif des Marocains, regroupant plus de soixante associations marocaines réparties dans la région Ile de France a adressé un manifeste à S.M le Roi, le 27 juin 2002 concernant le code électoral qui ne prévoit pas la participation des MRE. Ils revendiquent le droit de voter.

B. ElKhadir pour le Reporter


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