A 40 jours des élections législatives, le parti libéral PAM et leurs rivaux du PJD, les islamistes du parti au pouvoir, se mettent en ordre de bataille pour un scrutin qui s'annonce très disputé.

Le Parti authenticité et modernité (PAM), principal parti d'opposition, a donné ce week-end le ton de la campagne à venir en se réunissant à Casablanca. Le PAM, d'obédience libérale et fondé en 2008, est aujourd'hui très critique du bilan socio-économique du PJD. Le programme détaillé du PAM pour les législatives a été présenté samedi devant les militants et sera rendu public dans les prochains jours, le parti promettant une plus grande représentation des femmes parmi ses candidats.

"La persistance de la situation actuelle risque de mener le pays à la catastrophe", a averti son secrétaire général, Ilyas el-Omari, en annonçant clairement son ambition de prendre la tête du gouvernement.

"Les Marocains aspirent au changement qu'incarne le PAM", a assuré el-Omari, dont les propos étaient rapportés lundi par la presse. La bataille électorale à venir vise donc à "sauver" et "libérer" le pays, selon lui.

Réagissant aux déclarations de M. el-Omari, une responsable du PJD, Nezha Elouafi, a brocardé les "illusions vendues" par le PAM et ses "moyens illégitimes" mis en oeuvre selon elle pour bloquer l'action gouvernementale.

Les législatives du 7 octobre s'annoncent particulièrement serrées. Davantage que pour le précédent scrutin de la fin 2011 lorsque le parti islamiste Justice et Développement (PJD) avait remporté les élections. Le PJD est depuis lors à la tête d'un gouvernement de coalition, qui compte quatre formations. Il est arrivé deuxième aux municipales de septembre 2015 derrière le PAM, le devançant cependant d'une courte tête en nombre de votes.

Une figure salafiste, Hammad Kabbaj, sera tête de liste pour le PJD à Marrakech. L'homme, qui n'est pas membre du parti, "est loin d'être modéré", selon Médias24, qui rappelle ses positions "extrêmes" sur le statut des femmes ou contre "les juifs". Cette candidature "surprise" vise pour le PJD "à se rapprocher des salafistes prêts à s'insérer dans le jeu politique", alors que leur "poids électoral reste certes limité, mais leur audience assez considérable", estime lejournal en ligne HuffingtonPost Maroc.

"L'affaire du MUR"
La pré-campagne est marquée par l'affaire du "MUR", du nom de l'aile religieuse du PJD, dont deux responsables d'une soixantaine d'années ont été arrêtés le 20 août par la police sur une plage dans "une posture sexuelle". Un leader islamiste a dénoncé "une machination policière" pour discréditer le PJD à l'approche du scrutin. Les services de sécurité ont démenti, insistant sur le caractère "fortuit" de cette arrestation.










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