Les agents de la mairie d’Argenteuil sont inquiets depuis le suicide du DG des Services Harold Matysen. « La mairie d’Argenteuil est un bateau sans capitaine, et ça n’est pas près de s’arranger », lâche un agent de la mairie d’Argenteuil. Avec d’autres, ils sont inquiets. 

Le suicide du directeur général des services (DGS) de la ville d’Argenteuil, Harold Matysen, le 16 août dernier, a laissé place à une « ambiance morose », parmi les 2 400 employés de l’hôtel de ville. Harold Matysen est décédé à l’âge de 50 ans à son domicile de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il était environ 13 heures mardi dernier, lorsque Harold Matysen appelle la police et annonce qu’il est retranché chez lui avec un fusil de chasse. L’appel étant jugé suffisamment préoccupant, l’information est transférée au Raid. Mais quelques heures plus tard, le DGS se tire une balle dans le cœur. Il sera inhumé ce vendredi après une cérémonie religieuse à Boulogne.

Recruté en juin 2014 par la ville, son travail était de résorber la dette de la commune, qui s’élève à plus de 300 M€, et donc d’éviter la mise sous tutelle. Depuis sa disparition, un silence de plomb règne à la mairie. « À part un courriel du maire, le jour du décès, c’est tout ce que l’on a eu. Pas de cellule psychologique, ou de discours en hommage », s’exclament certains. « On aimerait bien savoir s’ils vont embaucher un nouveau DGS. Mais on n’est pas bien informés ici. Tout se fait en sous-main », dénoncent d’autres agents. La municipalité s’est d’ailleurs abstenue de tout commentaire à ce sujet.

Si les raisons du décès d’Harold Matysen ne sont pas connues, certains évoquent une « pression démesurée au sein du cabinet du maire ». Harold Matysen ne devait pas pouvoir assumer quelque chose, confie un ancien membre du cabinet. Pression aussi ressentie du côté des agents. « Ça n’est pas la première fois qu’il y a un suicide, ici. Il y a deux ans, un collègue du département parcs et jardins s’est pendu à cause de la pression que l’on subit. », s’indigne un agent du service des sports.
« J’ai travaillé un an en tant qu’agent de surveillance de la voie publique. En 2015, j’ai reçu une lettre de licenciement indiquant des restrictions budgétaires. Pourtant, j’ai aperçu une annonce pour le même poste il y a deux semaines. Depuis je suis sans emploi. Ils n’ont pas de scrupule à virer », s’insurge une ancienne salariée.
Entre 2014 et 2015, le nombre d’arrêts maladie a augmenté de 30 % chez les agents municipaux, selon le syndicat Fédération syndicale unitaire (FSU). « Il faut que la municipalité tire les leçons de ce drame, souligne Yamine Sahila, secrétaire général du syndicat. Ce n’est pas normal que les agents travaillent dans ces conditions. Certains drames pourraient être évités ».

Edith Lasry-Segura
leparisien.fr











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