Françaises, Français, La France connaît un moment difficile, une crise grave que nous n’avons pas su prévenir. Je m’adresse à vous suite à une crise de conscience qui m’oblige aujourd’hui à ne plus cacher la vérité.

Ces cités qui brûlent, ces jeunes qui se révoltent c’est un pan de la France qui nous appelle. Incendier des écoles ou des hôpitaux est absolument intolérable et inadmissible. Justement, le gamin qui s’en prend à l’école nous dit par ce geste scandaleux qu’il ne respecte plus une institution qui n’a pas su lui donner une bonne instruction ni lui ouvrir les portes de l’emploi. Il met le feu à ce qui a fait de lui ce qu’il est, un délinquant qui ne croit plus à rien, un jeune qui détruit tout parce que sa propre vie a été privée d’un avenir normal, je veux dire privée de ce que tout être est en droit d’attendre d’ un État et d’une nation aussi puissants et généreux que la France. Sa vie ressemble à un champ de ruine où plus aucune valeur ne se maintient. Il ne raisonne pas comme vous et moi ; il ne raisonne même pas ; il agit et la seule chose qui l’intéresse c’est de savoir si ses copains de l’autre cité ont fait un meilleur score en destruction et s’ils sont passés à la télé.

Cette situation s’est vite transformée en un engrenage où même les sapeurs pompiers venus, au risque de leur vie, éteindre des feux un peu partout, ont été agressés. Nous ne sommes plus dans le registre de la petite délinquance ou de la crise de nerfs. Nous sommes bel et bien face à une révolte qui sème le chaos et détruit son propre environnement. C’est que ces quartiers, ces cités ne sont pas dignes d’une population composée d’immigrés et de leurs enfants qui ne sont pas des immigrés mais des citoyens français que nous avons eu le tort de ne pas considérer avec équité et justice.

La responsabilité de ce désastre annoncé incombe non seulement à moi et à mon gouvernement mais aussi à tous les gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans, depuis que la France a décidé le regroupement familial et ne l’a pas accompagné par un travail d’accueil, d’insertion et de promotion de cette génération née et élevée sur le sol français.

Je sais, et l’on n’a pas hésité à me le faire rappeler, j’ai dit ce qu’il fallait dire au moment où je me préparais à demander votre confiance ; je répète aujourd’hui les mêmes phrases que j’ai prononcées dans un discours de campagne électoral il y a dix ans : « dans les banlieues déshéritées règne une terreur molle. Quand trop de jeunes ne voient poindre que le chômage ou des petits stages au terme d’études incertaines, ils finissent par se révolter. »

Nous voilà arrivés à ce moment tant redouté –mais on a finit par tout oublier-- où le chaos règne dans nos banlieues.

Alors que faire ? Certes, rétablir l’ordre avec fermeté et justice. Rétablir la République là où elle a été bafouée. Cela c’est le travail de la justice. Ensuite, parler à ces jeunes entraînés dans la dérive spectaculaire du nihilisme, leur tenir le langage de la vérité. Mais comment se faire entendre tant le bruit des jets des pierres et des cocktails molotov et des cris est assourdissant. Alors il faut agir.

Françaises, Français,
En cette heure grave, j’ai décidé dans un esprit d’apaisement de rendre visite aux familles qui ont souffert de ces troubles, aussi bien celles à qui on a brûlé leurs voitures que les familles des policiers agressés et blessés, j’irai voir la famille des deux jeunes qui ont été électrocutés accidentellement, une façon de compatir à leur chagrin. J’irai voir la mosquée où malheureusement une bombe lacrymogène a éclaté.

J’ai décidé ensuite de demander au ministre de la ville de tout mettre en œuvre d’urgence pour changer cet habitat pathogène. Nous allons détruire ces immeubles malsains et construire des habitations à taille humaine. Cela prendra du temps, mais dès cette semaine, un budget conséquent sera voté.

J’ai décidé de demander au ministre des finances de doubler systématiquement les salaires des enseignants travaillant dans ces zones difficiles, d’offrir des bourses d’étude pour les élèves méritants, d’engager des éducateurs pour aider les familles à assurer le suivi scolaire de leurs enfants.

J’ai décidé de tout entreprendre pour que cette nouvelle et brutale fracture sociale ne menace plus l’unité nationale. Je verrai dès demain les principaux dirigeants politiques de notre pays quelle que soit leur couleur politique ainsi que les représentants des musulmans et nous discuterons de ce qu’il conviendrait de faire.

Il conviendrait d’autre part que toute l’Europe se mobilise pour mettre sur un pied une politique nouvelle, rationnelle et humaine de l’immigration. C’est parce que nous n’avons pas su offrir des conditions de vie de qualité aux millions d’immigrés que certains de leurs enfants et petits enfants, livrés à eux-mêmes, se sont révoltés et ont cassé ce qu’ils ont trouvé dans leur environnement immédiat. Ce problème concerne toute l’Europe et c’est pour cela que j’envisage d’en faire un cheval de bataille, tâche à laquelle je m’attellerai jusqu’à la fin de mon mandat et même au-delà.

Vive la France métissée !
Vive la République !


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