Les sonorités et les mélodies évoquent beaucoup celles de la Kabylie, mais elles ne viennent ni du Djurdjura ni des Bibans et encore moins des Babors.

Elles viennent de l’Assamer, ce Sud-Est marocain qui s’étale au-delà du Haut Atlas, plus précisément de la vallée du Dadès, dite la vallée des Roses, portées par deux jeunes et talentueux artistes, Muha Tawarguit et Amnay Abdelhadi. Deux folk-singers qui ont enchanté le public ce jeudi soir avec quelques compositions de leur cru ou en reprenant des standards indémodables de Matoub Lounes ou Idir. La 14e édition du Festival de la chanson amazighe, qui se déroule dans la ville de Béjaia, a pris la remarquable initiative de programmer ces deux chanteurs marocains inconnus du grand public.

Cela a permis d’élargir un peu plus les horizons de cette chanson amazigh qui essaie d’abolir des frontières injustement tracées par les hommes et les systèmes.

Le public, très nombreux et composé majoritairement de familles venues passer une belle soirée, et qui les attendait avec beaucoup de curiosité, a été enchanté par la belle prestation de ces derniers. Spécialement par cette musique folk-rock teintée de traditionnel, qui parle au corps et aux cœurs. En fait, ce duo est composé de deux amis qui évoluent dans deux groupes différents.

Il est composé d’Amnay Abdelhadi, natif de Tighremt Imgunen (Ouarzazate) et de Muha Tawarguit, natif de Tinghir, une petite localité sise entre Ouarzazae et Rachidia, fondateur et lead vocal du groupe Tawarguit. Ces deux amis font partie de cette génération de jeunes chanteurs qui ont lancé l’Amun Style, la musique moderne du Sud-Est, avec Saghru Band, Tagrawla, Imenza, Moha Mallal, ainsi que d’autres encore.
Né au sein d’une famille de musiciens, Amnay a mené une carrière solo pendant trois ans avant de fonder son propre groupe. Il compte, aujourd’hui, quatre albums à son actif et fait figure, à 27 ans, de vétéran. Muha Tawarguit, quant à lui, a débuté sa carrière à l’université de Rachidia en 2007 aux côtés de son ami et compagnon Nba, le charismatique Nbarek Oularbi, fondateur de Saghru Band, décédé prématurément il y a quatre ans. Avec quelques amis, il fonde son groupe, Tawarguit, en 2009 et produit deux albums.

S’inspirant largement de la chanson moderne kabyle et de ses pionniers, les artistes de l’Assamer marocain ont percé sur la scène marocaine et berbère.

Ils ont su comment porter haut et fort les revendications culturelles et sociales de toute une région et de tout un peuple. «Notre projet ces dernières années est de promouvoir le patrimoine oral traditionnel, d’essayer de fusionner entre le traditionnel, comme l’Ahidous, et le Timnadine, et le chant avec des instruments modernes», dit Amnay. De son côté, Muha Tawarguit estime que les nouvelles technologies de la communication ont aboli les frontières terrestres. «Le Grand Maghreb se construit avec les peuples et leurs cultures. Les artistes sont des ponts entre les peuples.

En Algérie, je me sens vraiment chez moi et on essaie aussi de travailler avec des artistes comme Amar Amarni, Oulahlou ou Akli D», dit-il. Tout compte fait, l’expérience est à renouveler. Des artistes algériens tels que Idir, Ali Amran, Oulahlou ou Akli D, sont régulièrement invités dans le cadre du Festival marocain de la chanson amazighe, qui a lieu chaque année dans la ville de Fès. Il serait logique que des artistes marocains aient la chance de se produire en Algérie devant un public avide de nouveautés. Peut-être que les artistes réussiront là où les politiques ont échoué à construire un ensemble maghrébin.
Djamel Alilat

Source : elwatan.com/






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