Dans les stigmates de l’exil, les racines et les ailes demeurent un référent : les racines portent l’étendard de l’identité, et les ailes constituent le vecteur de l’épanouissement et de la promotion de cette identité.

Qu’on s’en va au Maroc ou qu’on revient au Canada, l’entre-deux rives est là, en vecteur du rapprochement, une constante issue de la mobilité migrante, sur fond de l’exercice de la citoyenneté comme paravent.

Dire que le vote des MRE dans les régionales et les municipales n’est qu’une mélodie dans l’imaginaire collectif, cela frôle la supercherie. C’est un croit inébranlable, une nécessité.
  • Voter est une façon de dire son appartenance au socle de la marocanité.
  • Voter permet à cet amour pour les racines de continuer de tisser ses passerelles entre la société d’accueil et la mère-patrie.
  • Voter, c’est refuser la marginalisation identitaire ainsi que pour nos enfants.
Bien entendu, les obstacles géostratégiques ne peuvent empêcher les idéaux de pointer. Ils sont surmontables par la volonté politique et l’esprit de concertation.

Les MRE ont bien du parcours à resplendir, de revendications en revendications, de réalisations en réalisations, de sollicitations en luttes inégalées, le vote des MRE n’en demeure pas moins un droit validé à même les plus grandes instances du pays, et ce en la personne du Roi.

Rappelons ce pan du discours du Chef du gouvernement du Maroc, M. Abdalilah Benkirane, à un certain 10 aout 2014, et qui avait déclaré: « les Marocains du monde seront représentés au Parlement », déclaration pour le moins ambitieuse mais qui reste jusqu’à maintenant lettre morte, devant les diverses ramifications manquant de coordination.

Rappelons l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) qui avait déposé une proposition de loi modifiant la loi organique relative à la Chambre des représentants, et prévoyant 30 sièges supplémentaires au Parlement destinés aux Marocains du monde. Le texte s’appuyant sur l’article 17 de la Constitution stipule que « les Marocains résidant à l’étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté y compris le droit d’être électeurs et éligibles ».

Rappelons ce projet de loi, proposé par le parti de l’Istiqlal au Parlement, et qui vise à accorder 60 sièges à la Chambre des représentants aux Marocains du monde, soit un siège par 84.000 personnes, dans une perspective d’élargissement de leur représentativité au sein des institutions nationales.
  • N’est-il pas que la Constitution marocaine est l’une des rares au monde à avoir consacré cinq articles à la diaspora (16, 17, 18, 30 et 163) ?
  • N’est-il pas que l’unité de tout pays, commence par le respect des citoyens et de sa diaspora, et le respect de leur droit et de leurs obligations, avant le respect même des privilèges octroyés aux thuriféraires de la bonne gouvernance ?
Les stigmates de l’exil ne sont pas seulement enclenchés dans l’exercice de la citoyenneté par le droit au vote, mais surtout au nom du resplendissement d’une identité marocaine et en continuelle lutte contre l’autoflagellation.

Quand est-ce que la réalité épousera le rêve ?

© Kamal Benkirane






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