La demande formulée par certaines associations de MRE d’une ouverture de la liste nationale à la diaspora n’a pas été entendue. Cette liste, dédiée aux femmes, intègre désormais les jeunes mais pas les MRE.

La douche est froide pour les associations de migrants qui militent pour une représentation au Parlement marocain des MRE : leur revendication d’une ouverture de la liste nationale à ces derniers n’a pas été entendue. Le gouvernement de Abbas El Fassi a donné son aval pour l’intégration d’un quota de jeunes sur cette liste jusque-là exclusivement féminine. Mais il ne l’a pas ouverte aux MRE. Dans un entretien accordé au quotidien marocain « Les Echos », Fkire Salem, le président de Cap Sud MRE n’a pas caché son amertume ; « Plus que de la frustration (nous avons) un intolérable sentiment d’injustice et d’exclusion. Nous autres MRE, nous ne comprenons pas qu’après nous avoir considéré comme des citoyens de plein droit, en particulier à l’occasion de la campagne du référendum en Europe où nous avons été sollicités plus souvent qu’à notre tour, on nous dénie aujourd’hui le droit d’élire et d’être éligibles comme est en droit de revendiquer tout citoyen marocain ».
Un espoir déçu.

Créée en mai 2010, CAP Sud MRE regroupe quelques 45 associations de Marocains du monde. Parmi ses fondateurs, on compte des chefs d’entreprise qui ont fait le choix d’investir au Maroc. Cette implication économique de certains de ses membres dans leur pays d’origine explique leur volonté d’avoir voix au chapitre sur le plan politique. Mais CAP Sud MRE n’est pas le seul regroupement de MRE à avoir formulé cette demande d’accès des MRE à la liste nationale. Courant août, ce sont plusieurs associations et personnalités marocaines du monde réunies au sein du Collectif des Associations Démocratiques Marocaines en Europe pour une Citoyenneté Effective Ici et Là-bas » qui montaient au créneau sur le sujet. Pour y sensibiliser l’opinion publique marocaine, les représentants de ce collectif avaient organisé un point de presse dans la capitale. « Nous voulons participer à la vie démocratique de notre pays» avait affirmé Abdou Menebhi, le président du collectif, expliquant que l’intégration dans le texte constitutionnel de trois articles relatifs aux MDM avait « créé l’espoir » au sein de la diaspora. Comprenant qu’il faille du temps pour mettre en place dans les pays d’accueil les outils nécessaires à l’organisation du vote des MRE, M.Menebhi avait dit accepter le principe d’une période transitoire. Mais à l’instar de ses camarades présents autour de la table, il avait estimé impératif que les MDM soient présents aux prochaines législatives et ce par l’instrument de la liste nationale. Ce sera là, avait-il souligné, « une manière de créer des liens entre les partis et les MDM. Si cette question de liste nationale des MDM n’est pas résolue, la crédibilité des partis politique sera en jeu ».

La fin de non recevoir opposée par le gouvernement a donc engendré déception et ressentiment chez les porteurs de cette revendication. Certaines associations envisagent d’enclencher des actions en justice pour faire triompher leurs droits de représentation. D’autres pensent en appeler à l’arbitrage du roi. Pour le président de Cap Sud MRE, celui-ci s’est déjà prononcé sur la question en avalisant la constitutionnalisation des droits des MDM. Malgré son amertume, Fkire Salem « veut croire aux politiques de (mon) pays ». Et entend, avec les associations réunies au sein de Cap Sud MRE, continuer à batailler sur la question jusqu’à obtenir satisfaction.




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